Je n’irais pas jusqu’à croire qu’on lit ce blog et ces modestes lignes dans les couloirs de l’Elysée. Toutefois, le souvenir soudain du Président de la République en direction de la Fraternité m’interpelle. Comme je l’ai souligné, dans ses grands discours, Nicolas Sarkozy y écartait presque systématiquement la fraternité des valeurs républicaines.
S’il retrouve le mot dans son discours des vœux, il n’en redécouvre vraiment pas le sens. S’écouter les uns les autres, ce n’est pas la fraternité, c’est la démocratie. Pendant la Révolution française, « la fraternité avait pleine vocation à embrasser tous ceux qui, français mais aussi étrangers, luttaient pour l’avènement ou le maintien de la liberté et de l’égalité » (Michel Borgetto, historien).
Au sens commun, la fraternité correspond au lien de solidarité et d’amitié entre les humains. Voilà qui est bien éloigné des politiques gouvernementales en matière d’immigration ou du débat infâme mené par Eric Besson que j’ai déjà évoqué sur ce blog.
En réalité, après avoir attisé la haine , après avoir vu en Italie jusqu’où cela pouvait mener, Nicolas Sarkozy joue au pompier pyromane.
C’est malheureux, car la fraternité mérite bien, encore plus dans cette période de crise, de retrouver sa place dans son sens réel de solidarité, d’accueil, d’universalisme au fronton de toutes les institutions républicaines.