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15.02.2007

Ma contribution au débat sur le fait régional

medium_Livre.jpgEn 2005, la Région des Pays de la Loire avait organisé un grand rendez vous citoyen, les assises régionales. Lorsqu'il s'est agi d'en faire une synthèse - qui a abouti à l'écriture du manifeste régional 2005-2015, le document de référence des politiques publiques des Pays de la Loire - nous avons travaillé avec Guy Lorant, ancien conseiller en communication d'Edmond Maire à la CFDT, puis de Jean-Marc Ayrault à Nantes.
A la suite de nos multiples rencontres, Guy m'a proposé de faire un livre d'entretiens, qui se sont déroulés au cours du deuxième semestre 2006. J'y aborde l'aventure collective de la majorité de gauche du Conseil régional des Pays de la Loire depuis 2004, mais aussi ma vision de l'institution régionale et de ce qu'elle peut apporter.
A l'instar de Ségolène Royal, qui disait  - entre autres bonnes choses - dimanche dernier  à Villepinte: "si l’Etat tire dans la même direction que l’ensemble des Régions de France, ce sera la croissance qui sera de retour, et avec elle l’émergence des projets, de la valeur ajoutée (…) et donc au bout du compte les emplois et les progrès sociaux  que nous mettrons en place.", je pense que le développement du rôle des Régions est un axe de progrès fort pour notre démocratie. Ce chemin a déjà été emprunté par l'ensemble des Etats européens. Il me semble indispensable de le prendre à notre tour.
Je présenterai à la presse ce jeudi 15 février mon livre au CCO à Nantes. Par la suite, je profiterai de mes déplacements sur les territoires pour organiser des débats et des rencontres un peu partout en Pays de la Loire.

(vendredi 16.02 : aujourd'hui 20 minutes en parle lire l'article )

Commentaires

Ben mince alors, je ne savais pas que notre jacquot régional avait son blog. Il faut en faire de la pub ! Pour ma part je m'y attacherai.

Bon courage et à bientôt

Ecrit par : André le yonnais | 25.02.2007

Les commentaires discourtois, irrespectueux ou injurieux sont ôtés au quotidien.

Ecrit par : administration du blog | 26.02.2007

bonjour,

la démocratie participative c'est aussi , même si on doit parfois se faire "violence" accepter que d'autres pas forcément ni plus bètes ni plus intelligents que soi, puissent avoir d'autres avis sur la question régionale, et , habitant la loire atlantique ne se reconnaissent pas dans une pseudo région "pays de loire", et ces gens ne sont pas pour autant des "fachos", "nationalistes bretons" ou autres ringards passéistes... et il y aussi beaucoup et de plus en plus de gens de gauche, fédéralistes européens ou autre qui refusent l'idéologie "jacobine" et la destruction de leur langue et de leur culture; le président du conseil général de loire atlantique s'est comporté en véritable démocrate en donnant, sur ce sujet, dans le journal du département, la parole et aux uns et aux autres; il ne faut pas mépriser ceux qui ne pensent pas comme soi, personne n'a la vérité et tout le monde peut apprendre de l'autre, c'est ce qui grandit l'Humain, et le pouvoir que l'on vous prète un jour, au nom du peuple, doit être exercé avec humilité, et partagé. c'est le sens du politique au quotidien
merci de votre écoute
jean-jacques pierre

Ecrit par : jean jacques pierre | 08.03.2007

Ce blog ne deviendra pas un lieu de débat sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne. Je vais donc répondre à l'interpellation de Jean-Jacques Pierre, et je n'y reviendrais pas.
Tout d'abord, je le remercie de son esprit démocrate. Cela n'est pas le cas dans tous les cercles qui débattent de cette question. Mon nom a été associé bien trop souvent à une période de l'histoire qui n'est pas à proprement parler la plus gratifiante. C'est assez désagréable.
Je partage une conviction avec Jean-Jacques. Je ne suis pas non plus jacobin. Tout ce qui est dit sur ce blog, mais également mon action quotidienne, démontrent mon attachement à l'action locale, et ma conviction que beaucoup de choses se gèrent mieux en proximité.
Je respecte par ailleurs sa conviction. J'encourage, avec les membres de la majorité du conseil régional, l'expression de la culture bretonne. Nous avons financé de nombreuses manifestations bretonnes en Loire-Atlantique. je ne suis pas non plus opposé à la pratique optionelle d'une langue par qui veut bien l'apprendre et la faire perdurer. On ne peut donc parler de volonté de destruction de ma part, "preuve en main" oserai-je dire.
Mais respecter une conviction ne veut pas dire la partager. Je vois les rapports du Choletais avec la Loire-Atlantique. Je vois les rapports des Mauges avec la Loire-Atlantique. Je connais bien les liens du Pays Yonnais avec la Loire-Atlantique. L'interdépendance entre Angers et Nantes m'apparaît souvent dans l'exercice de mes responsabilités. Je pense que la dimension bretonne de la Loire-Atlantique existe, comme existe également sa dimension ligérienne. Le Château des Ducs de Nantes, premier château breton, et dernier château de la Loire en est une preuve saisissante.
Enfin, j'aimerais bien qu'on pose la question de la capitale administrative d'une Bretagne à 5 départements. Où se trouverait le siège des directions régionales des services de l'Etat et des grandes entreprises. A Nantes ? A Rennes ? Qui déménage ? Qui perd son emploi ? Quelle ville choisit-on de mettre en difficulté ? Quelle ville devra faire face à un nouveau succès, avec ce que cela peut représenter sur le prix du logement, la circulation, les infrastructures collectives ? Aucune des réponses que j'ai pu lire à cette question n'a su me convaincre. Elle mérite pourtant d'être posée.
En outre, je n'ai pas été élu pour réorganiser la carte territoriale de l'ouest de la France. Quand bien même l'aurais-je été, je n'en ai d'ailleurs pas le pouvoir. J'exerce donc mes responsabilités sur le territoire qui a élu la liste que je dirigeais, j'y travaille à des collaborations fortes avec les régions voisines, la Bretagne, avec qui nous partageons un bureau de lobbying à Bruxelles (ainsi qu'avec Poitou-Charentes), avec qui nous développons des partenariats en matière de recherche, d'économie, de transports collectifs, d'agriculture, etc., mais aussi avec les autres régions limitrophes, elles-même agissant de façon identique avec leurs propres voisines.
Voilà très rapidement un résumé de mes convictions sur cette question, dans le respect des convictions des autres. J'accepte très bien cette interpellation. J'accepte moins les dégradations sur les bus ou les insultes dont je suis régulièrement l'objet par une frange du mouvement breton qui par son attitude, souille des convictions par ailleurs éminemment respectables.

Ecrit par : jacques auxiette | 08.03.2007

Bonjour,

votre intervention suscite quand mème quelques interrogations de ma part.

"""Nous avons financé de nombreuses manifestations bretonnes en Loire-Atlantique."""
pourriez vous donner quelques exemples? pour ma part j'ai surtout le souvenir du Lycée de Guérande renommé lycée Olivier Guichard, du nom d'une personnalité gaulliste jacobine. Ceci contre l'avis du conseil d'administration du Lycée en question, et par un chantage aux subventions...

"""L'interdépendance entre Angers et Nantes m'apparaît souvent dans l'exercice de mes responsabilités. Je pense que la dimension bretonne de la Loire-Atlantique existe, comme existe également sa dimension ligérienne. Le Château des Ducs de Nantes, premier château breton, et dernier château de la Loire en est une preuve saisissante.
"""
pouvez vous préciser en quoi consiste l'interdépendance entre Nantes et Angers? je n'ai rien vu qui puisse m'inciter a penser de la sorte, en revanche pour ce qui est de l'interdépendance entre Rennes et Nantes ou brest et nantes, on en a des exemples tous les jours. Un exemple interressant est la rivalité entre nantes et brest a propos de l'agence européenne de sécurité maritime (si je me souviens bien du nom) qui a conduit a ce que ladite agence soit transférée a... Lisbonne. Belle preuve de complémentarité que voila.

le Chateau des ducs de bretagne ( et non de Nantes! il n'a jamais existé de duché de Nantes) n'est en rien le dernier chateau de la loire, sinon au sens géographique. il a été construit a une époque différente des chateaux de la loire (1250 contre XVIIème siècle), bien évidemment dans uns style différent, dans un but différent (place forte ou chateau de plaisance) et par un pouvoir différent (ducs de Bretagne - royauté francaise). il n'existe donc de ce point de vue aucune rapport entre le chateau des ducs de bretagne a Nantes et les chateaux du val de Loire.


"""Enfin, j'aimerais bien qu'on pose la question de la capitale administrative d'une Bretagne à 5 départements. Où se trouverait le siège des directions régionales des services de l'Etat et des grandes entreprises. A Nantes ? A Rennes ? Qui déménage ? Qui perd son emploi ? Quelle ville choisit-on de mettre en difficulté ? Quelle ville devra faire face à un nouveau succès, avec ce que cela peut représenter sur le prix du logement, la circulation, les infrastructures collectives ? Aucune des réponses que j'ai pu lire à cette question n'a su me convaincre. Elle mérite pourtant d'être posée.
"""

Cette question mérite effectivement d'ètre posée. Mais en l'état actuel des choses, vu le peu de poid des institutions régionales, je ne pense pas que ce genre de déménagement aurait la moindre influence sur les villes de nantes ou Rennes. pourriez vous a ce sujet me renseigner sur le nombre (l'ordre de grandeur) d'employés de la région a Nantes?
l'agglomération nantaise pesant plus de 500 000 habitants, je ne pense pas que son dévelloppement soit entravé par un éventuel départ des institutions (très douteux au demeurant, on peut supposer que les insitutions régionales concerveraient leur place a Nantes).
Qui plus est, un tel regrouepemen,t permettrait certainement de réduire les couts de fonctionnements des institutions régionales, ce quine peut que rjouir le contribuable breton, vendéen ou du val de Loire (au moment ou l'ump critique fortement la hausse des impots régionaux ;) )


"""En outre, je n'ai pas été élu pour réorganiser la carte territoriale de l'ouest de la France. """
c'est tout a fait exact mais n'oblige pas en soit à cautionner le découpage en question.

"""j'y travaille à des collaborations fortes avec les régions voisines, la Bretagne, avec qui nous partageons un bureau de lobbying à Bruxelles (ainsi qu'avec Poitou-Charentes), avec qui nous développons des partenariats en matière de recherche, d'économie, de transports collectifs, d'agriculture, etc., mais aussi avec les autres régions limitrophes, elles-même agissant de façon identique avec leurs propres voisines.
"""

et je remercie et vous félicite pour cela. notamment dans le domaine universitaire ou les régions admnistratives actuelles n'ont pas une taille critique suffisante pour former des poles de recherche compétitifs au niveau mondiale. Un rapprochement entre les 2 grands poles de recherche de Nantes et Rennes ne peut donc ètre que bénéfique (si toutefois Brest et les petits poles bretons sont inclus pour éviter toute marginalisation) et je pense qu'il est de l'interet de tous d'encourager encore d'avantage toutes les initiatives de coopérations.

Kevin Jézéquel

Ecrit par : Kevin jézéquel | 09.03.2007

Il est désolant qu'une personnalité, par nous élue, de laquelle on pourrait attendre un minimum discernement vue la position qu'elle occupe, n'ait, faute d'arguments valables, qu'une pseudo rivalité Nantes-Rennes à nous opposer pour le retour de la Loire-Atlantique dans le reste de la Bretagne conformément aux souhait de ses habitants et des votes des élus les représentant. Peut-être ignore-t-il que juridiquement la Bretagne est composée de ses 5 départements et que la cour d'appel de Nantes est à Rennes sans que cela ne pose de problème à aucun de ses administrés ni de ses praticiens. Mais sans rester refermés sur-nous mêmes, ignore-t-il que l'Ecosse, pays grandissant et très démocratique, est exactement dans la même situation que la Bretagne avec 2 capitales: Edimbourg, capitale administrative comme Rennes, et Glasgow, capitale économique comme Nantes, sans que cela ne pose aucun problème, bien au contraire, car là-bas la démocratie n'est pas un vain mot , le totalitarisme jacobin yest inconnu et une décentralisation réelle y a eu lieu il y a belle lurette comme dans tous les autres pays de l'Union Européenne, sauf en France bien sûr, exception française oblige. Arrêtons de se moquer des électeurs, nous ne sommes plus dupes et savons pertinemment que les partis politiques ne sont que des machines à carrière dirigées de Paris dont nos élus sont malheureusement extraits et l'autisme dont vous-même faite preuve en ce qui concerne la Loire-Atlantique et le reste de la Bretagne en est une preuve éclatante. En tant qu'être humain et habitant de notre petit bâteau Terre, je suis navré de voir le repli identaire et communautariste français qui est la risée des autres pays, je suis fier de mon pays de Bretagne où les extrémistes ne paase pas au 2e tours, nous les ploucs, serions-nous plus ouverts? et voterai encore une fois de plus par défaut pour un des politiciens brillants dont on nous fait l'honneur.

Ecrit par : Pierre | 10.03.2007

Incroyable comme le débat sur la culture bretonne peut faire dire n'importe quoi à certains.

Qu'on soit attaché à ce que la Loire-atlantique fasse vivre sa part de culture bretonne pourquoi pas, mais qu'on aille jusqu'à traiter de "révisionniste" ou de "totalitaire jacobin" un président de région qui défend la cohérence territoriale de son territoire administratif....

Tout ce qui est excessif est insignifiant. Mais cette ré appropriation de mots "graves" et lourds de sens historique, les dénature et les banalise, mettant au même plan des entreprises concertées de réécriture de l'histoire pour masquer des crimes contre l'humanité et une certaine volonté d'organiser administrativement des territoires. ça, ça me fait flipper.

A quand la demande du rattachement du quartier Montparnasse à la bretagne administrative ?

Ecrit par : Cylon | 10.03.2007

Je voudrais essayer d'apaiser le débat, dans la mesure du possible. Les reproches faits à l'organisation administrative actuelle ne relève pas du révisionnisme ou du fascisme breton que certains semblent identifier bien souvent. A l'heure actuelle, toute la classe politique (sauf exceptions qui relèvent de l'extrémisme) est d'accord pour dire qu'une plus grande proximité avec les citoyens est nécessaire. En Europe, chaque Etat y a donné des solutions différentes. Mais globalement, la tendance est à ancrer le citoyen dans un territoire de proximité crédible, reconnaissable et avec une identité forte. Il n'est pas forcément nécessaire de prendre les exemples récurrents du pays basque, de la Catalogne ou de l'Ecosse. N'oublions pas la Bavière, le Tyrol, et tant d'autres cas. La Bretagne a elle aussi la chance de disposer d'une identité largement reconnue. Il est donc dommage que cette identité soit rendue confuse par l'organisation actuelle. Pour reprendre M. Auxiette,
"Je vois les rapports du Choletais avec la Loire-Atlantique. Je vois les rapports des Mauges avec la Loire-Atlantique. Je connais bien les liens du Pays Yonnais avec la Loire-Atlantique. L'interdépendance entre Angers et Nantes m'apparaît souvent dans l'exercice de mes responsabilités. Je pense que la dimension bretonne de la Loire-Atlantique existe, comme existe également sa dimension ligérienne."
Certes. On pourrait aussi dire que les Vosges alsaciennes sont fort proches des Vosges lorraines. C'est normal. Mais les Vosges alsaciennes n'en sont pas moins en Alsace et les Vosges lorraines en Lorraine. Pourquoi la situation est-elle différente en Bretagne? Mystère. Peut-être est-il légitime d'invoquer que l'Etat a pu vouloir limiter la puissance potentielle de la Bretagne en la privant de sa plus grande ville. Car remarquons que la région Ile-de-France ou la région PACA n'ont pas posé de problème, alors même qu'elles hébergent un nombre d'habitants autrement plus grand.
Maintenant, à la limite la division régionale serait acceptable si le caractère breton de la Loire-Atlantique était pleinement reconnu. Mais malgré l'affirmation de M. Auxiette que la région y apporte son soutien, je note que le festival Celtica, l'événement le plus important de la culture bretonne en 44, n'est pas sponsorisé par la région, mais seulement par le département. Simple oubli? Et pourtant le Conseil régional est à Nantes. J'aimerais donc savoir quel type de manifestations culturelles bretonnes est financé par la région.
En résumé, s'il vous plaît, arrêtons de situer le débat sur les extrêmes. Il est perturbant que la volonté de préservation d'une identité locale en France soit toujours regardée a priori comme du terrorisme ou du fascisme. Il y a également eu des crimes commis au nom de la nation française. Dépassons donc ces préjugés et respectons l'avis des citoyens, qui, selon les sondages en 44, sont attachés à leur identité bretonne!

Ecrit par : Alexandre | 10.03.2007

Lettre ouverte à M Jacques Auxiette

À l'occasion de son ouvrage "Les Pays de la Loire, région française dans le monde d'aujourd'hui", M Jacques Auxiette entend par la même occasion apporter sa contribution au débat des présidentielles. Dans son ouvrage il se montre ardent partisan d'une vigoureuse relance de la régionalisation, pour "une responsabilité accrue accordée aux régions", l'État devant conserver seulement ses "fonctions régaliennes: la défense, la police, la justice". Favorable au maintient des communes, il souhaite coupler régions et départements.

En tant que fédéraliste breton, luttant de longue date contre le centralisme jacobin qui règne dans les sphères dirigeantes parisiennes, nous ne pouvons que saluer les déclarations de M Auxiette.
Malheureusement, là où le bas blesse, c'est quand M Auxiette, non seulement se montre déterminé à refuser le retour de la Loire Atlantique dans la famille bretonne, mais pire encore, il en vient à dénoncer chez les partisans de la réunification "une forme de repli ethnique" en s'interrogeant sur ce que peut vouloir dire une "identité bretonne, vendéenne, irlandaise" !
On reconnait bien dans ce discours les procédés sémantiques d'une longue tradition républicaine "française" où se côtoient Marine Le Pen, Jean Pierre Chevènement ou autre souverainistes.
Cette conception politique, sous couvert de réaliser "une communauté de citoyens égaux devant la loi" confond tout à la fois état, nation et peuple. Par une construction de l'esprit purement artificielle on en arrive à nier les particularités, les réalités vécues des individus et des communautés humaines. Dans le droit fil de cette pensée moniste, M Jacques Auxiette se glisse dans la campagne de désinformation utilisée en haut lieu pour stigmatiser les peuples de l'hexagone (breton, basque, corse). Il n'y a pas si longtemps nous avions droit au thème: mouvement breton=nazi¹. Cette campagne a fait long feu et actuellement le nouveau slogan est: régionalisme=communautarisme. C'est là la seule parade qu'a trouvé un État-Nation artificiellement construit sur la négation des nationalités et confronté à de nouveaux défis [les banlieues] au lieu de procéder aux réformes institutionnelles indispensables pour faire face aux interrogations et aux défis de notre temps. Et pourtant ce large mouvement de reconnaissance des peuples et des autonomies régionales est le mode de gouvernance qui se pratique pourtant chez nos partenaires européens. Dernier exemple en date, l'Andalousie, à l'initiative du socialiste Zapatero, vient d'approuver un très large statut d'autonomie régionale. Seule la France, en compagnie de la Turquie, s'arcboute sur un modèle hérité de l'empire autoritaire napoléonien.

J'aimerais aussi, avec courtoisie, rappeler à M Jacques Auxiette que l'amputation de la Loire Atlantique (Loire Inférieure à l'époque) du reste de la Bretagne a été imposée par un décret de Vichy sans aucune consultation des populations concernées. Est-ce à dire qu'un responsable du parti socialiste cautionne cet acte inique ? Plus haut dans l'histoire, le socialisme en Bretagne a été introduit par la section de Nantes. Voyez-vous M Auxiette les peuples sont ainsi faits qu'ils ont la mémoire longue.
Cromwell, au milieu du 17ème siècle, avait cru mettre fin définitivement à l'id(entité) irlandaise et pourtant en ce début de 21ème siècle le peuple irlandais est toujours là bien vivant et même régi sous deux états il constitue une Nation. De la même façon la majorité de la population de la Loire Atlantique ne se reconnait pas dans vos "Pays de la Loire" - dont deux départements d'ailleurs ne sont aucunement riverains de ce fleuve - et aspire à retrouver le dynamisme breton. On nous dit que votre région vient d'être frappée d'une nouvelle maladie, la Ligériose. Comme toutes les pathologies émergentes cette affection est difficile à traiter et il est à craindre que vos millions d' €, dispersés à tout vent au frais du contribuable pour relooker l'histoire du sud Bretagne, n'y pourront rien.

Quant à votre argument de repliement, il ne tient pas quand on se souvient que le corps électoral breton (Loire Atlantique comprise) a voté OUI au referendum sur la constitution européenne. Sans doute voyait-il là, tout en ignorant pas les insuffisances de cette constitution, le moyen de signifier sa volonté de participer à la construction et aux orientations de cette Europe des peuples (avec ou sans état) sur laquelle on ne pourra faire l'impasse face à la montée en puissance d'états où cohabitent aussi de nombreux peuples. C'est là un aspect inattendu de la biodiversité.

Au fond tout cela avait été fort bien dit par le grand poête breton Tristan Corbière: "Bretagne est univers". Puisse cette citation vous inspirer quelque révision "déchirante" de vos craintes et de vos jugements hatifs.

¹ rappelons à ce sujet que le mouvement Sao Breizh, dont certains fondateurs étaient originaires de la Loire inférieure, a été parmi les premiers à rallier Londres après la débacle de 1940

Ecrit par : alliance fédéraliste bretonne | 10.03.2007

Quand j'ai découvert que Jacques Auxiette avait un blog, je me suis dit "voilà encore un truc qui sera immédiatement repris par des indépendantistes ou des rattachistes qui en occupant l'espace font croire à quelques incrédules que c'est bien l'avis majoritaire". Occuper l'espace, je le vois depuis des semaines dans le forum des lecteurs de Ouest France...
Enfin, en même temps, en lisant ces quelques posts, je me suis dit que je pourrais enfin exprimer ma pensée et ma solidarité vis-à-vis d'un homme politique que je ne connaissais pas avant qu'il devienne Président de région mais que j'apprécie dans sa simplicité de poser les problèmes et la sincérité de ses réponses.

Vous me croirez ou non mais je suis extrêmement attaché à la culture bretonne, je dirais plutôt aux cultures bretonnes. Je suis attaché à son histoire, comme je suis attaché à l'histoire de la France, à sa langue qui ne devrait pas disparaître et à son héritage artistique. Et je vis à Nantes et rien ne m'empêche de vivre ma passion du fait que Nantes ne soit pas en Bretagne. Il y a en effet à Nantes comme en Bretgne des écoles de musique qui enseignent les musiques bretonnes, des festnoz...
En gros, rien, absolument rien ne m'empêche de me sentir breton parce que le plus important pour moi aujourd'hu, c'est de me sentir européen. Même pas Français, européen.

Si vous étiez attaché à l'universalité de la Bretagne, vous ne vous arrêteriez pas à une problème de ligne administrative qui ne remet pas du tout en cause le caractère français et européens des 5 départements issus de la Bretagne des anciens temps. Anne de Bretagne pour assurer cette intégration dans le Royaume de France a épousé deux fois un roi de France. Et tout le monde s'en félicite! Ce débat qui date du 15è siècle doit-il encore avoir lieu ? Et dans ce cas, pourquoi ne pas rattacher la Normandie à l'Angleterre sous prétexte que les droits du peuple normand ont été bafoués par Philippe Auguste en 1204?

Ce que j'essaye de dire, c'est que oui, pour moi, demander le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, c'est un débat totalement dépassé, d'abord parce que les lois de la République y sont les mêmes, et qu'il n'y a pas de loi régionale qui vient s'opposer à la République et donc que l'on vit en Loire-Atlantique comme en Vendée ou comme dans le Finistère donc l'argument du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est une insulte aux minorités du monde opprimées par des lois discriminatoires ce qui en aucun cas ne concerne les Bretons!!

Ensuite parce que cela résonne avec le même type de réflexion que celle énoncée par Sarkozy qui souhaite un Ministère de l'immigration et de l'identité nationale, comme si celle-ci existait. Les Pays de la Loire constituent une région aux identités plurielles exactement comme le Château des Ducs de Bretagne qui est effectivement au départ défensif (sous une forme proche d'autres châteaux bretons) mais qui en même temps présente le même raffinement stylistique que les autres châteaux de la Loire (voir le Grand Logis et la Tour de la couronne d'or) du XVè qui sont tous construits au 15è et 16è siècles. Les révisionnistes existent aussi dans l'histoire de l'architecture!!

Pour terminer, sur la question des identités. J'ai un père de famille bretonne et une mère d'origine hollandaise. Mon sang est-il impur? Suis-je une menace à l'identité nationale ou même aux identités régionales parce qu'une petite partie de ma famille a immigré ici il y a 120 ans? Amin Malouf, écrivain talentueux, a parfaitement décrit ce qu'était l'identité (voir citation ci-dessous). Et d'un coup, en lisant cela, je comprends que ce débat de la Loire-Atlantique en Bretagne est non seulement mais aussi dangereux parce que ce qui compte pour la vie des hommes, ce n'est pas l'identité qu'on leur impose mais les valeurs qui organisent leur vie, autrement dit les grands principes républicains. Et c'est très différent!

Citation d'Amin Malouf "Les identités meurtrières":

Parfois, lorsque j’ai fini d’expliquer, avec mille détails, pour quelles raisons précises je revendique pleinement l’ensemble de mes appartenances, quelqu’un s’approche de moi pour murmurer, la main sur mon épaule : « Vous avez eu raison de parler ainsi, mais au fin fond de vous-mêmes, qu’est-ce que vous vous sentez ? »

Cette interrogation insistante m’a longtemps fait sourire. Aujourd’hui, je n’en souris plus. C’est qu’elle est révélatrice d’une vision des hommes fort répandue et, à mes yeux, dangereuse. Lorsqu’on me demande ce que je suis « au fin fond de moi-même », cela suppose qu’il y a « au fin fond » de chacun, une seule appartenance qui compte, sa « vérité profonde » en quelque sorte, son « essence », déterminée une fois pour toutes à la naissance et qui ne changera plus ; comme si le reste, tout le reste -sa trajectoire d’homme libre, ses convictiions acquises, ses préférences, sa sensibilité propre, ses affinités, sa vie, en somme-, ne comptait pour rien. Et lorsqu’on incite nos contemporains à « affirmer leur identité » comme on le fait si souvent aujourd’hui, ce qu’on leur dit par là, c’est qu’ils doivent retrouver au fond d’eux-mêmes cette prétendue appartenance fondamentale, qui est souvent religieuse ou nationale ou raciale ou ethnique, et la brandir fièrement à la face des autres. Quiconque revendique une identité plus complexe se retrouve marginalisé.

Ecrit par : Erwan Le Lourec | 11.03.2007

Comme le dit Jacques Auxiette dans sa réponse, ce blog n'a pas vocation à devenir un forum sur le rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, il en existe de nombreux. Nous allons donc répondre aux questions posées et fermer ce fil de discussion.
Le financement des manifestations culturelles bretonnes par le Conseil régional des Pays de la Loire : les délibérations du Conseil régional sont publiques, disponibles sur son site. Une rapide recherche permet de trouver des manifestations aidées de façon récurrente, ou plus occasionnelle. On peut citer : le festival du livre en Bretagne à Guérande, le bagad de Saint-Nazaire, la fête de la culture FestYves Gouel Erwan en 2006, le festival musical FestiBreizh, les celtiques de Guérande. En outre, un partenariat avec l'office de la langue bretonne a été voté lors de la séance des 29 et 30 juin 2006, et le budget 2007 a réservé une dotation spécifique de 100.000 Euros en faveur des cultures traditionelles, et notamment de la culture bretonne. Enfin, nous finançons une association qui se préoccupe de la mémoire orale et bretonne de Nantes, Dastum. A noter que des manifestations culturelles bretonnes sont aidées ailleurs qu'en Loire-Atlantique, notamment en Mayenne qui a également une forte proximité avec la Bretagne. Celtica est une opération dont la dimension commerciale est évidente, organisée par FCN Evènements. Cela n'enlève rien à son envergure et à son caractère emblématique. Mais elle n'a pas besoin des fonds régionaux pour être équilibrée.
L'interdépendance entre Nantes et Angers : elle s'exprime d'abord par un chiffre : 1million 700.000 voyages entre Angers et Nantes et Nantes et Angers sur les lignes TER (donc hors TGV) par an. C'est la ligne de train la plus fréquentée des Pays de la Loire, devant Nantes-Saint-Nazaire ou Nantes-Les Sables d'Olonne. Elle s'exprime également d'un point de vue économique : le pôle végétal, pôle de compétitivité de taille mondiale est basé à Angers mais concerne également toute la zone jusqu'à Nantes ; les vins des côteaux d'Ancenis font partie des vins du val de Loire . Elle s'exprime encore en matière d'enseignement supérieur et de recherche, notamment d'un point de vue médical. Les étudiants nantais à Angers et angevins à Nantes sont légions (et participent d'ailleurs du nombre important de voyageurs en TER). On peut encore parler culture, puisque Opéra de Nantes et d'Angers sont jumelés dans l'association Angers Nantes Opéra, puisque l'ONPL est basé en même temps à Nantes et à Angers. Les exemples sont trop nombreux pour faire une liste exhaustive. A noter que les villes de Nantes et d'Angers, mais aussi de Rennes, Brest et Saint-Nazaire, ont annoncé leur volonté de conclure en commun un contrat métropolitain avec l'Etat. Ainsi, elles se définissent elles-même comme faisant partie d'une seule et même aire métropolitaine.
Pour ce qui concerne le Château des ducs, Erwan Le Lourec répond à notre place à l'interpellation. La double étiquette que Jacques Auxiette évoque est confirmée par des membres du conseil scientifique du Château.
Le fait qu'il y ait nécessité de désigner une capitale administrative n'est pas une façon d'opposer Nantes et Rennes : c'est un fait. La Région Centre comporte deux villes importantes, Tours et Orléans. Mais elle n'a qu'une capitale régionale, Orléans, et c'est là que se trouvent toutes les administrations régionales. Attention, administration régionale ne veut pas dire uniquement administration du Conseil Régional. S'il y a uniquement 700 agents au Conseil Régional des Pays de la Loire, les services déconcentrés de l'Etat sont bien plus nombreux. A commencer par le rectorat, les services de la préfecture de région, la direction régionale du travail, celle de l'industrie, celle de l'environnement, celle de la culture, celle de la jeunesse et des sports, celle des affaires sociales, etc... Rien qu'en emploi public, on parle donc de milliers de personnes. mais il faut aussi ajouter les grands groupes dont la structuration épouse les contours des régions administratives : dans le BTP, les télécommunications, les banques, les transports, etc. La possibilité d'un transfert de l'IUFM de Nantes au Mans (80 personnes) a soulevé une polémique voici peu. Imaginons ce que pourrait générer un tel évènement.
Concernant le décret de Vichy qui sépare la Loire-Atlantique des autres départements bretons en 41, qui permet des raccourcis particulièrement désagréables à une certaine frange du mouvement breton, il est nécessaire de rappeler qu'il ne vient pas remettre en cause une situation établie depuis très longtemps, mais depuis seulement quelques années. Voici un extrait d'une conférence d'un universitaire nantais, Jean Renard, prononcée à Mâcon en septembre 2003 : "C'est ainsi que Nantes fut choisie après la guerre de 1914-1918 comme siège de la Vème région à laquelle le Morbihan se rattacha immédiatement, à la demande de la chambre de commerce de Lorient, tandis que celle de Quimper demanda en 1922 le rattachement du sud-Finistère à cette même région qui englobait également le Maine-et-Loire, la Vendée et l'Indre-et-Loire. Ce regroupement des représentants des forces économiques traduisait le rôle de Nantes à la fois porte océane et débouché de la Loire.
En 1938, une réorganisation des régions économiques par décret, leur donnant statut d'établissement public, opéra un transfert, les chambres de commerce de Lorient et de Quimper furent rattachées à Rennes, en dépit de leurs protestations."
Voilà. Ce fil de discussion est clos

Ecrit par : administration du blog | 14.03.2007

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