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31.03.2007
Un tout premier bilan
La semaine prochaine va être un moment de respiration pour moi. Je vais prendre quelques jours sur la côte vendéenne avant de plonger dans un trimestre qui verra l'élection du Président (de la Présidente !) de la République, puis des élections législatives. Cela va me mobiliser du temps, en plus de l'activité du Conseil régional qui sera également très importante, mais j'y reviendrais après mes congés. Déjà, cette semaine, les Pays de la Loire ont eu la chance d'accueillir Ségolène Royal à Nantes lundi, François Hollande au Mans mercredi et Arnaud Montebourg à La Roche sur Yon hier soir.
A chaque fois j'ai senti une ferveur importante, dans des salles toujours très remplies. Hier soir, Arnaud a tenu en haleine plus de 600 vendéens, dont de nombreux jeunes attirés par le bagout du jeune député et sa volonté de bousculer l'ordre établi. Ségolène Royal a vu juste en le nommant porte-parole.
Cette courte interruption me donne l'opportunité de faire un premier bilan de l'activité de ce blog.
L'exercice est assez contraignant, mais il constitue une opportunité d'engager un dialogue citoyen dans une région dont la superficie dépasse 32000 km². J'ai pris l'habitude de dialoguer avec les Yonnais lorsque j'étais maire et proviseur du lycée Pierre Mendès-France. Je suis heureux de pouvoir, grâce à Internet, élargir la possibilité de dialogue au delà de ma ville.
Après un mois et demi d'activité réelle - j'ai annoncé l'ouverture du blog au moment de la sortie de mon livre, le 15 février dernier - plus de 3000 visiteurs sont passés le voir, ce qui n'est pas rien, me dit-on.
J'ai pu y aborder de nombreux sujets : logement, intégration, recherche, enseignement supérieur, formation, jeunesse, transports collectifs, etc., avec une liberté de ton plus importante que celle que je peux employer dans un communiqué du Conseil régional. Il y a manifestement des limites à cette liberté : ainsi, alors que j'attaquais la tentation communautariste de Nicolas Sarkozy dans un billet sur la journée internationale des luttes des femmes, certains y ont vu une critique des cultures régionales, ce qui m'a fort surpris. Il y a également une liberté de ton dans les commentaires, qui ne me dérange pas. J'ai ainsi, dans les commentaires lié au billet sur le livre, engagé un dialogue avec des militants bretons parfois très incisifs, où j'ai pu préciser mon point de vue au delà de la caricature. Je regrette que certains commentaires n'apportent pas grand chose sur le fond, mais j'ai fait le choix de limiter la modération aux commentaires discourtois, irrespectueux ou injurieux, et non aux commentaires sans intérêt.
Aujourd'hui, je lance une "newsletter" bimensuelle, permettant de se tenir au courant des sujets abordés sur le blog.
Vous pouvez vous y abonner ici, ou en écrivant un commentaire m'en informant sans oublier d'indiquer votre mail dans la case prévue. Un dispositif, tout en bas dans la colonne de droite de ce blog, vous permet également de vous abonner et d'être prévenu(e) de chaque nouveau billet.
Le bilan, en ce qui me concerne est donc positif. Je souhaite qu'il en soit de même pour les internautes qui me lisent.
14:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blog
30.03.2007
L'Université de Nantes change de président
Yves Lecointe est le nouveau président de l'Université de Nantes. Elu lui-même il y a 15 jours, il a succédé officiellement ce matin à François Resche.
Ce dernier avait été 1° vice-président de Yann Tanguy, son prédécesseur, et était à la tête de l'Université de Nantes depuis 2002.
Comme maire de La Roche sur Yon, qui accueille un pôle important de l'Université de Nantes, j'ai pu mesurer sa détermination à défendre et à développer le service public de l'enseignement supérieur : au moment de la décrue des effectifs étudiants, à la fin des années 90, il a su impulser une nouvelle dynamique dans ma ville par la création de filières bi-disciplinaires et de licences professionnelles.
Une fois à la Région, les raisons de dialoguer se sont multipliées : enseignement supérieur, recherche (il a été un des artisans de la décision du Conseil régional de se lancer en 2004 dans la construction du Cyclotron à Nantes), mais aussi conditions de vie des étudiants, ... dialogue à chaque fois enrichissant et aboutissant à des résultats concrets.
François Resche a été un président d'université iconoclaste et engagé. Ainsi, il a pris le risque en 2004 de refuser le budget très insuffisant que le ministère lui accordait pour montrer son inquiétude vis à vis de l'avenir de son institution. Puis, il avait fait la une des journaux l'an passé en demandant au 1° ministre de retirer le projet de loi sur le Contrat Première Embauche (CPE). La Conférence des Présidents d'Université se tenait à Nantes quelques jours plus tard. J'avais eu l'occasion de saluer son courage devant ses collègues.
Restera également de son passage à la tête de l'Université de Nantes un souci nouveau pour la vie étudiante, condition essentielle pour l'attractivité d'un établissement à l'heure de la mobilité étudiante.
Je lui souhaite bonne chance, ainsi qu'à son successeur aujourd'hui à la tête de la plus grande université pluridisciplinaire de France.
(Sur la photo : François Resche et Bernard Dubreuil, ancien recteur de l'académie de Nantes, devant un étudiant de l'Iut de Nantes en plein travail)
19:10 Publié dans En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : université, nantes, françois resche, étudiants, recherche, enseignement supérieur
28.03.2007
Le CNE, pour qui sonne le glas...
Je viens d'apprendre que le Tribunal des conflits s'est prononcé, ce lundi 19 mars 2007, en faveur de la compétence du juge judiciaire pour apprécier la conformité du CNE (contrat nouvelle embauche) avec la convention 158 de l'Organisation Internationale du Travail.
Depuis plusieurs mois, le gouvernement souhaitait au contraire que ce soit la juridiction administrative qui soit chargée des contentieux liés au CNE.
Il faut dire qu'il connaît l'issue de la voie judiciaire : à une question d’un journaliste des échos sur le CNE, Guy Canivet, premier président de la Cour de Cassation répondait au printemps dernier : “...il est d'ores et déjà clair que la Cour de cassation ne pourra faire autrement que d'appliquer les conventions internationales, à partir du moment où celles-ci sont d'effet direct en droit interne. Le législateur devrait lui-même en tenir compte lorsqu'il écrit la loi.” Ce qu'on peut traduire par : requalification automatique en CDI.
Le CNE n'a pratiquement pas créé d'emplois, c'est une étude du ministère du travail qui le dit et l'Etat l'admet d'ailleurs à demi mot. Il semble en plus être "dérogatoire aux normes sociales nationales, communautaires et internationales", pour reprendre les termes d'un jugement de conseil de Prud'hommes d'avril 2006.
La Région des Pays de la Loire fait elle-même l'objet d'un recours de l'Etat lié au CNE, suite au contrôle de légalité du Préfet de la Région des Pays de la Loire. Est mise en cause une délibération qui exclue du champ des aides à l'embauche les salariés recrutés en CNE. Plus exactement, elle exclue tant que le contrat n'a pas été confirmé : dès lors que l'employeur met fin à la période probatoire, où il est possible de licencier sans motif, les aides régionales sont valables. Indépendamment du fond (je refuse cette pente vers la précarité intégrale et me prononce au contraire pour une sécurité sociale professionnelle), je ne vois pas ce qu'il y a de scandaleux à ne pas verser de subventions à un employeur qui embauche quelqu'un dans des conditions de précarité telles qu'il ne court aucun risque. D'ailleurs, les nombreux entrepreneurs que je peux rencontrer au quotidien, que la Région aide à se moderniser, à exporter ou à innover ne me parlent jamais de la décision régionale sur le CNE.
La décision du tribunal des conflits vient confirmer l'idée que ce contentieux devrait connaître une issue heureuse pour la Région. Je m'en réjouis, mais c'est avant tout une bonne nouvelle pour les salariés.
14:40 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CNE, Pays de la Loire, sécurité sociale professionnelle
27.03.2007
En campagne pour une société de culture

J’ai participé hier à la réunion de campagne de Ségolène Royal sur la culture organisée au Lieu Unique. La candidate a rappelé que « la culture était un combat social ». J’ai apprécié son courage autant que celui de nombreux professionnels qui constatent que les industries culturelles n'ont pas pour but la création et la diversité artistiques, et que des régulations sont nécessaires. Le service public de la télévision n’assume pas ses engagements, la concentration des médias empêche le pluralisme, la publicité y croît au déficit de la pensée. Ségolène Royal a présenté ses 10 engagements pour la transformation culturelle de la société dans son pacte présidentiel. Mais elle a rappelé hier encore que cet enjeu majeur transversal à toutes les catégories sociales devait aussi traverser les territoires. En effet, à un moment où 80% de la culture est financée par les collectivités, l’Etat, en même temps qu’il redonnera des moyens à la culture, devra clarifier avec les collectivités locales le rôle de chacun.
L’urgence est bien de mettre au cœur des politiques culturelles la question des publics et notamment la présence des arts à l’école. A ce titre, le bilan de Jacques Chirac est consternant. La seule mesure qu’il proposait en 2002 pour la culture était le développement de l’éducation artistique. Or dès son arrivée, il met fin sans aucune alternative aux financements accordés aux classes à projet artistique et culturel (PAC) mises en place par Catherine Tasca et Jack Lang qui avaient engagé un début de révolution pédagogique. Mais avec Jacques Chirac, le dire n’a jamais eu à voir avec le faire.
C’est le contraire que nous avons engagé dans les lycées. Nous avons permis aux lycées de disposer eux-mêmes de crédits pour des projets. Des opérations particulières ont été lancées notamment pour permettre un échange entre élèves et artistes dans les lycées. J’étais hier avant cette réunion avec Ségolène aux « Lycéens ont du talent » avec 1100 d’entre eux et j’ai été réellement impressionné par la qualité des créations présentées. De manière plus globale, nous avons augmenté notre budget culture de 40% et revu tous les équilibres de subvention pour quitter le clientélisme et assurer que des objectifs soient atteints.
Mais je n’oublie pas que le combat pour la culture est global. Il se gagnera aussi avec toute la société au premier rang desquels les artistes eux-mêmes et à ce titre, la candidate l’a rappelé, il faut maintenir et pérenniser le régime de l’intermittence, rouvrir des négociations pour qu’un accord décent émerge sur un autre lit que celui de la division dans lequel la droite s’était engouffré. En bref, reconstruire avec chacun une société de la culture et de la connaissance, c'est bien redonner enfin à chaque citoyen quelques ...désirs d’avenir.
(crédit photo : Manuel MC sur flickr.com)
20:05 Publié dans La Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, culture, présidentielle, nantes, pacte présidentiel
26.03.2007
Le logement social des Pays de la Loire otage de la campagne présidentielle
L’assemblée régionale a donné le coup d’envoi en décembre 2004 à un projet d’Etablissement Public Foncier (EPF) Régional. Son but : acheter, à la demande des collectivités qui veulent réaliser du logement social, les terrains sur lesquels elles souhaitent construire, en attendant que le dossier soit achevé. Cela permet de lutter contre la spéculation et de "sécuriser" le coût de l'opération immobilière, facteur essentiel lorsqu'il s'agit de sortir des logements sociaux.
Ce projet a reçu le soutien de l’ensemble des grandes agglomérations régionales, mais aussi de nombreuses intercommunalités, de toutes étiquettes politiques. Déposé en novembre 2005 auprès du gouvernement, nous attendions son instruction avec impatience, mais aussi avec confiance, puisque la loi Borloo, votée par la droite à l'Assemblée et au Sénat, prévoyait le développement de tels dispositifs d'aide au logement social dans son article 94.
A quelques semaines des élections présidentielles, le gouvernement vient de faire une concession incroyable à Philippe de Villiers, en acceptant de lancer la création d'un EPF pour la seule Vendée, contre l'avis de nombreuses collectivités vendéennes, dont la ville centre, La Roche sur Yon. Contrairement à notre projet, qui avait pour but le développement du logement social, l'EPF vendée promeut le logement familial et l'accession à la propriété, ce qui n'a absolument rien à voir, puisqu'ils ne concernent pas les mêmes publics et ne répond aux besoins ni des zones urbaines, ni de la côte où il devient impossible de se loger.
Oublié le seuil de 20% de logements sociaux, oublié le droit opposable, oubliés les beaux discours de cet hiver. Avec le retour du printemps, place à la realpolitik et aux concessions nécessaires aux ralliements de second tour.
J'ai demandé ce matin à la commission permanente du Conseil régional de s'opposer à ce cadeau invraisemblable fait à de Villiers et ses affidés. Comme un seul homme, MPF, UMP et... UDF se sont opposés à ma démarche, comme quoi il reste des connivences entre les deux dernières formations politiques, malgré les discours confus de François Bayrou.
Bien entendu nous n'en resterons pas là. Coûte que coûte, nous continuerons à travailler à rendre leur logement accessible aux ménages les plus modestes. Mais avant tout, nous nous opposerons partout où il nous sera possible de le faire à ce projet médiocre, monté à la hâte pour contrebalancer un projet réfléchi, concerté, abouti du Conseil régional.
20:35 Publié dans En Pays de la Loire, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle, MPF, logement social, gouvernement
24.03.2007
Les 50 ans de l'Europe : une émotion forte
C'est aujourd'hui le 50° anniversaire du traité de Rome. Il a lieu alors que la construction européenne passe par une phase difficile. Ségolène Royal, dans le Pacte présidentiel, a des propositions concrètes pour faire repartir la machine, mais cette mauvaise passe me chagrine.
L'Europe, ce ne sont pas seulement des règlements, des procédures, un marché commun. Ce sont aussi des valeurs partagées, un modèle de paix et de démocratie qui fait aujourd'hui défaut dans le concert des nations.
En ce jour de commémoration, plutôt que d'écrire ce qui a été déjà été dit 100 fois, je voudrais vous livrer un passage d'un discours de Robert Schuman, qui date du 9 mai 1950, au moment de la création de la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier. Il exprime bien le projet initial des pères fondateurs de l'Europe.
« La mise en commun des productions de charbon, d’acier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin des régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes. La solidarité de production qui sera ainsi nouée manifestera que toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable, mais matériellement impossible. L’établissement de cette unité puissante de production ouverte à tous les pays qui voudront y participer, aboutissant à fournir à tous les pays qu’elle rassemblera les éléments fondamentaux de la production industrielle aux mêmes conditions, jettera les fondements réels de leur unification économique. »
11:10 Publié dans La Présidentielle, Parcours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Europe, présidentielle
23.03.2007
L'UNEF remet la jeunesse dans le débat présidentiel
L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) fête cette fin de semaine ses 100 ans, et m'a proposé de venir participer à cette célébration jeudi soir, autour d'un "dîner des 100 ans". A cette occasion, dans une atmosphère survoltée, et juste après Lionel Jospin, je leur ai fait part de mes souvenirs de militant étudiant, et de ce que j'ai pu en retirer dans ma vie politique par la suite.
Plus tôt dans la journée, Bruno Julliard, le président de l'UNEF, avait formulé les exigences du syndicat étudiant pour la jeunesse, des conditions de vie des étudiants aux questions de santé, de logement en passant par l'insertion professionnelle, sur lesquelles les candidats à la présidence de la République doivent se prononcer.
A mon souvenir, le discours de Grenoble de Ségolène Royal (voir ma note de l'époque) répond en grande partie aux questions posées.
Pour ce qui nous concerne, l'Association des Régions de France a validé voici quelques jours le principe du manifeste des Régions pour les jeunesses. Celui-ci définit l’engagement des régions françaises pour les jeunes, en matière d’insertion, de condition de vie et de démocratie. Ce texte, décline les engagements concrets des Régions pour leurs jeunes, ainsi que les principes qui guident leur action. Entre notre engagement dans les lycées, les centre d'apprentis, les universités, nos responsabilités en matière d'insertion, sans oublier le sport, la culture, le logement, les transports, nous avons acquis une connaissance des besoins des jeunes, et il me semble que nous répondons également pour partie à ce genre d'interpellation.
En tant que président de la commission éducation de l’ARF, mais aussi initiateur du projet, je rencontre en ce moment les acteurs des politiques en direction de la jeunesse (associations de jeunesses, éducation populaire, Education Nationale, etc…) pour enrichir et valider la démarche. A travers ce texte, les Régions se positionnent comme les collectivités pilotes en matière de réponse aux besoins des jeunes. Tous les commentaires étant les bienvenus, je publie ici ce manifeste, et suis à l'écoute de toute interpellation sur ce texte.
(crédit photo : Manuel MC sur Flickr)
19:30 Publié dans Education/Jeunesse, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, présidentielle, unef, région, ségolène royal
21.03.2007
La semaine passée, 2 milliards d'Euros d'investissements ont été programmés pour les Pays de la Loire
L'assemblée régionale a adopté vendredi dernier le contrat de projet Etat-Région. L'Etat apporte 489 Millions, la Région 509 Millions et les autres collectivités locales (départements, villes) 257 Millions d'Euros. A cela il faut ajouter des conventions complémentaires Etat-Région pour 200 millions (70 l'Etat, 130 nous), et les crédits européens pour le développement régional (FEDER-FEADER-FSE) pour 605 millions d'Euros. Ces crédits doivent permettre de financer la recherche, l'enseignement supérieur, les transports ferroviaires, le développement économique et l'environnement (préservation des milieux et lutte contre l'effet de serre) un peu partout sur le territoire régional entre aujourd'hui et 2013.
L'exercice a permis de se poser des questions sur les atouts et les enjeux pour notre territoire. Il nous a permis de recenser les projets portés par les acteurs du développement régional. En cela il a été particulièrement intéressant. Il a tout de même généré bon nombre de frustrations.
Tout d'abord, lors de la négociation du précédent contrat de plan, le temps laissé aux Régions pour mettre en oeuvre leur projet avait été de deux ans. Il avait permis à nombre d'entre elles (et notamment les 8 déjà gérées par la gauche) de débattre du projet régional avec l'ensemble de la population, à travers des dispositifs de démocratie participative. Le temps que nous a laissé le gouvernement cette fois-ci, un an en tout et pour tout, alors qu'il avait annoncé un report en 2008 de l'exercice, ne nous a pas permis d'en faire autant.
Comme je le disais vendredi dernier en séance, mon prédécesseur avait présenté un plan en augmentation de 55 % du côté de l'Etat, le gouvernement étant alors dirigé par Lionel Jospin. Cela n'a pas été mon cas : cette fois, l'Etat aura mobilisé de l'ordre de 50 millions d'Euros de moins que la fois précédente, selon nos calculs (si l'on ajoute les 70 millions des conventions complémentaires, on obtient un résultat similaire au plan 2000-2006, ce qui n'est pas non plus très enthousiasmant, même si je salue les efforts des représentants de l'Etat en région). Mais des avancées ont été obtenues au cours de la négociation.
Nombre de projets, et notamment issus des territoires ruraux, n'ont pas pu être pris en considération. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai demandé qu'on inscrive la possibilité d'un avenant, qu'un gouvernement de gauche fraîchement nommé en juin prochain saura mettre en route pour pallier aux manques du contrat que nous venons de signer.
Enfin le vote de ce contrat aura consacré une absence, celle de François Fillon. Absent lors de la session où l'assemblée m'a donné mandat de négocier le contrat de projet, absent au moment de sa conclusion vendredi dernier, alors que la veille au soir il tenait meeting à Nantes. C'est pour moi incompréhensible, sauf à y voir un désintérêt patent pour une Région qu'il a dirigé 4 ans mais dont, en définitive, il ne se sera servi que comme de marche-pied vers d'autres responsabilités.
Dans une interview à Presse-Océan le 15 mars dernier, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur les Pays de la Loire, "cette magnifique région, pour laquelle François Fillon a tant fait". Je suis d'accord avec lui sur au moins un point. Il a bien fait d'utiliser le passé pour parler de l'action de son conseiller politique dans notre Région.
19:00 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Pays de la Loire, contrat de projet, Fillon
20.03.2007
La question du logement étudiant
Je visitais hier matin la cité universitaire de Fresche Blanc à Nantes, dont les locaux ont été rénovés, sécurisés et rendus accessibles aux étudiants handicapés. Pour avoir vécu en cité universitaire, à Clermont Ferrand au début des années 60, j’ai pu observer les très grandes évolutions de ce type d’habitat, bien mieux adapté aujourd'hui aux conditions de vie des étudiants.
A cette occasion, j'ai signé avec le CROUS une convention d’une durée de six ans, qui porte sur la rénovation ainsi que sur la construction de nouveaux logements étudiants sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire, pour un montant de 21 Millions d’Euros sur 7 ans.
Pourquoi cet investissement, qui n'est pas obligatoire pour nous ? C'est que notre région a pris l’engagement de favoriser toutes les initiatives en faveur du logement étudiant (mais aussi du logement social, en concertation avec les collectivités locales), dans le but de rattraper notre retard en terme de nombre d'étudiants. La réalité s'impose : nous manquons d’étudiants, qu'il soient issus des Pays de la Loire, du reste de la France ou de pays étrangers. Or, la nécessité d'augmenter le niveau de formation général, et d'aider les jeunes issus des milieux modestes à accéder aux études supérieures, nous impose, entre autres, de travailler à l'amélioration des conditions de vie des étudiants.
Les Pays de la Loire ne sont pas les seuls à rentrer dans cette dynamique : l'ensemble des Régions françaises s'y engage, à travers un manifeste des Régions pour les jeunesses que j'ai coordonné, et dont un premier projet a été adopté par l'Association des Régions de France. J'y reviendrais cette semaine.
08:48 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : logement, étudiant, région, pays de la loire, jeunesse
16.03.2007
A propos de l'intégration : une proposition concrète
Nicolas Sarkozy, en développant l'idée d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, a franchi un pas que j'espérais que la droite ne franchirait jamais.
Au même moment, le 3e collège-lycée musulman de France ouvre ses portes dans la banlieue lyonnaise, au terme d'une bataille juridique de 8 mois. Si le sujet fait encore débat dans la capitale des Gaules, bon nombre de lyonnais penser qu'avoir une école musulmane n'est pas plus étrange qu'une école israélite ou chrétienne. Mais le problème n'est pas là. Si la possibilité de suivre des cours de "cultures de l'Islam" ou de langue arabe est un critère compréhensible, ajouter aux clivages sociaux le clivage religieux n'est certainement pas une bonne chose pour les enfants de ce pays.
Face à la menace de repli communautaire, il me semble qu'il est possible d'opposer la richesse de la culture et de la fierté d'un héritage millénaire. Le mot "Islam" renvoie trop souvent à une image négative et une construction médiatique autour des attentats, des réseaux terroristes et de l'intégrisme religieux. Pourtant, quiconque s'est rendu dans le Maghreb - ou dans le sud de l'Espagne - mesure que la richesse culturelle autour de la religion musulmane remplit toutes les conditions pour créer une fierté autour de valeurs culturelles à opposer à un repli identitaire uniquement autour de la religion.
L’Islam doit se fondre dans la République selon les mêmes conditions qui prévalent pour les autres religions pratiquées en France : comme toute forme de croyance, la religion relève de la sphère privée. La sphère publique, c’est celle du droit et des règles voulus par les citoyens français. Ces règles du jeu s’imposent à tous : c’est la démocratie.
En réponse à la stigmatisation, il est indispensable de créer un vecteur de rapprochement et de compréhension des cultures, afin de combattre ardemment les idées reçues et les psychoses entretenues à des fins médiatiques et politiques. C'est pourquoi je propose la création d'un Office Euro-Mediterranéen de la Jeunesse et j'agirai pour que ce projet se concrétise.
Combler les ignorances, ouvrir un espace de dialogue et de compréhension mutuelle, provoquer et encourager les échanges, regrouper les connaissances, tels sont les défis ambitieux de ce projet d’Office Euro-Mediterranéen de la Jeunesse. Il doit permettre l’enrichissement individuel et collectif des publics jeunes visés par ce nouveau forum. Il remplirait le même rôle que l’office franco-allemand, créé au lendemain de la guerre pour rapprocher deux peuples que deux conflits avaient opposés en 30 ans. Et aujourd'hui, la France et l'Allemagne sont les piliers de l'Europe.
Affaire à suivre.
17:10 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, La Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, intégration, jeunesse




