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27.04.2007

De la démocratie dans cette campagne, et de la différence de méthode politique des candidats

La question de la démocratie, et même celle des libertés publiques sont posées par de nombreux protagonistes de cette fin de campagne électorale. Des questions sont en effet posées, lorsqu'on juxtapose des évènements qui ont eu lieu ces dernières semaines : le contrôle des billets de la gare du nord qui finit en émeute urbaine, la manifestation des statisticiens du ministère du travail contre les chiffres du chômage présentés hier ou encore les difficultés à mettre en place le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou.
Tout cela ressemble beaucoup à ce que connais depuis 1986 en Vendée, depuis l'élection du toujours en place président du Conseil général.
Beaucoup de choses ont été dites sur la question, qui démontrent combien les méthodes des deux candidats du 2° tour sont différentes pour se saisir des enjeux de notre société.
Je souhaite pour ma part revenir sur un aspect particulier de la méthode de Ségolène Royal, qui fait l'objet de toutes les railleries de la droite, soit la question de la démocratie participative.
En meeting dans l'Essonne avant le premier tour, Nicolas Sarkozy a déclaré : " leur démocratie participative, ce n’est pas une nouvelle manière d’associer le peuple aux décisions qui le concernent, c’est juste la forme ultime de la démagogie ". Cela nous donne un élément d'information sur la personnalité du candidat : quand il ne comprend pas, il rejette. S'il gagnait, la France devrait faire avec ce travers.

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Ségolène Royal, au contraire, fait confiance aux citoyens de notre pays : "Pour rétablir la confiance, il faut que les citoyens perçoivent qu’on a bien identifié avec eux ce qu’ils vivent. Le meilleur moyen, c’est encore de leur demander ce qu’ils en pensent. Je crois, moi, en l’expertise citoyenne ". Les décisions de lancer un grand débat sur l'énergie, ou encore d'une conférence sur les salaires ou les retraites, permettront à chaque fois de présenter les point de vue de chacun et d'avancer ensemble. A l'heure où des choix doivent être faits, il est important d'associer au mieux les partenaires et les citoyens.
Séduisante sur le papier, cette méthode de travail a de plus le mérite d'être efficace ! C'est ce que nous avons fait en Pays de la Loire en mobilisant toute la société ligérienne à travers les assises régionales dans le début de mandat. C'est ce que nous continuons de faire au quotidien dans de nombreuses structures de concertation ou même de co-construction. La participation citoyenne n'est pas une perte de temps : une décision, même excellente sur le fond, ne vaut rien si elle est refusée par la société. Une décision construite avec les acteurs a par contre plus de chance de connaître une bonne explication.
Ne nous trompons pas : il appartient au politique de fixer les objectifs, et de trancher au bout du compte. C'est ce que prévoit le pacte présidentiel, sur la question des retraites par exemple. Mais discuter des modalités ensemble, délibérer des avantages et des inconvénients avec les personnes concernées ou leurs représentants permet de rendre un dispositif tout simplement applicable.
Un exemple : élus à la fin du mois de mars 2004, l'assemblée de juin du Conseil régional des Pays de la Loire a voté la gratuité des manuels scolaires dans les lycées sur le principe et dans ses modalités. En trois mois, nous avons réussi à travailler avec les chefs d'établissements, les intendants, les organisations syndicales, les parents d'élèves et les syndicats lycéens à mettre en place ce dispositif de justice sociale.
La démocratie participative, ça marche !