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01.06.2007
Dans son programme, l'UMP veut sa revanche contre les Régions
Le candidat Sarkozy avait annoncé la couleur dans sa réponse à un questionnaire de l'Association des Régions de France sur sa vision de la Région : hors de question d'augmenter les compétences des Régions, même dans les domaines où elles obtiennent de vrais résultats : pas de responsabilité pleine et entière économique, pas de rôle précis pour les différents schémas directeurs que l'Etat demande aux Régions de réaliser (si ce n'est un rôle indicatif : l'Etat nous impose de travailler sur la cohérence de l'éducation, de la formation, du développement économique de l'aménagement du territoire avec l'ensemble des acteurs, sans que cela ne produise d'autres effets sur les autres acteurs publics !), pas de gestion des fonds européens, au contraire des 24 autres pays de l'Union Européenne, pas de service public régional de l’orientation et de l’emploi, pas de logement des jeunes.
Plus encore, la droite veut punir les Régions en leur ôtant une de leur principale compétence. Ainsi, la proposition 28 du chapitre "Education : le devoir de réussite" du programme de l'UMP dit très clairement : Transférer aux départements la compétence actuellement exercée par les régions en ce qui concerne les lycées. En échange, le président de la République nous promet vaguement un rôle dans le paysage de l'enseignement supérieur. Ainsi, dans son courrier à l'ARF nous indique-t-il : "Parce qu’elles ont acquis un vrai savoir-faire dans la gestion des équipements d’enseignement, parce qu’elles se sont largement investies, dans le cadre des CPER (NB : il s'agit des contrats de plans Etat-Région), dans le développement économique et dans la recherche, les régions auront naturellement toute leur place dans cette nouvelle gouvernance". Voilà qui est bien flou, et qui n'engage à rien !
Si l'on ajoute à cela la multitude de propositions qui créent des nouvelles obligations aux Régions, sans que ne soit, précisé qui doit supporter les coûts supplémentaires, sans oublier les bonnes idées clairement pompées sur ce que font le Régions - à croire que les rédacteurs du programme de l'UMP sont des lecteurs assidus du site de l'ARF ! - on voit bien que l'heure de la revanche contre les Régions gagnées par la gauche en 2004 a sonné pour les amis du président de la République et du premier ministre.
Il existe de multiples raisons de s'opposer au programme de l'UMP. : des mesures inefficaces et injustes (la suppressions des charges sociales sur les heures supplémentaires et les réductions d'impôts pour les plus aisés notamment), des mesures sécuritaires (comme les peines planchers, que Rachida Dati éprouve le plus grand mal à défendre aujourd'hui) des mesures parfois contradictoires les unes avec les autres, comme les impératifs de mixité sociale dans les établissements à l'heure de la suppression de la carte scolaire, et un catalogue de bonnes intentions, non chiffrées et non financées. Au final, beaucoup de marketing politique pour habiller un programme au mieux conservateur, au pire dangereux pour les équilibres de notre société. J'en soulève ici une autre : la droite est prête à déséquilibrer les institutions pour assouvir sa soif de revanche.
Plus que jamais, les électeurs de Ségolène Royal - présente à Nantes au Zénith lundi soir prochain - doivent se mobiliser pour empêcher que ce rouleau-compresseur au service de quelques uns ne puissent faire son travail en toute impunité. J'engage chacun de vous à voter et à faire voter pour la gauche, et notamment pour les candidats du Parti socialiste dans 9 jours.
19:35 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Programme de l'ump, régions, législatives




Commentaires
Monsieur,
il m'a semblé voir que vous alliez soutenir Stéphane Le Foll et vraiment je ne comprends pas. En soutenant Ségolène Royal vous avez soutenu le renouveau de la politique et pourtant vous allez soutenir un cumulard. Stéphane Le Foll est déjà député européen (certes il y est très peu présent au PE mais tout de même) et pourtant il est aussi candidat à la députation. Je constate sur le site du PS qu'il a fait ce matin à Paris le point de campagne du PS. N'y a t-il donc personne au PS qui ne soit pas candidat pour pouvoir le faire et permettre ainsi à Monsieur Le Foll de "labourer" sa circonscription? Avec un adversaire aussi important que Fillon je ne crois pas que ce soit de trop.
Vraiment c'est à désespérer. Le PS plaide pour le non-cumul, la parité, la diversité mais dans la réalité les choses sont bien différentes. Il est temps que le PS se mette à passer à l'action et n'en reste pas aux incantations.
Amitiés socialistes,
Un militant vendéen quelque peu désabusé.
Ecrit par : Ludovic | 06.06.2007
Bonjour,
Stéphane Le Foll, que je connais bien puisqu'il est à la tête de l'Union Régionale du PS des Pays de la Loire, est un homme de convictions et de valeur.
Il accomplit auprès de François Hollande un travail de tous les instants, ô combien utile pour le premier secrétaire, donc le parti, donc l'ensemble de ses militants.
Stéphane est effectivement député européen. Il concentre son activité notamment sur la question agricole, qui n'est pas la moindre des compétences de l'Union Européenne. Contrairement à ce que vous dites, il a une activité soutenue, comme l'atteste son site Internet : http://www.lefoll.net/
Il a été désigné par les militants socialistes de sa circonscription pour représenter notre formation politique sur un territoire particulièrement difficile, puisqu'il s'agit également de la circonscription du Premier ministre. Stéphane a l'expérience et la combativité pour se mesurer à François Fillon, qui bénéficie d'un déploiement de forces et de moyen inhérent à ses responsabilités de chef de la majorité.
Contrairement à ce que vous indiquez, il mène campagne sérieusement, je dirais même méticuleusement. La journée que j'ai passée avec lui hier m'a donné l'occasion de le constater moi-même.
La fin du cumul des mandats est quelque chose de nécessaire. Elle ne peut par contre pas être évoquée lorsqu’il s’agit de mandats successifs. Ainsi, j’étais maire de La Roche sur Yon quand je suis devenu président de la Région des Pays de la Loire, et j’ai démissionné aussitôt. Stéphane, s’il est élu député, ce que je lui souhaite ardemment, démissionnera du Parlement Européen, ce qui fera la joie de Roselyne Lefrançois, adjointe d’Edmond Hervé à Rennes et suivante de liste des socialistes aux élections européennes de 2004.
Bien à vous.
Ecrit par : Jacques Auxiette | 07.06.2007
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