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08.06.2007

Sanctionner le bilan de la droite et porter le message de justice et de solidarité dans les urnes

Cette campagne du 1° tour des élections législatives s'achève. J'aurai pour ma part soutenu un grand nombre de candidats socialistes, mais aussi une candidature commune PS-Verts, sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire. Ce soir encore, je serais avec Adeline L'Honnen dans la presqu'ile guérandaise.

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Dans cette campagne, le chef de file de la majorité sortante ne se sent pas comptable d'un bilan désastreux à bien des égards.. Il l'est pourtant : combien des membres de son gouvernement ont été ministres sous la présidence de Jacques Chirac ? Il me semble en compter 11. François Fillon nous a par contre montré son visage le plus sectaire, à Lyon en début de semaine, et même encore hier. On croirait entendre Philippe de Villiers, à croire qu'il a fini par déteindre sur lui à force de marcher main dans la main en Pays de la Loire. Ce ne sont pas des reproches à un responsable politique sur ses idées ou sa pratique qui sont là en cause, mais bien une tentative de disqualification de toute une famille politique, la gauche, qui a pourtant apporté beaucoup à notre pays à des moments décisifs de son histoire. François Fillon fait là dans la récidive : en octobre 2002, alors ministre des affaires sociales de Jean-Pierre Raffarin, il avait fustigé "la responsabilité du Front populaire dans l'effondrement de la nation française en 1940". On quitte le masque du gaullisme social, celui du Conseil National de la Résistance justement, pour au contraire incarner la droite d'aujourd'hui, revancharde, sectaire, décidée à mener sa politique au service des plus puissants.

L'examen du programme de l'UMP fait à ce propos froid dans le dos, mais il est très instructif :

-on y parle d'instaurer des franchises médicales, juste après avoir annoncé l'alignement des honoraires des généralistes sur les spécialistes, qui n'en demandaient pas tant

-on y prépare la marchandisation de l'éducation, à travers la suppression pure et simple de la carte scolaire et l'encouragement des lycées privés

-on y décide la fin de l'obligation de logement social (qui seront obligatoires uniquement dans les zones ou cela est justifié, ce qui laisse la place à toutes les interprétations) en diluant le sens des mots, puisque les logements locatifs aidés et les logements destinés à l'accession à la propriété seront dorénavant comptés comme tels,

-on y annonce la refonte de toutes les retraites, y compris celle des professions libérales, qui ont choisi de se doter d'un système minimal de solidarité jusqu'alors et vont être intégrés à la solidarité nationale,

-les nouveaux contrats de travail vont mettre à bas 150 ans de conquêtes sociales

-quant aux mesures fiscales, François Hollande a démontré voici quelques jours leur injustice flagrante.

Dans 200 circonscriptions, Ségolène Royal est arrivée en tête le 6 mai dernier. Dans d'autres, il est impossible de prédire quelle sera la mobilisation et à qui elle peut profiter. La mobilisation de tous est indispensable pour donner l'espoir de justice et de solidarité que la gauche porte depuis 2 siècles et continuera de porter malgré ce que peut en penser le Premier ministre.

Quand bien même les français confirmeraient-ils leur choix du 6 mai, il est grandement nécessaire que l'opposition bénéficie d'une large audience au parlement, pour permettre un examen scrupuleux des mesures qui seraient soumises au vote de la représentation nationale. Nous savons bien, en Région Pays de la Loire, qu'une loi non débattue peut produire des effets pervers dans sa mise en œuvre : l'acte 2 de la décentralisation, passée en plein cœur de l'été 2004 à l'Assemblée Nationale sans délibération ni vote (le gouvernement avait alors peur de sa propre majorité) contient des failles gigantesques, des imprécisions notables, des erreurs manifestes d'appréciation qui nous rendent la tâche difficile au quotidien.

C'est pourquoi pas une voix ne doit manquer ce dimanche, et le dimanche suivant. Ensuite, ensuite seulement, nous engagerons le travail de rénovation nécessaire pour la gauche et plus largement les républicains.

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