« OGM: des paroles et des actes... | Page d'accueil | Rendez-vous en septembre »
19.07.2007
Le gouvernement choisit l'inégalité
Au-delà de l’émoi créé chez certains économistes, les premières mesures gouvernementales au vu des réalités de terrain apparaissent pour le moins coûteuses, inégalitaires et dangereuses.
Cette évaluation, je la fais avec un vrai recul républicain sans volonté d’opposition systématique. Notre rôle d’élu impose que nous observions et dénoncions les mesures qui ne vont pas dans le bon sens, où la concertation est insuffisante particulièrement dans la prise en compte des acteurs locaux (actuellement notoirement les Régions) lorsqu’elles sont concernées.
Les choix de Nicolas Sarkozy sont clairs ; ils mettent en œuvre l’idéologie de l’argent-roi. Les promesses fiscales du gouvernement concernent d’abord et sans aucun doute les couches les plus riches de la population. Cette idéologie engendre un appauvrissement réel des finances de l’Etat et implique, mais cela c’est revendiqué, l’effacement progressif de l’action publique et de son efficacité.
Concrètement, dans la Région des Pays de la Loire, cette politique inégalitaire se traduit déjà par :
- L’étranglement financier des collectivités locales : le gouvernement fait payer ses cadeaux fiscaux aux collectivités qui attendent toujours une vraie réforme. L’autonomie fiscale des collectivités, notamment des Régions, va se trouver réduite, mettant en péril ses capacités d’investissement avec la diminution annoncée du « pacte de croissance et de solidarité ». Les dotations de l’Etat seront indexées sur la seule inflation ne tenant plus compte du taux de croissance. C’est pour notre collectivité une baisse de moyens s’élevant à 54 millions d’euros sur 3 ans en investissement… Ces 54 millions d’euros correspondent à de nombreux projets publics qui ne pourront être financés et tout cela pour des réductions fiscales vers les plus riches.
- Une dérégulation du système éducatif plutôt qu’un assouplissement de la carte scolaire. Je tiens à rappeler que si nous avons reconnu la nécessité d’assouplir la carte scolaire, la supprimer purement et simplement est tout à fait inacceptable tant les effets seront négatifs et pervers : demain, ce ne seront plus les parents qui choisiront l’établissement pour leurs enfants mais les établissements qui choisiront leurs élèves. Cette réforme engagée sur 3 ans conjuguée à la suppression prochaine de 17 000 postes d’enseignants va remettre profondément en cause l’existence même du service public d’enseignement et à terme l’égalité des droits des élèves.
- Autonomie des universités, une réforme discutée sans les Régions : Le projet de loi a été conduit dans la précipitation dans une parodie de concertation qui a obligé le président de la République à revoir sa copie. Il est incompréhensible que les Régions n’aient pas été associées alors qu’elles sont, du fait de la carence de l’Etat, de plus en plus impliquées dans leur financement. Si la gouvernance des universités est un dossier à traiter, il ne règlera aucun des problèmes auxquels est confronté l’enseignement supérieur : le manque criant de moyens humains et financiers, les conditions d’enseignement et de vie, de réussite et d’insertion dans le monde professionnel des étudiants.
- Service minimum dans les transports: une nouvelle provocation du gouvernement qui se défausse sur les Régions (en leur demandant de définir des priorités de dessertes en période de grève). Cette mesure idéologique fait oublier que des dispositifs de dialogue social, de concertation et d’alerte au sein des entreprises peuvent très bien être utilisés pour peu que l’on s’en serve. Elle fait aussi oublier que l’Etat devrait s’appliquer à lui-même ce principe de service minimum en permettant aux TER, que les Régions achètent, de circuler sur un réseau dense et en toute sécurité, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. N’est pas pourtant plus urgent dans le quotidien des Français ?
- Un empêchement du gouvernement contre la Région à pouvoir engager une politique du logement. L’Etablissement public foncier régional est toujours en attente. Les mesures actuelles concernant l’accession à la propriété pourraient être recevables, mais l’intolérable absence de mesures en faveur du logement locatif confirme le clientélisme politique du Président vers les plus riches. J’avais pourtant proposé la création d’un Etablissement public foncier régional pour acheter des terrains et lutter contre la spéculation foncière. Alors qu’il a été soutenue par de nombreuses collectivités locales, ce projet a été volontairement bloqué par la création d’un même établissement en Vendée à la demande de Philippe de Villiers (bloqué parce qu’il ne peut y avoir deux établissements publics fonciers sur un même territoire). Cela rend impossible une régulation du logement sur les autres départements de la Région.
Malgré ses relais politiques qui le coiffent de l’auréole de l’ouverture voire de l’union nationale, Nicolas Sarkozy à travers ces choix politiques n’a que faire des inégalités croissantes entre les Français. Pire il les favorise. Dans ce domaine, comme dans d'autres, les actes seuls parlent !
14:00 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



