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23.07.2007

Rendez-vous en septembre

Le temps des vacances est arrivé. Je vais rester dans la Région, mais je fais le choix de couper un peu. C’est pourquoi ce blog ne connaîtra pas d’activité (notes ou commentaires) jusqu’à mon retour dans la vie régionale et politique, autour des journées des socialistes à La Rochelle fin août.

Qui dit vacances dit bilan du travail accompli. J’ai eu cette année de nombreux moments de joie à la tête des Pays de la Loire : les Assises Nationales du Développement Durable à Angers et à Nantes, le premier train commandé livré, le lancement de la ligne ferrée Nantes-Chateaubriant, le Technocampus Emc², le programme d’actions éducatives que nous proposons aux lycées, les résultats obtenus dans les négociations autour du contrat de projet, etc… Le dernier en date est le jugement en appel sur le Contrat Nouvelle Embauche qui le définit, comme nous l’avions fait voici un an en assemblée pleinière, comme contraire à la législation internationale. Le seul véritable contentieux que nous aurons connu avec l’Etat depuis 3 ans dans le cadre du contrôle de la légalité concernait une délibération sur le CNE et l’apprentissage à 14 ans. Le premier ne tient qu’à un fil, celui du délai avant Cassation qui devrait confirmer l’Appel, le deuxième a été abandonné par le nouveau pouvoir en place.

Puisque je parle de pouvoir en place, la transition est toute trouvée pour parler de mon principal regret pour cette année politique qui s’achève. Nous n’avons pas su trouver les ressorts permettant que notre France plus juste prenne toute sa place et que Ségolène Royal devienne la première femme présidente de la République.

Il nous faudra bien l’été pour décortiquer les causes de cet échec. Je sais que Ségolène souhaite prendre le temps de la réflexion, et qu’elle abordera franchement la question à la rentrée. Je lui sais gré de prendre le temps de cette introspection avec un tel courage. Je pense pour ma part qu’au-delà du combat politique, il y a également un combat culturel à mener face à un super-système politique et médiatique qui n’en finit pas de fournir toujours plus de nouvelles images, et toujours plus de prêt à penser.

L’exercice de l’analyse et du bilan doit se faire dans le calme, la modération et la responsabilité. Nous ne tirerons rien de bon à s’énerver ou à asséner tranquillement des vérités qui ne résistent pas à un instant d’examen. Les seconds couteaux (qui défendaient des candidats qui ont obtenu autour de 20% à l’élection interne et qui expliquent aujourd’hui que si les militants socialistes se sont trompés, les français, eux, n’auraient pas fait de même puisque cette élection était imperdable) doivent retrouver une certaine humilité. J’en appelle donc à la sérénité et à l’étude objective des causes de la défaite.

Deux mots sur la vie du blog. Depuis janvier, j’ai publié autour de 80 notes, qui ont été lues par de nombreux internautes, chaque mois plus nombreux. A la rentrée, je souhaite prendre le pli de la pédagogie, et à ce titre tenter d’être moins long et plus simple à comprendre. Exercice difficile, tant ce que nous faisons est passionnant mais complexe dans la mise en oeuvre.

En attendant, bonnes vacances à tous.

 

19.07.2007

Le gouvernement choisit l'inégalité

d00c4e83e5665c69ade2c40833a83587.jpgAu-delà de l’émoi créé chez certains économistes, les premières mesures gouvernementales au vu des réalités de terrain apparaissent pour le moins coûteuses, inégalitaires et dangereuses.

Cette évaluation, je la fais avec un vrai recul républicain sans volonté d’opposition systématique. Notre rôle d’élu impose que nous observions et dénoncions les mesures qui ne vont pas dans le bon sens, où la concertation est insuffisante particulièrement dans la prise en compte des acteurs locaux (actuellement notoirement les Régions) lorsqu’elles sont concernées. 

Les choix de Nicolas Sarkozy sont clairs ; ils mettent en œuvre l’idéologie de l’argent-roi. Les promesses fiscales du gouvernement concernent d’abord et sans aucun doute les couches les plus riches de la population. Cette idéologie engendre un appauvrissement réel des finances de l’Etat et implique, mais cela c’est revendiqué, l’effacement progressif de l’action publique et de son efficacité. 

Concrètement, dans la Région des Pays de la Loire, cette politique inégalitaire se traduit déjà par :

- L’étranglement financier des collectivités locales : le gouvernement fait payer ses cadeaux fiscaux aux collectivités qui attendent toujours une vraie réforme. L’autonomie fiscale des collectivités, notamment des Régions, va se trouver réduite, mettant en péril ses capacités d’investissement avec la diminution annoncée du « pacte de croissance et de solidarité ». Les dotations de l’Etat seront indexées sur la seule inflation ne tenant plus compte du taux de croissance. C’est pour notre collectivité une baisse de moyens s’élevant à 54 millions d’euros sur 3 ans en investissement… Ces 54 millions d’euros correspondent à de nombreux projets publics qui ne pourront être financés et tout cela pour des réductions fiscales vers les plus riches.

- Une dérégulation du système éducatif plutôt qu’un assouplissement de la carte scolaire. Je tiens à rappeler que si nous avons reconnu la nécessité d’assouplir la carte scolaire, la supprimer purement et simplement est tout à fait inacceptable tant les effets seront négatifs et pervers : demain, ce ne seront plus les parents qui choisiront l’établissement pour leurs enfants mais les établissements qui choisiront leurs élèves.  Cette réforme engagée sur 3 ans conjuguée à la suppression prochaine de 17 000 postes d’enseignants va remettre profondément en cause l’existence même du service public d’enseignement et à terme l’égalité des droits des élèves.

- Autonomie des universités, une réforme discutée sans les Régions : Le projet de loi a été conduit dans la précipitation dans une parodie de concertation qui a obligé le président de la République à revoir sa copie. Il est incompréhensible que les Régions n’aient pas été associées alors qu’elles sont, du fait de la carence de l’Etat, de plus en plus impliquées dans leur financement. Si la gouvernance des universités est un dossier à traiter, il ne règlera aucun des problèmes auxquels est confronté l’enseignement supérieur : le manque criant de moyens humains et financiers, les conditions d’enseignement et de vie, de réussite et d’insertion dans le monde professionnel des étudiants.

- Service minimum dans les transports: une nouvelle provocation du gouvernement qui se défausse sur les Régions (en leur demandant de définir des priorités de dessertes en période de grève). Cette mesure idéologique fait oublier que des dispositifs de dialogue social, de concertation et d’alerte au sein des entreprises peuvent très bien être utilisés pour peu que l’on s’en serve.  Elle fait aussi oublier que l’Etat devrait s’appliquer à lui-même ce principe de service minimum en permettant aux TER, que les Régions achètent, de circuler sur un réseau dense et en toute sécurité, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. N’est pas pourtant plus urgent dans le quotidien des Français ?

- Un empêchement du gouvernement contre la Région à pouvoir engager une politique du logement. L’Etablissement public foncier régional est toujours en attente. Les mesures actuelles concernant l’accession à la propriété pourraient être recevables, mais l’intolérable absence de mesures en faveur du logement locatif confirme le clientélisme politique du Président vers les plus riches. J’avais pourtant proposé la création d’un Etablissement public foncier régional pour acheter des terrains et lutter contre la spéculation foncière. Alors qu’il a été soutenue par de nombreuses collectivités locales, ce projet a été volontairement bloqué par la création d’un même établissement en Vendée à la demande de Philippe de Villiers (bloqué parce qu’il ne peut y avoir deux établissements publics fonciers sur un même territoire). Cela rend impossible une régulation du logement sur les autres départements de la Région.

Malgré ses relais politiques qui le coiffent de l’auréole de l’ouverture voire de l’union nationale, Nicolas Sarkozy à travers ces choix politiques n’a que faire des inégalités croissantes entre les Français. Pire il les favorise. Dans ce domaine, comme dans d'autres, les actes seuls parlent !

13.07.2007

OGM: des paroles et des actes...

18c9b61b0cba478ab5d25d4cace894d6.jpgLa mise en culture, sur 13 parcelles de notre région, ainsi que dans d’autres régions de France, d’organismes génétiquement modifiés (OGM) vient d’être annoncée, en catimini, sur le site Internet interministériel sur les OGM.

Je tiens tout d’abord à saluer l’attention que la presse porte à ce sujet, qui touche à la fois à la préservation de notre environnement et à la santé publique, car c’est bien la presse qui a permis, en publiant ces informations, que le débat démocratique puisse continuer sur ce débat sensible et difficile.

L’annonce de mise en exploitation d’OGM dans un certain nombre de régions françaises sur un site interministériel, 2 jours avant le lancement officiel du Grenelle de l’Environnement, où le thème des OGM est annoncé comme devant être discuté dans un des groupes de travail, a de quoi surprendre.

La situation est quasi identique concernant le nucléaire. Alors que cette question est à l’ordre du jour du Grenelle de l’environnement et que le Gouvernement avait par ailleurs promis de ne pas prendre de décision avant la négociation, le décret d’autorisation de l’EPR n’a pas fait l’objet de quelque moratoire que ce soit de la part du nouveau Gouvernement. Les acteurs environnementaux apprécieront d’être ainsi mis devant le fait accompli.

Si le gouvernement faisait siennes les problématiques écologiques, il les porterait avec clarté et transparence. C’est ce que nous, au Conseil Régional des Pays de la Loire, avons choisi de faire en prenant position dès 2004 et 2005 sur l’interdiction d’essais OGM en plein champ, le soutien aux filières de qualité, l’information grand public, l’adhésion à la Charte de Florence permettant les actions concertées de différentes régions d’Europe et l’adhésion enfin de la Région à l’AREPO (Association des Régions Européennes des Produits d’Origine).

Le« Pacte de Confiance », annoncé à grand renfort de communication par le Président de la République laisse très perplexe. Il s’agit visiblement d’annoncer l’organisation d’une grande phase de concertation, alors que de nombreuses décisions sont déjà prises et ce dans le sens inverse de déclarations d’intention portées auprès des acteurs.

08.07.2007

L' "ouverture" est un plat de lentilles

Sans doute est-ce l'effet de 30 ans de combat politique en Vendée, mais je n'ai jamais pensé que la gauche et la droite étaient semblables. Nous nous accordons sur un socle de valeurs républicaines, la liberté, l'égalité, la fraternité (quoi que nous ne mettions pas toujours les mêmes choses derrière ces mots), nous pouvons nous retrouver sur des projets, tant localement que nationalement, nous pouvons même avoir des accords objectifs et passer des contrats sur des buts communs, mais nos convictions sont opposées sur de trop nombreux points pour que nous puissions nous fondre dans un seul et même ventre mou politique dont ne ressortirait à mon sens rien de bon. Le fantasme du bon gestionnaire indépendamment des convictions qui l'animent est un leurre absolu.
En l'espèce, la droite au pouvoir suite à l'élection de Nicolas Sarkozy est très à droite. Contrat de Travail Unique, paquet fiscal, suppression de la carte scolaire, il est difficile de se méprendre. Nul besoin même de remonter jusqu'à l'épisode du Kärcher pour savoir que le dialogue est très difficile. De plus, François Fillon, pendant la campagne, a attaqué la gauche avec des formules d'une violence inouïe. Le malentendu n'est pas possible sur leurs convictions.
Tout comme Jean-Pierre Raffarin présentait son ministre de l'éducation Luc Ferry comme une "prise à l'ennemi", Nicolas Sarkozy cherche aujourd'hui à débaucher des socialistes uniquement pour jeter le trouble dans le principal parti d'opposition à son gouvernement. Pour en avoir discuté directement avec des personnes qui ont été approchées, cela m'est apparu très vite comme évident. Les dernières déclarations du Président de la République dans le Journal du Dimanche, autour de Dominique Strauss-Kahn ou de Jack Lang en font apparaître la preuve éclatante. Loin de moi l'idée que Dominique Strauss-Kahn ne ferait pas un bon directeur général du FMI, ou que Jack Lang n'aurait rien à apporter sur le fonctionnement des institutions, lui qui est un éminent juriste, mais les raisons de la sollicitation inattendue de Nicolas Sarkozy les rendent difficilement admissibles pour un socialiste. Dans le cas du second au moins (pour DSK, les choses sont différentes, il s'agit d'une instance internationale et sa candidature ne peut pas être regardée uniquement à travers le prisme du soutien présidentiel. A ce propos, François Hollande a exprimé dans Libération les choses de façon claire), je ne comprendrais pas facilement qu'il accepte les propositions de Nicolas Sarkozy, qui ne sont qu'aventure individuelle.
Au nom de l'histoire de la gauche, de la conviction collective qui nous anime au service du progrès social, et en l'absence d'un cadre clair et défini de concert entre majorité et opposition, il ne me semble en effet pas possible de céder aux offres d' "ouverture" de la droite au pouvoir sans renier nos convictions. Les plus fragiles, les plus ambitieux peuvent en avoir envie, mais les gens qui incarnent ce que la gauche a produit de mieux depuis 1981 doivent mesurer le mal qu'ils font à leur famille en acceptant de nourrir la confusion générale de ce début de quinquennat.
Face à Sarkozy recherchant les socialistes prêts à céder au plat de lentilles de l' "ouverture", il faut savoir accepter le sort difficile de l'opposant : s'inscrire dans l'histoire collective et préparer l'alternance.

06.07.2007

Le préfet Bernard Boucault quitte les Pays de la Loire

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La salle de réception de la préfecture était pleine hier soir des élus et responsables socioprofessionnels venus témoigner leur respect et sympathie à Bernard Boucault, préfet de la région des Pays de la Loire depuis 2002. Il a été placé hors cadre par le conseil des ministres voici une quinzaine de jours, et son remplaçant sera en poste le 9 juillet prochain. Le communiqué au sortir du conseil des ministres nous apprenait laconiquement qu'il serait par la suite "appelé à d'autres fonctions". Le départ de Bernard Boucault était inéluctable. Sa mise hors cadre et le fait qu'il ne lui soit pas attribué une nouvelle affectation m'a semblé proprement stupéfiant.
Depuis 2004, nous avons travaillé en étroite collaboration sur de nombreux dossiers au service des Pays de la Loire. Chacun était dans son rôle, et de ce fait, nous avons connu des divergences d'appréciation. Pourtant, nous avons su à chaque fois trouver des terrains d'entente. La meilleure illustration de cet état d'esprit est le contrat de projet que nous avons signé en ce début d'année, en même temps que les conventions supplémentaires et après avoir défini ensemble le cadre des programmes européens. Le résultat est là : ce ne sont pas moins de 2 milliards d'Euros qui sont mobilisés pour notre région entre 2007 et 2013.
Bernard Boucault est un grand préfet. Je n'imagine pas que l'Etat puisse plus longtemps se priver - même temporairement - de la grande qualité de cet éminent serviteur de la chose publique. J'espère que François Fillon, qui le connait bien puisqu'il était en place avant mon élection, saura lui trouver une nouvelle mission à la hauteur de ses capacités et du service qu'il rend depuis 35 ans à la République Française.

03.07.2007

Autoroute de la mer : une volonté franche face à des tergiversations

Tout le monde est d'accord sur le principe de désengorger les routes des camions, notamment en direction de l'Espagne. Depuis plusieurs mois, les élus de l'Estuaire s'escriment à favoriser la mise en place d'un projet économiquement viable. J'en parlais ici même en février dernier.
Le projet d'autouroute de la mer Transgascogne correspond exactement à ce que recherchent les autorités européennes, à travers le programme Marco Polo. Jacques Barrot, commissaire européen, le rappelait à l'assemblée régionale vendredi dernier. Nous pourrions délester les Pyrénées de 1000 camions sur les 8000 quotidiens qui font le voyage entre France et Espagne.
Dans ces conditions, l'appel d'offre lancé par l'Etat concernant des "Aides au démarrage de nouvelles lignes de transport maritime à courte distance" ne correspond pas aux enjeux : il concerne plus du cabotage qu'autre chose, et nous a plongé dans la perplexité.
La rencontre d'hier avec Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, a permis de nous rassurer un peu : il parle de l'appel à projet actuel comme d'un projet peu ambitieux, et de sa volonté de soutenir notre projet, quitte à repousser ce fameux appel d'offres. J'espère qu'il traduira en acte ce soutien apporté hier à Montoir de Bretagne.
En attendant, nous restons mobilisés pour déboucher d'ici la fin de l'année sur un projet qui tient la route

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