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05.09.2007

Les 100 premiers jours de Nicolas Sarkozy

Le Monde de ce soir titre sur des perspectives de forte baisse de la croissance française. L'OCDE contredit donc les prévisions de Bercy. Christine Lagarde comme Eric Woerth, les deux ministres en charges des comptes de la Nation, ont pourtant répété partout ces derniers jours que la crise financière américaine n'aurait pas d'incidence sur la croissance française. Un peu comme le nuage de Tchernobyl s'était arrêté sur la ligne bleue des Vosges et n'était pas passé au dessus de la France en 1986 !

Par ailleurs, nous notons cette semaine le premier reniement important du gouvernement : alors que le programme de l'UMP aux législatives s'engageait pour "Développer le fret ferroviaire", l'activité fret sera stoppée dans 262 gares en France à compter du 30 novembre, dont plusieurs en Pays de la Loire. Voilà un sujet qu'on pourra aborder au "Grenelle de l'environnement", en même temps que les autorisations données récemment pour les cultures OGM en plein champ !

Au delà de ces choix contestables, c'est surtout l'idéologie sous-jacente qui fait problème. Les cadeaux fiscaux aux 1% des Français les plus fortunés en sont un bon exemple, mais surtout on sent une fascination pour les Etats-Unis et un certain capitalisme triomphant complètement à contretemps. Alors que se redéfinissent de nouveaux rapports de forces sous nos yeux, le Président de la République est bloqué sur les années Reagan. Pourtant, la mondialisation, à l'évidence, ne se fait plus de l’occident vers le reste du monde, mais bel et bien depuis l’Orient, et en particulier depuis la Chine, pays qui commence à être en mesure d’imposer certaines de ses vues. Fait exprès ? La crise financière de cet été a ébranlé un modèle américain qui doute désormais franchement de lui et de la forme de mondialisation qu’elle a imposée au monde. Cela est tellement vrai, que le seul pays d’Amérique du Sud à s’être dollarisé (l’Équateur) voit désormais ses banques proposer des comptes d’épargne en Euros à ses clients… Pour se rassurer, les Républicains Américains, qui ne croient pas en leur possibilité de gagner la prochaine présidentielle ont fait de Nicolas Sarkozy leur héros. Mais il n'y a pas de raison de sombrer avec les vestiges d'un système de valeurs qui a aujourd'hui trouvé plus fort - parfois plus cynique - que lui.

Le mur de la réalité est en train de se dresser devant la droite au pouvoir. Saura-t-elle enlever ses œillères et s'atteler à la tâche, ou préférera-t-elle continuer de surfer sur l'air du temps et les déferlantes médiatiques ?

Cela ne doit pas nous empêcher de prendre le temps, nous la gauche de gouvernement, de travailler à définir les contours d'un modèle de développement durable, où le progrès social sera la condition et l'objectif du développement économique en utilisant le plus rationnellement les ressources naturelles. La meilleure façon de combattre un projet rétrograde, c'est encore d'y opposer un projet progressiste !

Commentaires

Vraiment ras le bol des médias et de sarko.ça devient pénible et les véritables débats sont esquissés volontairement.Mais ce soir ou était passé le président apres la défaite des français contre l'argentine?Désolant tout ça.

Ecrit par : stemeau | 07.09.2007

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