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23.09.2007
Nicolas Sarkozy et les questions sociales
Je dirais quelques mots plus tard de mon voyage en Allemagne et notamment des opportunités formidables qu'il a pu susciter dans notre réflexion sur le développement économique durable.
Pour l'instant, je voudrais revenir quelques instants sur le discours social de Nicolas Sarkozy, prononcé mardi dernier.
En commençant par un postulat : "notre organisation sociale produit aujourd’hui plus d’injustice que de justice", qu'il ne cherche pas à démontrer, comme tout postulat d'ailleurs, le Président de la République tente de nous faire croire que mettre à bas toutes les protections sociales relève du pragmatisme, et non d'un dogmatisme ultralibéral. La ficelle est un peu grosse... Elle participe en tout cas d'un discours politique très en vogue à la tête de l'Etat, qui voudrait faire croire que notre Pays est en déclin, ce qui permet de faire passer toutes les pilules au nom du nécessaire redressement(le discours de déclin est un mensonge, je vous invite à lire l'article suivant de John Evans & Jérôme Guillet sur le site Betapolitique : je n'en partage pas toutes les conclusions mais les données sont irréfutables).
Tout a été dit sur ce discours, sur le "développement de l’assurance individuelle contre le risque de dépendance" au lieu d'un dispositif public ou géré par les partenaires sociaux, les "modes de rupture négociée" du contrat de travail, comme si la négociation entre un employé et un employeur se faisait entre parties égales, sur l'indemnisation du chômage qui "s’interrompt quand le bénéficiaire refuse les offres valables" (tout est dans le valable !). En échange de tout le compromis social français, on nous promet vaguement une sécurité du travail sans aller bien plus loin dans les modalités : on sait ce qu'on casse, on ne sait pas ce qu'on construit.
Ce qui n'est pas apparu très fort dans la discussion autour de ce discours, c'est l'absence de cohérence politique sur la question des 35 heures. Dans la suite des réformettes des 5 années du quinquennat de Jacques Chirac (François Fillon ayant été le ministre en charge de la question), Nicolas Sarkozy choisit une fois de plus de ne pas s'attaquer frontalement à la question. Il prévoit une "négociation d’entreprise et de branche dans la détermination de la durée collective du travail" : là où les syndicats sont forts, il y aura maintien, là où il le sont moins on augmentera le temps de travail.
Or, la seule critique qu'on pouvait entendre sur les 35 heures, une fois balayée toutes les idées reçues sur la productivité, la valeur du travail, etc. c'est que tous les salariés n'y avaient pas droit, notamment dans les PME. La façon d'aborder le temps de travail va encore agrandir le gouffre entre les salariés qui sont protégés par un syndicalisme fort et les autres. Volonté d'opposer les salariés les uns contre les autres, ou manque de courage politique parce que les français plébiscitent les 35 heures ?
19:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, discours social



