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27.10.2007
Construire les solidarités et les dynamiques nécessaires au Pays Yonnais
Le Pays Yonnais est une réalité, plus forte chaque jour. Qu’on vive à La Roche sur Yon, ou dans l’une des 14 communes de ses alentours, on partage une même communauté de vie : mêmes lieux de travail ou d’étude, mêmes espaces de détente, mêmes commerces, mêmes administrations. C’est pourquoi nombres de questions qui ont trait à la vie quotidienne gagnent à être traitées à une échelle plus large que la commune. Non pas que je proclame sa disparition : elle est l’échelon le plus identifié, et le plus reconnu des français. Mais elle ne peut pas tout résoudre, même si elle reste la cellule de base de la démocratie.
Je me suis engagé voici de nombreuses années avec Pierre Regnault, Maire de La Roche sur Yon et de nombreux élus de gauche comme de droite pour mettre en place une véritable intercommunalité en Pays Yonnais. Je me souviens tout particulièrement de la part importante prise à l’époque par Dominique Caillaud dans la création puis dans la gouvernance de la Communauté de Communes du Pays Yonnais que nous avons présidée en alternance.
Le bilan de la CCPY, qui est avant tout le bilan de son actuel président Philippe Darniche, est attristant, certainement le plus faible pour un territoire de plus de 84 000 habitants. Zones d'activité intercommunales, gestion des déchets et sécurité incendie représentent près des ¾ des dépenses de la communauté de communes. Presque rien en matière de logement, d’environnement, de solidarités, de relations internationales, qui sont pourtant des compétences dont l’intercommunalité est dotée. Mais peu de projets, et une absence totale de perspectives pour le territoire.
Il est nécessaire de relancer l’intercommunalité, autour de projets indispensables à la vie des habitants . Au premier rang de ces nouveaux services publics, le transport collectif. Comment s’en passer aujourd’hui ? Tant pour offrir aux habitants les moyens d’accéder plus facilement à leur lieu de travail, aux commerces, aux équipements publics de loisirs, de santé ou d’éducation que pour développer une politique environnementale d’excellence. Bien d’autres solidarités peuvent être mises en commun : accueil de la petite enfance, centres de loisirs, maisons de santé, maintien à domicile des personnes âgées. La communauté de communes du Pays Yonnais doit également prendre toute sa place pour préparer l’avenir notamment en matière de recherches et d’innovation technologiques indispensables pour préserver et développer les emplois industriels.
La question du financement se pose. La communauté de communes a aujourd’hui des marges de manœuvres financières importantes grâce au dynamisme économique dont fait preuve notre agglomération. Depuis deux ans la communauté de communes n’emprunte pas, faute d’avoir une ambition collective partagée. L’emprunt, s’il sert à financer des besoins sur le long terme, ne doit pas être un tabou. Bien géré, il constitue un véritable levier pour la croissance et le développement. Dans son analyse en cours, la chambre régionale des comptes ne manque d’ailleurs pas de constater la faiblesse actuelle de la politique intercommunale.
L’ensemble des intercommunalités de même importance que la nôtre, que je peux visiter en tant que Président de Région, proposent des services bien supérieurs à leurs habitants, parce qu’elles ont compris que de nombreuses questions devaient être abordées au niveau du bassin de vie . Ici, tout le monde aura à gagner à une plus forte association des intelligences humaines, des dynamismes et des solidarités territoriales.
Chacun sait l’énergie que j’ai dépensée comme maire de La Roche sur Yon, comme Président de la communauté de communes, président du pays Yon et Vie et que je continue à mobiliser à la tête de la Région des Pays de la Loire pour le Pays Yonnais. Je participerai pleinement à ce débat, avec beaucoup d’autres, élus, acteurs de la vie locale, simples citoyens, car il me semble indispensable, à quelques mois des élections municipales, de faire partager cette passion qui m’anime, tout autant que cette responsabilité qui m’incombe, de faire du Pays Yonnais un territoire majeur pour le développent de notre département et de notre région.
Ce texte a été publié ce samedi dans Vendée Matin dans une version plus courte
19:35 Publié dans En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : la roche sur yon, intercommunalité, transports collectifs, pays yonnais
22.10.2007
Projet sillicon valley
L'opposition régionale va encore grogner : j'entame ce matin un déplacement de plus à l'étranger pour une mission économique.
En fin de matinée, je vais en effet m'envoler pour la Silicon Valley, en Californie. C'est le Mouvement Français pour la Qualité et le Management qui organise cette mission, avec pour thème : "innover pour continuer à réussir".
Une vingtaine d'entreprises ligériennes forment la délégation que j'accompagne et le programme élaboré par les organisateurs nous permettra de rencontrer de grands groupes internationaux tels que PIXAR, APPLE, GOOGLE, INTEL…Ces échanges et les études de cas permettront entre autres de mieux appréhender les techniques d'innovation pratiquées dans la Sillicon Valley, de confronter les modes de management ou encore d'évaluer les processus d'innovation éventuellement transposable dans l'hexagone et à l'échelle de la région.
La Région a fait de l'innovation un axe majeur de son développement, comme nous avons pu l'indiquer dans le SRDE (Schéma Régional de Développement Economique). Elle doit rattraper son retard (5° région française pour son nombre d'habitants, elle est 9 ou 10° pour la recherche), avec trois objectifs à la clé : garantir le développement de nos entreprises régionales dans un contexte fortement concurrentiel, assurer le maintien de compétences sur notre territoire et permettre la création d'emplois.
Ce n'est pas l'Euro, ce ne sont pas les taux d'intérêts qui font les difficultés économiques de la France : c'est son manque d'investissement dans l'internationalisation des entreprises. Jugez plutôt : avec la même monnaie et les mêmes taux d'intérêts, l'Allemagne a un excédent commercial entre 15 et 20 milliards d'Euros chaque mois, là où nous avons un déficit de l'ordre de 3 milliards. En septembre dernier, Anton Börner, le président de la Fédération allemande des exportateurs (BGA), a encore pronostiqué une hausse de 9 % des exportations en 2008 pour atteindre 1.075 milliards d'euros. Près de 8,5 millions d'emplois, soit un sur cinq, dépendent en Allemagne du commerce extérieur, soit 1 million de plus qu'en 2000, avec une tendance toujours à la hausse.
Nos situations économiques sont éloignées, la structuration des entreprises (plus grosses outre-Rhin), le type d'industrie, de services diffèrent énormément. Mais rien n'interdit de se mettre en situation de combler le retard. L'enjeu est déterminant.
09:00 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : exportattion, internationalisation, région, pays de la loire, mfqm
18.10.2007
La mutation du métier d'enseignant vue des Régions Françaises
J'étais auditionné ce matin par la commission Pochard, installée fin septembre par Xavier Darcos pour réfléchir à la revalorisation du métier d'enseignant.
Mais que faisait donc un président de Région devant une commission dont l'objet concerne les fonctionnaires d'Etat que sont les profs ?
Il actait d'abord simplement le fait que l'Education est une compétence que l'Etat partage avec les collectivités locales - Mairies pour les écoles, Départements pour les collèges, Régions pour les lycées - à partir du moment où elles sont responsables des locaux scolaires et l'employeur de la majorité des personnels non-enseignants qui y travaillent. Toute modification du métier d'enseignant aura des répercussions sur les locaux et les équipements : besoins de salles de réunions, de bureaux pour les enseignants, de matériel multimédia, etc... A ce titre, il était nécessaire que certaines choses soient dites. Elles l'ont été : sans m'avancer pour mes collègues des autres Régions, j'ai pensé pouvoir assurer la commission de l'esprit de coopération qui est le nôtre.
Au delà de nos missions d'accueil, d'hébergement, d'entretien et de restauration dans les lycées, nous intervenons également pour soutenir les efforts pédagogiques. Ainsi, en Pays de la Loire, nous avons mis en place un programme d'actions éducatives innovantes. Ces nouveaux moyens d'action participeront de plus en plus de la rénovation des pratiques professionnelles des enseignants.
Mais surtout, nous sommes au carrefour de plusieurs modes de formation, et il me semble impératif de les faire se rejoindre. Lycéens, apprentis, stagiaires de la formation professionnelle, ont en commun des besoins de formation. Les lycées peuvent devenir les lieux clés de la formation tout au long de la vie. Les enseignants volontaires pourraient demain enseigner devant l'ensemble de ces publics. Ce ne serait d'ailleurs qu'un développement de la situation existante : il existe des Centre de Formation d'Apprentis dans les lycées, et l'Education Nationale a un dispositif de formation continue à travers les GRETA.
Il me semble que ces lycées de la formation tout au long de la vie devront assumer 3 missions principales : l'instruction, l'éducation à la citoyenneté et l'insertion professionnelle des élèves. Des expériences existent là encore, comme en Pays de la Loire où nous finançons des plateformes d’accompagnement vers l’emploi du Rectorat. Il faudra un jour se mettre en situation de généraliser la démarche. Pour cela, nous serons là.
Soyons clairs : l’Etat est plus que jamais nécessaire pour éviter les risques de déséquilibres territoriaux et jouer son rôle de régulateur et de stratège, en garantissant la solidarité nationale et en assumant ses compétence en matière régalienne. Mais il a aujourd’hui besoin des Régions pour dépasser la formation de masse et aller vers l’individualisation des parcours. Cet enjeu est plus qu’essentiel, il est la clé de voûte d’un système de formation fondé sur une compétence clairement partagée, également assumée, et porteuse d’égalité des droits.
Les régions ne revendiquent pas la pleine responsabilité de l’éducation et de la formation, mais aspirent à ce que leur expertise, leur engagement, et leur capacité à mobiliser les énergies soient mesurées à leur juste valeur. C'est ce dont j'ai tenté de convaincre les membres de la commission ce matin.
NB : d'ici quelques jours, la vidéo de cette audition sera en ligne sur le site du ministère. En attendant, vous pouvez découvrir Philippe Meirieu (sur la photo) qui s'est livré au même exercice que moi voici quelques jours, dont le propos est toujours éclairant.
Le 31 Octobre : la vidéo de mon audition est maintenant en ligne.
22:20 Publié dans Education/Jeunesse, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commission Pochard, métier d'enseignant, lycée, formation tout au long de la vie
16.10.2007
l'emploi industriel, préoccupation de chaque instant
Hier matin, je me suis rendu à la dernière session du CESR avant qu’il ne procède à son prochain renouvellement. J’ai pu ainsi saluer le travail de cette instance avec laquelle nous avons noués des échanges fructueux depuis 2004. Suite à la saisine que je leur avais faite en mars dernier dans le contexte du plan power 8 et de la crise traversée par Airbus, les conseillers économiques et sociaux régionaux nous ont rendu lundi dernier un rapport sur la situation de la filière aéronautique et de la sous-traitance.
Le travail réalisé est de taille. Il va nous aider dans notre réflexion stratégique sur l’emploi industriel en Pays de la Loire. Il connait de belles réussites, notamment dans l’estuaire, mais nécessite également des attentions particulières, la situation de la filière électronique à Nantes, Angers ou Laval est là pour nous le rappeler.
Notre responsabilité est de comprendre les besoins des industries régionales dans leur diversité : elles ont des plans de charge différents, dans des bassins d’emplois plus ou moins exposés aux restructurations, et ont investi diversement dans la formation de leurs salariés. Il importe donc d’avoir des réponses intelligentes et sur mesures, ainsi qu’une véritable capacité de rebond et d’action, qu’il s’agisse de défendre l’emploi ou de répondre à des besoins nouveaux d’entreprises, la seconde situation étant bien plus satisfaisante à accompagner que la première !
Il nous faut identifier les besoins exprimés par les PMI-PME (le rapport pointe la question de la capitalisation des entreprises, la moindre machine industrielle se chiffrant en millions d’Euros), rendre attractifs les métiers industriels – mieux payés que nombre d’autres emplois, et dont les conditions de travail n’ont souvent plus rien à voir avec les images d’Epinal qu’on a pu s’en faire, ou encore adapter l’offre de formations avec les besoins exprimés par les entreprises sans oublier pour autant de muscler la formation générale. Il nous faut surtout inventer les outils pour prédire les mutations économiques, industrielles et technologiques et assurer diffusion de la Recherche/Développement. Pour cela, nous nous sommes dotés d’un outil de veille à la SEM régionale, dont j’ai déjà parlé ici.
Le rapport sur la sous-traitance aéronautique nous a appris des choses. D’autres travaux vont être rendus publics, ou tout simplement démarrer dans les semaines et les mois qui viennent à propos de l’emploi industriel. Il s’agit en tout cas d’une préoccupation de tous les instants pour notre équipe. Le développement durable, c’est la préservation de l’environnement et le progrès social, mais aussi l’efficacité économique. Nous n’oublions ni les uns ni les autres.
21:50 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi industriel, aéronautique, airbus, Pays de la Loire
11.10.2007
3 ans après la loi, le transfert des personnels TOS
Dans les semaines qui ont suivi les élections régionales, les présidents de Région ont décidé de relancer l'ARF, l'Association des Régions de France, qui avait été mise en sommeil par l'équipe précédente. Notre objectif était double : peser dans le débat institutionnel en défendant l'échelon régional, et organiser l'échange entre nous sur nos pratiques. J'ai à cette occasion pris la responsabilité de la commission éducation, sans savoir que l'Etat nous transférerait sans concertation 50.000 agents dans l'été qui suivait...
Le transfert des agents Techniciens et Ouvriers de Service nous a beaucoup occupé à l'ARF : chaque mois depuis 2004 se réunissent à mon initiative quasiment l'ensemble des régions françaises (dont l'Alsace et la Corse, dirigées par la droite) autour des questions éducatives et de la gestion du transfert des personnels TOS (les deux sujets se sont depuis mêlés, j'y reviendrai). Cela ne nous a pas empêché de faire chacun différemment, c'est l’essence même de la libre administration des collectivités locales. Mais nous avons échangé et débattu de nos expériences. Ainsi, quand j'ai réuni dès décembre 2004 300 représentants du personnel TOS, encore agents de l'Etat, pour instaurer le dialogue entre nous, les autres Régions ont été ravies d'en connaître le résultat.
Nous avons décidé de réaliser une enquête nationale, après 18 mois d'exercice de cette nouvelle responsabilité de l'accueil, l'hébergement, la restauration et l'entretien des lycées (et de gestion des personnels chargés de ces tâches), pour nous permettre de pouvoir disposer d'un état des lieux. Les résultats sont saisissants quantitavement comme qualitativement. Nous avons d'ailleurs décidé ensemble de tenir à jour cet observatoire de nos pratiques.
Partout dans les régions, les agents TOS, devenus Agents Techniques Territoriaux sont mieux traités que lorsqu'ils étaient agents de l'Etat : revalorisation des avantages sociaux, du régime indemnitaire, médecine du travail, formation continue, etc. Il faut dire que les Régions dépensent 760 M€ là où l'Etat leur transfère 643, sans pouvoir espérer que les dépenses complémentaires, le plus souvent obligatoires, ne leur soient compensées.
Plus encore, les Régions assument l'appartenance de leurs nouveaux agents à la communauté scolaire, en y donnant corps : l'idée de la charte des services, que nous avons mise en place en Pays de la Loire par exemple, est de faire en sorte d'entrainer les Agents Techniques Territoriaux dans une logique de qualité du service public, en inscrivant leurs missions dans la mission éducative générale des lycées. Elle donne des perspectives de carrières à des agents qui en étaient jusqu'alors dépourvus.
Les Régions s'étaient opposées au transfert sans concertation des TOS. Elles ont pourtant fait en sorte de les accueillir au mieux, par sens de la responsabilité et du service public. Aujourd'hui, elles sont allées plus loin, à la recherche d'une nouvelle qualité du service public de l'éducation. Dans cette période où le gouvernement pointe assez facilement du doigt les collectivités locales, c'est bien là une leçon que nous lui avons donnée.
22:20 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Education, Régions, TOS, ARF
09.10.2007
Aujourd'hui on parle environnement à Laval
Jean-Louis Borloo a souhaité que le Grenelle de l'environnement se décline dans les Régions. Ce 10 octobre, c'est à Laval que se réunira la réunion décentralisée en Pays de la Loire.
Le principe de mettre tous les acteurs autour de la table pour parler de développement durable est une bonne chose. Ce n'est pas non plus une première. Ainsi, il y a tout juste un an, nous accueillions à Nantes et Angers les 4° assises nationales du développement durable, qui se tiennent tous les deux ans (je vous laisse calculer quand se sont tenues les premières). A travers 44 ateliers, 1500 acteurs locaux, entreprises, associatifs, élus, fonctionnaires de collectivités locales avaient réalisé un travail comparable à celui qui a lieu en ce moment sous l'égide du ministre de l'environnement.
La Région des Pays de la Loire est largement représentée à ce Grenelle délocalisé : il y a au moins un élu régional par commission le matin, et d'autres les rejoindront l'après-midi pour la plénière. Je remercie Jean-Pierre Le Scornet, Yann Helary, Françoise Marchand, Bernard Breux, Loïc Bedouet, Jacques Cochy, Françoise Gentil et Dominique Tremblay de leur implication dans cette journée.
A l'occasion de cette journée, nous avons souhaité publier une plateforme : sans vouloir jouer les troubles fêtes, nous voulions interpeller le gouvernement sur quelques éléments. D'abord, la question sociale est absente des discussions. Or le développement durable s'appuie sur trois pieds : développement économique, préservation de l'environnement et progrès social. S'il en manque un, le développement sera immanquablement bancal. Ensuite, nous avons remarqué combien le Grenelle mettait en avant le rôle des collectivités locales. Ce n'est pas une découverte, déjà à Rio, en 1992, au sommet de la terre, les Etats avaient noté la part croissante des collectivités (au niveau international, on parle de pouvoirs locaux) dans le développement durable. Mais les collectivités ne pourront pas continuer à prendre leur part si le gouvernement continue à limiter leur capacité d'action en jouant l'étranglement financier. Enfin, nous voulons qu'au delà des discours - un représentant de Nature Environnement au Havre parlait de bavardage durable au lieu de développement durable - l'Etat prenne pleinement sa part à l'effort nécessaire.
23:05 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions, Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : grenelle de l'environnement, pays de la loire, région
05.10.2007
Quelques réflexions au lendemain de la conférence nationale des exécutifs
Dans un rapport rendu par Jean Pierre Bel et Claudy Lebreton en mars dernier à Ségolène Royal, auquel j'avais participé, les élus socialistes proposaient la mise en place d'un Haut Conseil des Territoires, qui devrait réguler les relations entre Etat et Collectivités. Nous allions assez loin dans son rôle, puisque nous énoncions que son avis serait requis sur tout décret ou projet de loi ayant une incidence directe ou indirecte sur l’exercice des compétences des collectivités locales. Le premier ministre, quelques mois plus tard, faisait sienne - en moins audacieuse - cette idée, à travers l'annonce dans son discours de politique générale d'une conférence nationale des exécutifs, qui doit être "le lieu de concertation au plus haut niveau entre le Gouvernement et les exécutifs des collectivités territoriales", pour reprendre les termes du communiqué de Matignon.
De la concertation, il en faut. Elle est même urgente. Pour tout dire, il aurait même été préférable de la commencer avant de mettre cet été à bas le contrat de solidarité et de confiance sur les financements des collectivités, mis en place sous le dernier gouvernement de gauche et maintenu par Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin dans le précédant quinquennat. Entre la réforme de la taxe professionnelle, la fin de ce contrat et les transferts de charges sans les revenus équivalent, ce ne sont pas moins de 50 millions d'Euros de ressources en moins pour la Région des Pays de la Loire entre 2008 et 2010, et ceci sans qu'il n'y ait eu un début de discussion.
Les ressources en moins pour les Régions, ce sont avant tout des investissements en moins sur leur territoire (un budget régional, se décompose entre 50% de fonctionnement et 50% d'investissement, mais toute réduction de son budget a surtout des incidences sur l'investissement, les charges de fonctionnement étant pour la plupart fixes). Ce sont donc des bâtiments de recherche, des universités, des voies de chemin de fer en moins... Or l'Etat rencontre les plus grandes difficultés à réaliser ces investissements, le niveau d'avancement du dernier Contrat de Plan le montrant bien. Si l'Etat ne les fait pas, si nous ne les faisons plus, qui les fera ?
Un aspect de la discussion d'hier soulève également quelques questions. Nous devrions dans cette conférence faire en sorte "d'éviter que l'Etat prenne des décisions qui ont des conséquences financières pour les collectivités locales, sans qu'il y ait eu concertation". Beau programme. Il n'est effectivement pas inintéressant de pouvoir faire valoir les conséquences des décisions prises dans les ministères sur la vie de nos collectivités. Les villes qui vont devoir trouver un substitut à la fin de l'école du samedi en savent quelque chose, pour prendre un exemple dans l'actualité. Encore faudra-t-il que cela ne soit pas l'occasion de se défausser à chaque mauvais coup en disant "mais il y a eu concertation au CNE"...
Je siègerais donc à la conférence nationale des exécutifs, au sein de la délégation de l'Association des Régions de France, dans un esprit de grande vigilance. Même si le premier ministre est un élu local depuis 25 ans, comme il l'a rappelé hier, il a derrière lui un appareil d'Etat qui tend à gommer les difficultés des collectivités locales. J'espère que cet espace de concertation permettra à l'Etat et ses représentants de mieux comprendre les contraintes et les problématiques de nos Régions.
Photo disponible sur http://www.ambafrance-cn.org/spip.php?article1276&lan...
11:50 Publié dans Le rôle des régions, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Collectivités locales, finances locales
03.10.2007
Pourquoi je signe la pétition de Charlie Hebdo contre les tests ADN
De quelque façon que l’on aborde le sujet, l’institution de test ADN dans le cadre du regroupement familial des étrangers en France est proprement abjecte.
Elle joue avec le feu de la sélection génétique, elle assimile immigré et délinquant, elle représente de fait une discrimination financière pour les candidats au regroupement.
J’ai passé quelques années hors de France dans ma vie et je continue à voyager beaucoup, notamment à l’occasion de missions de coopérations économiques, scientifiques, culturelles. Bien au-delà du combat politique, je ne peux m’empêcher de penser à mes interlocuteurs ou à mes amis sur les autres continents et à l’image de la France que ce type de disposition renvoie en dehors de nos frontières.
Après le discours africain du président de la République, si dévastateur, après l’instrumentalisation à des fins intérieures de nombre de grands sujets internationaux, nous franchissons une nouvelle étape avec ces tests ADN. Celle qui conduit à faire de la France un pays à « l’esprit tout fermé », là où je défends au contraire, une vision de la société à « l’esprit grand ouvert ».
Je m’oppose donc avec force à cet amendement, présentée par la frange la plus extrémiste de l’UMP mais reprise de bonne grâce par le gouvernement. Tous les assouplissements possibles ne sauront redonner dignité à une mesure aussi contestable d’un point de vue éthique.
Voila pourquoi j'ai signé la pétition de Charlie Hebdo.
21:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ADN, immigration, pétition, éthique




