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20.12.2007
Pierre Abélard à Vallet, le service public et la responsabilité politique
Lorsque le projet d’un lycée dans le sud-est du département de la Loire Atlantique a enfin pris corps, j’étais membre de la commission éducation de la Région, dans l’opposition. Le choix de l’implantation à Vallet m’avait alors semblé incompréhensible, comme aux organisations syndicales enseignantes qui l’avaient d’ailleurs dénoncé. Voulait-on éviter la concurrence avec le lycée privé de Gorges, voulait-on punir les Clissonais qui venaient de se doter d’un maire socialiste, voulait-on faire des économies de bout de chandelle en investissant un collège qui n’était pas rempli pour mutualiser les locaux, voulait–on conforter la municipalité de Vallet dont le maire était membre de la majorité UDF-RPR d’alors ? Sans aucun doute, s’agissait-il d’un mélange de tout cela.
Ce mauvais choix de départ a en tout cas une conséquence : Pierre Abélard à Vallet n’a jamais en 8 ans atteint la taille d’un lycée de plein exercice. Malgré l’investissement – remarquable - de l’équipe pédagogique, il traîne cette faute de départ sans perspective de décoller un jour. Ce dernier élément, j’en ai aujourd’hui l’intime conviction : il suffit de voir l’origine géographique des lycéens de Pierre Abélard, qui en fait un lycée quasi cantonal, il suffit de voir les flux de collégiens de 3°, et notamment ceux de Clisson qui partent prioritairement à Montaigu – plus éloigné pourtant - plutôt qu’à Vallet, il suffit d’anticiper les conséquences de la fin de la carte scolaire pour en être persuadé.
Il n’est jamais agréable pour un militant laïc comme moi de se résoudre à l’idée qu’un établissement ne ferme dans un endroit où le secteur public est en forte concurrence. Je préfère, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois comme maire de La Roche sur Yon, aider à la consolidation de l’école publique. Ainsi, à La Merlatière en Vendée, c’est la ville de la Roche sur Yon qui a fourni le mobilier scolaire que le Maire de la commune refusait d’acheter. Ainsi, au Fenouiller, rien n’avait été organisé pour la restauration scolaire et nous avons également mis à disposition un minibus de la ville pour permettre aux enfants de manger chaud et à l’abri des intempéries. Ils mangeaient jusque-là des pique-niques sur la place de l’Eglise. Ainsi à Jard sur Mer, lorsque les élèves et l’enseignant se sont retrouvés sans toit, nous avons mis à disposition les tentes du centre municipal de vacances et les avons fait installer dans un champ réquisitionné par l’Etat.
Mais il m’est également déjà arrivé de fermer des écoles : à la Roche sur Yon en 2002 nous avons fermé 2 écoles maternelles à 2 classes pour permettre d’offrir aux enfants de meilleures conditions de scolarisation dans des groupes scolaires plus grand et en transformant ces locaux libérés pour l’un en relais pour les assistantes maternelles, pour l’autre en pôle enfance dédié aux pratiques culturelles. Dans le cas de Vallet, le collège reprendra les locaux pour faire face à la croissance de ses effectifs, les locaux ne resteront donc pas inutilisés. Cela me semble satisfaisant car je suis sensible à une utilisation la plus rationnelle possible des moyens publics. Mais cela n’a pas été l’élément déterminant dans ce choix. L’élément déterminant est l’échec de l’implantation valletaise.
Bien sûr, nous ne pouvons nous résoudre à ce que l’offre de formation ne se réduise définitivement dans ce secteur de la Loire-Atlantique, tout comme il était indispensable qu’une offre publique existe dans le secteur des Mauges, ce que j’ai négocié avec le Recteur le mois dernier. C’est pourquoi j’ai souhaité lancer une réflexion approfondie sur une offre de formation complète qui réponde aux attentes des familles et des jeunes, en lien avec les besoins économiques et sociaux du bassin de vie du sud Loire. Elle devra aboutir sur une structure mêlant formation initiale – enseignement général y compris, le Recteur l’a confirmé tout à l’heure pendant le Conseil Académique de l’Education Nationale - et formation tout au long de la vie. Dans l’entre-deux, tout sera fait pour que les élèves qui souhaitent poursuivre leur scolarité dans le secteur public aient des conditions de prise en charge vers les lycées périphériques les meilleures possibles. Le principe est d’offrir aux jeunes le choix du secteur public, et ceci dans les meilleures conditions. Une réflexion sur la capacité de persistance des efforts de l’équipe pédagogique doit également nous animer.
L’enseignement public doit disposer des moyens permettant une réponse satisfaisante et à la hauteur des enjeux, ici comme ailleurs dans la Région des Pays de la Loire. Le Conseil régional s’y emploiera de toutes ses forces, j’en prends l’engagement.
23:10 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lycée de vallet, service public, éducation



