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17.01.2008

Erika : victoire totale !

J’ai assisté hier après-midi au rendu du verdict, par le Président Parlos, du procès Erika. Nous avons été un certain nombre de collectivités locales à avoir fait le choix courageux, – et payant aujourd’hui ! –, il y a un an, de demander la réparation de l’atteinte à notre environnement, patrimoine collectif que nous partageons tous, jugée pourtant très improbable par la plupart des spécialistes juridiques : Conseil Régional Poitou-Charentes, Conseil Régional de Bretagne, Conseil Général du Finistère, Communauté d’Agglomération Cap Lorient, communes de Saint-Nazaire et Pornichet (44), et Ploemeur (56).
J’ai donc eu le plaisir de voir, en direct, reconnu dans notre droit deux grandes avancées, et la création d’une véritable jurisprudence, au service du développement durable, demandée par nos collectivités locales :
-La reconnaissance de la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne du transport maritime (affréteurs, contrôleurs, transporteurs, …), qu’il s’agisse d’imprudence ou de faute caractérisée.
-La reconnaissance de l’existence d’un préjudice écologique suite aux conséquences de cette catastrophe pour notre environnement.

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Comme je l’évoque depuis le début de ce procès, c’est bien toute la chaîne du transport maritime qui va devoir revoir son mode de fonctionnement : elle ne pourra plus s’organiser sur la base de l’irresponsabilité « totale » des acteurs, qui, on l’a vu tout au long de ce procès, se renvoyaient la balle les uns aux autres.
Je tire 2 enseignements principaux de ce verdict :
-Les parties civiles ont obtenu l’indemnisation intégrale des financements mobilisés pour tenter de réparer les dommages causés (et au premier titre l’Etat français, à hauteur de près de 150 M €). Ce ne sont donc pas les contribuables qui auront à payer la facture environnementale de la catastrophe. On est bien là dans l’application du principe pollueur payeur que nous défendons.
-Le préjudice écologique né de l’atteinte à notre patrimoine naturel commun, pour la reconnaissance duquel nos collectivités locales se sont engagées dans ce procès, a été reconnu. Le tribunal a ainsi confirmé que cette atteinte a constitué un véritable handicap pour nos territoires et leurs habitants.
Ce sont ainsi près de 200 M € d’indemnisation qui ont été reconnus par le Tribunal Correctionnel, pour la réparation de l’ensemble des préjudices constatés, et au bénéfice de l’ensemble des parties civiles (Etat, collectivités locales, professionnels de la pêche et du tourisme, associations environnementales). La Région des Pays de la Loire quant à elle s’est vue reconnaître une indemnité de 4.7 M € (1.7 M € pour le préjudice matériel, et 3 M € pour l’atteinte à l’image de la région).
L’ensemble du procès de l’Erika, par la mobilisation, tout au long de son déroulement, tant des parties civiles, que des représentants de la presse, montre la sensibilité, profonde aujourd’hui, de l’ensemble de la population pour les problématiques environnementales. Je pense bien évidemment à nos populations côtières, plus particulièrement touchées et que nous avons tenté de représenter le mieux possible, et également à des populations pourtant plus éloignées de nos côtes, qui s’approprient également ces enjeux, au vu de la nombreuse presse étrangère également présente.
Là où le Grenelle de l’Environnement a consisté essentiellement à faire de la communication et de la sensibilisation - ce qui n'est déjà pas si mal pour la droite -  nous avons pour notre part contribué à l’évolution du droit dans le sens de la prise en compte de la responsabilité écologique là où l’Etat lui-même n’avait pas souhaité s’engager dans cette bataille juridique. Une civilisation d'avance ?

Commentaires

Heu vous n'avez pas un peu oublié de citer le Conseil Général de Vendée et les communes vendéennes concernées aussi comme parties civiles ?

Vous ne seriez pas un peu.......partisan et idéologue ?

Ecrit par : Jerry Khan | 18.01.2008

Les parties civiles étaient multiples dans ce procès : villes, conseils généraux, conseil régionaux, associations, etc...
La Vendée en fait partie, comme le Finistère, le Morbilhan, la Loire-Atlantique et de nombreuses villes. Les collectivités citées dans mon papier sont celles qui étaient associées avec nous : même avocat, même système de défense, justement autour du préjudice écologique, que nous avons défini comme une sorte de préjudice moral.
Il n'est donc pas question d'être partisan, seulement d'expliquer notre démarche propre. Je crois que le Conseil Général de Vendée bénéficie de nombreux moyens d'informer ses concitoyens autres que mon blog !

Ecrit par : Jacques Auxiette | 18.01.2008

Je ne suis pas sous-marin du conseil général de Vendée. Je suis juste étonné que vous n'ayez pas cité la Vendée (CG, communes), partie civile sous toutes ses formes, dans votre papier. Vous le vendéen.

Merci pour votre explication. Ceci clarifie les choses.

Ecrit par : Jerry Khan | 19.01.2008

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