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28.03.2008

"a titre personnel..."

François Fillon souhaite donc modifier le mode de scrutin des élections régionales "à titre personnel"... Est-ce-que le Premier Ministre, qui "dirige l'action du gouvernement" (art. 21 de la Constitution), gouvernement qui lui-même "détermine et conduit la politique de la Nation" et "dispose de l'administration et de la force armée" (art. 20 de la Constitution), peut avoir un avis personnel sur une réforme des institutions ?  Certainement. Est-ce-que cet avis personnel peut être autre chose qu'une position politique du gouvernement, dès lors qu'il est rendu public ? je pense que non.
La proportionelle à un tour pour les élections régionales a déjà eu cours en France. En 1998, elle a conduit à des résultats désastreux pour la démocratie. Seules deux Régions avaient des exécutifs bénéficiant de majorité absolue : Limousin à gauche, et à l'époque Pays de la Loire à droite. Jean-Pierre Soisson en Bourgogne, Jacques Blanc en Languedoc Roussillon, Charles Baur en Picardie et Charles Millon en Rhône-Alpes avaient été élus présidents grâce aux voix des conseillers régionaux du Front National.
Les Régions étaient si ingouvernables que le gouvernement de Lionel Jospin avait dû mettre en place en toute urgence un dispositif qu'on a qualifié de "49-3 régional".
Il permettait au  président du Conseil régional de faire passer son budget, à moins qu'une motion de renvoi présentée par la majorité absolue des membres du Conseil régional ne soit adoptée.
Par contre, pour toutes les actions de gestion courante, il fallait trouver des majorités de circonstance, ou plutôt faire en sorte que ne se créent pas de majorités de circonstance contre le projet. Tel élu régionaliste en Rhône Alpes, tel élu chasseur en Poitou-Charentes, devenait alors le centre de tous les intérêts, et l'objet de tous les compromis, puisque sa voix permettait de faire adopter un projet ou non. Epuisant, contre-productif, anti-démocratique.
La proportionelle à un tour, ce sont donc des régions paralysées, lieux de toutes les combinazione, où on oublie de s'occuper de l'avenir pour se préoccuper uniquement de permettre le fonctionnement quotidien.
Oui, mais pour François Fillon, la proportionelle à un tour, c'est un bon souvenir "personnel".
Quand il était président de la Région des Pays de la Loire, en gouvernant avec l'extrême droite villiériste dans son exécutif, avant que la liste de gauche que je menais ne le batte à la régulière en 2004. Et c'est l'espoir de peut-être faire obtenir à nouveau dans notre Région une majorité relative à la droite, si tant est que les positions du Mouvement pour la France sur l'immigration, sur l'intégration européenne ou encore en matière sécuritaire, pourraient ne pas effrayer certains centristes, et ne les empêchaient pas de rejoindre une coalition pour le moins hétéroclite, et que la gauche ne soit pas entièrement rassemblée en 2010. A mon sens, c'est pour cela qu'"à titre personnel" il est pour ce mode de scrutin.
Et si on arrivait en France à un équilibre des pouvoirs tel que l'exécutif national ne pourrait pas à chaque instant modifier les règles du jeu des élections, au gré des victoires et des défaites électorales ? Peut-être aurions nous là franchit un grand pas.

26.03.2008

La Chine, le Tibet, les Jeux Olympiques, la coopération, le boycott

L'Hôtel de Région acceuillait hier soir les athlètes ligériens préselectionnés pour les jeux olympiques. Il s'agit des sportifs qui ont atteint une performance de niveau mondial dans l’année précédent les jeux. Cette liste est le fruit d’une consultation croisée entre l’État, les fédérations et le CROS. L’ensemble de ces sportifs est en préparation depuis au moins 4 ans. Nous leur remettions à cette occasion une bourse "spéciale JO".
Cet évènement se déroulait après un durcissement sensible dans le week end de la répression au Tibet. Il m'a donc fallu aborder cette question d'actualité en direct devant des jeunes personnes qui avaient investi beaucoup dans cette rencontre sportive...
L’héritage ancestral des Jeux Olympiques qui appelle au respect d’une trêve dans tous les conflits du monde doit être entendu et respecté sans aucune ambiguïté. C’est pourquoi le Comité International Olympique a une responsabilité à prendre dans sa propre parole. La Chine avait été effectivement retenue par le CIO contre l’engagement de ce pays à améliorer la condition des droits de l’Homme de l’ensemble de sa population. Et j’avoue, à l’instar de nombreuses personnalités, que le silence du CIO durant ces derniers jours sème le doute et la confusion quant aux actions collectives qu’il serait envisageable de mener.
La Région des Pays de la Loire a développé une coopération avec le Shandong, coopération dans laquelle le sport, particulièrement en cette année olympique trouve toute sa place. Nos accords avec cette Région chinoise où se tiendront les épreuves de voile comportent des volets importants dans les domaines de la voile. L’engagement que nous avons pris auprès du Shandong a pour ambition de créer des échanges économiques, culturels et universitaires et donc de susciter l’ouverture. Cette coopération décentralisée est un outil qui vise à démontrer tout l’intérêt des chinois à se tourner vers l’extérieur et pour nous l’intérêt à se tourner vers la Chine.
L’histoire a démontré que ce type d’échanges entre collectivités permettait d’accélérer la modernisation, la démocratisation de certains systèmes politiques. Ainsi, avant 1989 et la chute du Mur de Berlin, pendant toute la période de la guerre froide, des collectivités locales et des associations développaient des échanges avec des pays du bloc de l’Est. Cela n’a pas desservi au moment du mouvement de démocratisation. Bien au contraire.
Si ces échanges ne doivent pas favoriser un certain silence face à des questions aussi essentielles que le respect des droits de l’Homme, il faut aussi se garder d’instrumentaliser le sport. Pourquoi exigerait-on des sportifs ce que personne ne demande aux industriels, aux consommateurs, ou plus généralement à tous ceux qui échangent avec la Chine ? Il ne doit pas y avoir d’indignation sélective, sélective suivant les secteurs d’activité et sélective suivant les zones du monde.
Ceci étant dit, et au vu des événements récents, nous avons tous conscience que l’organisation des Jeux Olympiques de 2008 par la Chine donne des obligations à ce pays. C’est pour nous l’occasion de réaffirmer l’inaliénabilité et l’universalité des Droits de l’Homme, un moment fort pour exprimer le refus de toutes formes de violence sur la planète.
Je refuse l’idée d’un boycott pur et simple qui serait contreproductif car il pénaliserait la population chinoise et les athlètes qui se préparent depuis maintenant de nombreuses années. Cependant, je partage aussi la réflexion pour qu’un geste symbolique fort interpelle l’opinion internationale sur les violences en cours. Je suis à ce titre plutôt favorable à la proposition de Reporters Sans Frontières, adressée au Président de la République et relayée par d’autres ONG d’envisager une non participation à la cérémonie d’ouverture des JO.
La France et l’Europe ne peuvent rester silencieuses, il revient aujourd’hui au Président de la République de placer la parole de la France au service de l’héritage des droits universels.

21.03.2008

Compétence partagée, compétence liée ? l’Etat, les collectivités, l’établissement de formation dans un mariage à trois

J’ai participé mercredi dernier à une table ronde à l’ESEN de Poitiers, le centre de formation des futurs cadres de l’Education nationale (gestionnaires, inspecteurs…), en présence de Bernard Dubreuil actuel Recteur de Lille et ancien Recteur de l’académie de Nantes et de Jean-Paul de Gaudemar, Recteur d’Aix-Marseille.

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Le thème sur lequel nous avions à plancher portait sur : « le partage des responsabilités et des compétences entre l’Etat et la Région ». J’ai entamé cet échange en indiquant à l’auditoire que pour bien répondre à cette problématique, une question s’imposait à nous : « à quoi servent les élus ? ». Si cette interrogation a nécessairement fait sourire, j’ai pensé en effet utile de rappeler que la légitimité démocratique portée par un élu - maire, président de département ou de région - est au moins aussi intéressante que celle d’un Recteur. Elle a un fondement à la fois juridique mais aussi législatif qui l’oblige à s’interroger sans cesse sur sa façon de conduire les projets.
Aujourd’hui, la gestion des lycées entre autres implique de facto – à l’Etat et aux collectivités - de partager une réflexion, des orientations, et les conditions de la mise en œuvre de cette compétence. Au-delà des relations parfois complexes entre certaines Régions et Académies, un objectif commun nous anime : faire fonctionner du mieux possible le service public de l’Education nationale au service des jeunes dans une logique de coproduction. C’est pourquoi, nous sommes en réalité dans une relation triangulaire – Etat, collectivités et établissements - et pour nous positionner les uns les autres, la clé réside me semble-t-il dans la définition du rôle même du lycée.
Comme j’avais eu l’occasion de l’exposer lors de mon audition devant la Commission Pochard, le lycée doit remplir trois fonctions à mon sens : premièrement, celle d’instruire des savoirs communs ; deuxièmement, celle d’éduquer ; troisièmement, celle de faire le lien entre la formation et l’emploi pour intégrer professionnellement les jeunes. L’établissement doit dès lors s’inscrire dans une véritable logique de formation tout au long de la vie, en s’ouvrant sur les différents systèmes de formation que sont l’enseignement général, l’alternance, la formation continue. A l’Etat et aux collectivités de tout faire pour accompagner ces différentes fonctions de l’établissement dans leur « mariage à trois » au travers de la contractualisation et des conventions d’objectifs, une programmation sur le long terme, dans une culture de responsabilité de chacun.
Jean-Paul de Gaudemar parle de « compétence liée », et il a tout à fait raison : plus que jamais, l’Etat ne peut pas faire sans les Régions, et l’inverse est impossible également. Les Régions, lorsqu’elles font des choix sur la construction et l’architecture des lycées, lorsqu’elles équipent en ordinateurs ou en tableaux blancs interactifs les professeurs et les lycéens, ou encore proposent des actions éducatives et citoyennes aux jeunes, influent nécessairement sur la pédagogie. Il ne s’agit pas de faire « à la place de » mais d’agir « avec et pour ». Le maître mot de la politique régionale est « ce faire ensemble » avec les jeunes, l’Etat, les parents d’élèves, le monde associatif, les organisations syndicales, les chambres consulaires, le monde du travail,… avec un objectif : s’assurer que chaque jeune détienne un véritable droit à la réussite.

20.03.2008

Préjudice écologique : le retour dans l'estuaire de la Loire


L’estuaire de la Loire vient de connaître une nouvelle pollution aux hydrocarbures (après de nombreux « micro » - accidents  trop réguliers – 6 recensés sur cette zone entre 2004 et 2007 par l’association Robin des Bois –, et bien sûr la catastrophe de l’Erika en décembre 1999). Zone tout à la fois de grande qualité écologique et de fort dynamisme économique, l’estuaire montre la difficulté récurrente à mettre en œuvre un développement soutenable qui concilie la préservation de nos ressources naturelles et la réponse aux besoins de développement de l’espèce humaine, dont j’ai coutume de dire qu’elle fait également partie de la biodiversité !
C’est encore le groupe TOTAL, et ce 3 mois après le verdict du procès Erika, qui est mis en cause dans cette pollution. Le groupe industriel a d’ailleurs (et contrairement à ce qui s’était passé pour l’Erika) reconnu dès le départ sa responsabilité dans cette pollution. Il s’agit peut-être là de l’une des 1ères conséquences du verdict prononcé dans le cadre de ce procès historique : la reconnaissance par le pollueur de sa propre responsabilité.
Cet accident pose à nouveau la question de la chaîne des responsabilités du contrôle et de la sécurité des installations industrielles d’hydrocarbures : la canalisation en cause à Donges a été considérée en bon état, alors même qu’elle a été installée en … 1972, et sans qu’on connaisse la date de son dernier contrôle ; par ailleurs, il s’est écoulé plus de 18 heures entre la survenue de l’accident et la réaction de la puissance publique, sans que les raisons de ce délai soient très claires.
Alors même qu’il s’agissait d’un élément central du procès de l’Erika, on peut s’étonner que les réflexions sur la clarification de la chaîne des responsabilités et des interventions en cas de dommage n’aient pas été entamées, et élargies à l’ensemble des installations touchant aux hydrocarbures, dont on connaît pourtant depuis longtemps les dégâts qu’ils peuvent causer à notre patrimoine naturel.
Autre élément qui renvoie aux propos que j’ai pu tenir à l’occasion du procès de l’Erika : la nécessité de réaliser des bilans réguliers de situation de nos milieux naturels, afin de pouvoir faire reconnaître, le cas échéant, la réalité des préjudices écologiques subis par nos territoires et nos populations, et ainsi de pouvoir prétendre à une indemnisation à sa juste valeur. C’est le sens de la démarche que nous lançons avec les collectivités locales avec lesquelles nous avons porté notre stratégie juridique innovante dans le procès Erika.
C’est également le sens de l’outil « réserves naturelles régionales » mis en œuvre par la Commission Environnement du Conseil Régional, sous la responsabilité de Jean-Pierre Le Scornet : le diagnostic écologique (validé par un comité consultatif composé de scientifiques) réalisé dans le cadre de la labellisation d’un territoire en réserve naturelle régionale doit ainsi permettre de disposer de cet « état zéro » et de connaître de manière préciser la qualité de notre patrimoine naturel.
Jean-Pierre a d’ailleurs rencontré aujourd’hui les associations environnementales mobilisées depuis le début de cette crise, afin de faire le point, avec elles, sur l’état de la situation, et d’étudier les modalités d’une éventuelle intervention régionale.
A plus long terme, et une fois que nous serons collectivement sortis de la gestion de la crise, le Conseil Régional poursuivra son projet de labellisation de l’estuaire de la Loire en réserve naturelle régionale, sur une zone de 3 000 hectares. Sans nier ni la réalité ni la nécessité  - bien au contraire - des activités humaines de développement économique sur le secteur de l’estuaire, il s’agit également de reconnaître la qualité particulière du patrimoine naturel présent sur ce site, qui nécessite un degré de protection spécifique.

17.03.2008

La gauche ligérienne confirmée dans les urnes

1254545262.jpgLe mouvement que je décrivais mardi dernier concernant la progression de la gauche en Pays de la Loire s'est confirmé hier soir dans les urnes. Il est intéressant de noter combien il existe une aspiration à l'existence de services publics locaux, et combien nous l'incarnons mieux que la droite. Les pourfendeurs de la dépense publique à la tête de notre pays devrait y réfléchir, à l'heure où l'on parle de suppressions de postes de fonctionnaires, y compris dans l'Education Nationale.
Je garderais une image de cette campagne : celle où j'accompagnais Jean-Marc Ayrault, Jean-Claude Boulard, Guillaume Garot et Pierre Regnault pour soutenir Jean-Claude Antonini à Angers. Les 5 maires des 5 villes-préfectures de la Région, porteurs d'une même vision claire du développement, assumant leurs valeurs communes et présentant leurs convergences : voilà qui représente bien la gauche de l'ouest, ouverte et déterminée.
Je pense à mes colistiers et mes amis qui ont perdu : Jean-Yves Grelaud, victime du bouleversement sociologique sur le littoral, qui chasse les classes moyennes loin dans les terres (et même à La Roche sur Yon : combien d'employés de commerce, de salariés des entreprises de la côte habitent dans les logements sociaux de la ville-centre !), Geneviève Pouplin, qui assumait la responsabilité de maire dans une petite commune du Maine et Loire et a subi un couperet bien difficile à vivre, et quelques autres encore. Pour beaucoup, au contraire, ce dimanche a été un moment de joie et je me joins naturellement à eux dans cette allégresse toute naturelle.
Difficile de passer sous silence les attaques inacceptables du premier ministre François Fillon pendant cette campagne, sur la gestion des Régions. Sur Europe 1 avant le premier tour, en déplacement entre les deux, il a mis en exergue un prétendu "sectarisme" des exécutifs de gauche dans les Régions qui ne financerait pas, selon lui, les projets des villes de droite. Il a pris exemple à cette occasion sur la Région qui lui a signifié son congé en 2004, les Pays de la Loire, sans toutefois citer le début d'un exemple. Je dois dire qu'il n'honore pas sa fonction en faisant cela. Depuis notre victoire voici 4 ans, j'ai honoré dans un esprit républicain tous les engagements qui avaient été pris sous sa présidence, sauf lorsqu'ils étaient manifestement irraisonnables. J'ai pourtant trouvé des territoires bien mieux traités que d'autres, et surtout, sur la base de dispositifs qui autorisaient très clairement le fait du prince. Je me sens maintenant autorisé à vous en faire part, ce que je ne manquerai pas de faire à l'occasion. Mais depuis, nous avons mis des normes en place, et les mairies sont maintenant aidés sur la bases de contrats clairs et transparents.
Effectivement, nous aidons plus les villes de gauche qu'avant. Pour deux raisons : elles étaient exclues avant nous de nombres de dispositifs, nous ne pouvions donc faire que mieux, et les critères retenus par le contrat de projet (cosigné avec l'Etat en 2007) concentrent les crédits sur la recherche ou l'enseignement supérieur, qui se trouvent le plus souvent dans les grandes villes, dirigées en Pays de la Loire par la gauche.
J'espère, après cette monumentale défaite, que le gouvernement ne compte pas passer ses nerfs sur les Régions. Autrement, nous ne manquerons pas de le faire savoir.

14.03.2008

A propos des législatives partielles en Sud Vendée

L'Article L157 du Code électoral précise que :"les déclarations de candidatures doivent être déposées, en double exemplaire, à la préfecture au plus tard à 18 heures le quatrième vendredi précédant le jour du scrutin.". Cela explique qu'aujourd'hui soit le dernier jour pour déposer une candidature à la législative partielle de la cinquième circonscription de Vendée, puisque le premier tour aura lieu le 6 avril.
Par contre, rien n'imposait de convoquer si vite les électeurs. La Loi précise qu'après invalidation, le scrutin doit avoir lieu dans les trois mois, soit avant le début mai. En effet, Joël Sarlot a été invalidé début février pour méconnaissance de la législation sur le financement en période électorale. Il s'agit donc d'un choix du ministère de l'intérieur, celui de brouiller les cartes entre législatives, municipales et cantonales.
Je ne pouvais pas accepter - même si elles m'ont honoré - les sollicitations qui m'ont été faites pour porter les couleurs de la gauche dans cette circonscription. Ma circonscription, celle qui m'a élu, ce sont les Pays de la Loire, qui comptent en tout 30 députés. Et, je l'avait dit dès le soir de la victoire de 2004, je veux être un président à plein temps. De plus, je viens d'être élu sur la liste de Pierre Régnault à La Roche sur Yon. Mes attaches sont là.
Cela n'empêche pas de ma part une attention soutenue pour ce territoire qui va de la baie de l'Aiguillon au sud du bocage en passant par le marais Poitevin. Depuis le début du mandat, la Région a beaucoup investi, comme je le rappelle dans la lettre ouverte aux habitants du sud Vendée que j'ai écrit cette semaine. Transports ferroviaires, autouroute, environnement, financement des services publics locaux : nul doute, la Région s'occupe du Sud Vendée.
Et bien sûr, la gauche a su se doter de candidats de qualité : Daniel David, qui a été réélu maire dimanche et avec qui j'ai siégé au Conseil régional de nombreuses années - je connais son sérieux, son application, et la force de ses convictions - et Mado Coirier, élue de la majorité de gauche du Conseil régional, en charge du dossier des formations sanitaires et sociales dans la commission formation. L'un est socialiste, l'autre est verte, les deux vivent dans la circonscription, sont extrèmement compétents, et s'opposent farouchement à la politique conduite par le Président de la République et le gouvernement de François Fillon.
Une campagne s'achève demain soir, où la gauche va remporter les élections municipales. Une autre commence lundi en Sud Vendée. Je serai aux côtés de Daniel David et de Mado Coirier pour donner le choix aux vendéens de se doter, comme cela a été le cas avec Pierre Métais voici quelques années, d'un député de gauche au mois d'Avril prochain.
En attendant, votez, et faites voter pour les candidats et les listes de gauches aux élections municipales et cantonales dimanche !

11.03.2008

La gauche progresse en Pays de la Loire à l'occasion de ces municipales et cantonales.

Je voudrais tout d'abord féliciter les nouveaux élus du premier tour. La fonction de maire, d'adjoint(e) ou de conseiller (ère) municipal(e) est une noble fonction, qui prend du temps sur sa vie personnelle et/ou professionnelle. Nombre d'entre nous, y compris dans des petites communes, réduisent leur temps de travail et prennent sur leur temps de loisirs pour travailler à la construction d'un collectif. Ils constituent l'ossature citoyenne de notre pays, les communes étant vraiment les cellules de base de la démocratie française.
Je pense bien entendu en premier aux membres de la majorité régionale, et aux candidats de la gauche qui ont gagné dimanche. D'autres les rejoindront dimanche prochain. Ils ont été élus sur leurs projets, mais bénéficient d'un mouvement général : la gauche gagne des voix en Pays de la Loire. Elle conforte sa place dans les villes, avec notamment le gain de Laval, où mon ami Guillaume Garot concrétise un travail initié voici une dizaine d'années. Elle se maintient dans les agglomérations, gagnant ici ou là, et notamment à La Roche sur Yon, où deux communes supplémentaires de la communauté de communes passent à gauche. Elle gagne également dans les 2° couronnes autour des villes, l'exemple de la Loire Atlantique où Blain, Vallet, Clisson ou Saint-Philbert de Grandlieu (grâce à notre collègue Monique Rabin,  vice présidente de la commission du Conseil régional que je préside) ont basculé à gauche est à ce titre éclatant.
Cela dénote, au delà du sentiment que la gauche protège en local des excès de la droite libérale, d'un fort besoin en équipements publics et en solidarités locales, aux antipodes du discours ambient sur le besoin de diminuer l'action publique. Rechercher l'efficacité oui, diminuer le service public non pourrait résumer la conviction générale des français.
J'entendais un jeune responsable du Parti Socialiste dire que d'ores et déjà l'UMP avait perdu l'ensemble des élections municipales puisqu'aucun de ses candidats ne se réclamait d'elle. C'est vrai que le "bébé Sarkozy" Christophe Béchu a mis son drapeau dans sa poche pour partir à l'assaut d'Angers la bien gérée, pour prendre un exemple au coeur de notre Région. Alors qu'il l'avait accueilli pour son premier meeting de l'élection présidentielle. Pendant ces quelques jours qui nous séparent du deuxième tour, je vais m'efforcer, avec mes collègues, de rappeler à la mémoire des électeurs les appartenances politiques des uns et des autres, et les bilans des uns et des autres. Derrière les grandes phrases et les opérations de communications il y a des actes. Aux candidats UMP de les assumer. En ce qui nous concerne, nous assumons pleinement et entièrement nos bilans locaux, au service du développement des territoires des Pays de la Loire.

07.03.2008

Dimanche, dans les urnes, donner un message à la droite et choisir des équipes compétentes

95544452.jpgDepuis mon retour du Burundi, le temps que me laisse la gestion des affaires régionales a été entièrement consacré à la campagne des municipales et des cantonales. Je me suis rendu dans de nombreuses communes de la Région (Changé en Mayenne, où j'étais par ailleurs pour parler de la PAC avec les présidents des régions de l'ouest, le Maine et Loire - Champtoceaux, Le Loroux Beconnais, Thouarcé, Saumur, Cholet - le sud Vendée hier soir et bien sûr, la Roche sur Yon, après une première série qui m'avait conduit en Sarthe, en Mayenne et dans le Nord Vendée fin janvier début février ) et ai pu mesurer le chemin parcouru par des équipes locales, prêtes à se lancer dans la gestion publique.
Certes, la gauche dans l'ouest a la chance, depuis maintenant 30 ans, de s'appuyer sur un réseau de maires qui ont modelé leurs villes et ont réussi à en faire de véritables métropoles : Nantes, bien entendu, mais aussi Angers, Le Mans, Rennes, Poitiers, Brest, etc...  ou des villes d'équilibres offrant un niveau élevé de services publics à leurs concitoyens, dont un bon exemple est, si je puis me permettre, La Roche sur Yon.
Mais aujourd'hui, forts de ces réussites, mais nourris également par l'expérience réussie de la gestion régionale, des équipes se forment et  se réclament ouvertement de leur famille d'origine, la gauche, sans sectarisme mais avec détermination. Les projets de ces candidats de gauche que j'ai pu découvrir à l'occasion de ces déplacements sont tous de très bonne facture, ils proposent de faire les choses à l'endroit : d'abord l'homme (au sens de l'humain, que l'on me pardonne ce raccourci la veille de la journée internationale de lutte des femmes), puis l'économie et l'environnement.
Si la gauche a, les dernières années nous le montrent, de grandes difficultés à organiser son propos et ses troupes dans les débats nationaux, on voit émerger en parrallèle une gauche territoriale intelligente et pragmatique capable de défendre les citoyens et de construire l'avenir dans les collectivités. Certains y verront une résurgence de la SFIO, j'y vois pour ma part un espoir de renouveau. J'ai l'impression que Ségolène Royal portait cette pratique et cette vision l'an passé. Un rendez vous manqué (manqué avec un résultat de 17 millions de voix quand même) ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à creuser dans ce sens : c'est dans notre action locale, où nous obtenons d'excellents résultats, où nous trouverons les ressorts pour répondre aux exigences nouvelles de la société.
Dimanche sera aussi l'occasion de faire passer un message à la droite : si le pays accepte les réfomes, il les veut construites avec les acteurs, et dans l'équité. Ce gouvernement trainera toujours derrière lui le boulet des 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches comme premier acte de gestion. Montrons lui tous que nous ne pouvons l'oublier. Votez, et faites voter pour les listes et les candidats de la gauche qui construit.

04.03.2008

Retour sur les rives du Lac Tanganika : le co développement par la preuve

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J’ai eu l’occasion de le dire à Bujumbura devant les journalistes burundais et français à l’occasion d’un point presse, la mission que nous y avons effectuée a été d’une qualité et d’une densité exceptionnelle. Il y a d’abord eu l’accueil par les autorités Burundaises et Françaises qui traduisait bien leur intérêt pour la démarche de coopération initiée fin 2006 qui a déjà porté de premiers fruits grâce, en premier lieu, à la capacité d’organisation du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Jean-Jacques Nyenimigabo. Il y a eu une excellente coordination des acteurs et des actions. Cette coopération est d’autant plus efficace qu’elle se développe en lien étroit et avec le soutien de l’Ambassade de France au Burundi et du Ministère Français des Affaires Etrangères.
Ce pays, que je ne connaissais pas, est dans une situation exemplaire, dans cette période intermédiaire après une longue et meurtrière guerre civile. Il connaît la stabilité politique depuis moins de trois ans et il a élu démocratiquement un président de la République. La démocratie, bien que toujours fragile, est une réalité. J’ai rencontré, notamment à l’ambassade de France, des opposants, des anciens présidents et anciens ministres qui côtoyaient des membres de l’actuel gouvernement.
La réussite de l’étape actuelle de réconciliation nationale et d’installation durable de la démocratie est capitale pour le développement de notre coopération et elle lui donne un sens extraordinaire. C’est par la lutte contre la pauvreté, le soutien au développement économique, l’amélioration des conditions de vie, d’éducation, de santé publique des populations africaines qui se débattent courageusement dans des contextes très difficiles que nous pouvons être utiles et fidèles à nos valeurs. N’oublions pas que les crises politiques naissent, pour la plupart, de la pauvreté. Le co-développement est assurément le meilleur moyen de venir en aide aux pays en voie de développement et le plus efficace pour réduire l’émigration de la misère.

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La Région des Pays de la Loire a choisi de participer à des actions à la mesure des moyens d’une région française et des compétences des acteurs de son territoire. Cette volonté de nous concentrer sur des domaines d’excellence permet aujourd’hui de constater que les choses vont vite et bien. Le co-développement nécessite, bien entendu, des moyens comme le financement de la machine à glace de Rumonge qui va permettre aux pêcheurs burundais de mieux valoriser leur travail ou le bus affecté au mouvement sportif, lequel sport joue un rôle majeur dans la réconciliation, mais surtout des actions de formation dans tous les domaines d’intervention.  Santé, environnement, économie, agro-alimentaire, sport…
La Région va détacher à Bujumbura des moyens pour coordonner et suivre localement les actions. Comme je le soulignais plus haut, cette coopération entre une région française et un Etat est une première et pour que les actions de coopération entre les différents acteurs français gagnent en efficacité, en accord avec le Ministère Français des Affaires Etrangères nous allons nous charger de la coordination des initiatives. On pourrait même envisager cette coordination au niveau européen, j’ai rencontré l’ambassadeur d’Allemagne à Bujumbura et nous avons évoqué ce sujet. Chacun, ne peut pas continuer à venir  seul, fort uniquement de ses certitudes et de sa vérité, tout le monde en convient.
Des médecins burundais qui exercent en France, près de 70, ont la volonté de « renvoyer l’ascenseur » au pays qui les a vus naître. D’ores et déjà, nous les avons assurés de notre soutien et accompagnement. Je souhaite que d’autres collectivités de la région nous rejoignent, d’autres institutions à l’image de la Chambre régionale d’agriculture, des Parcs naturels régionaux ou Comité régional olympique et sportif...  A voir l’engagement exemplaire et la qualité des femmes et des hommes de la délégation ligérienne, j’ai confiance. Elle était composée d’une trentaine de personnes qui se sont mobilisées, pour nombre d’entre eux en prenant sur leurs congés, dans cette action de solidarité au long cours  qui intervient à un moment crucial dans l’histoire de ce pays. Chacun était animé par le même souci de l’action concrète et d’apporter des réponses en adéquation avec les attentes de la population burundaise et de ses représentants.
Le Burundi a des besoins dans beaucoup de secteurs mais surtout du courage et de la volonté. Je suis rentré avec la certitude que le pays réussira dans la voie dans laquelle il s’est engagé et conforté dans le bien fondé de notre action. Tout cela donne du sens à la notion de co-développement.
Dans quelques jours, avec des représentants de chacun des groupes, sport, santé, environnement, économie, nous tiendrons une conférence de presse pour présenter le bilan de cette mission et les actions qui vont être entreprises dans les 3 ans à venir. J’aurai donc l’occasion de revenir sur les suites.

A propos de la 2° photo :  elle a été prise à l’occasion d’un déplacement du pdt burundais dans un village  à l'heure des travaux communautaires. En effet, chaque samedi, chaque burundais est invité à offrir 2h de son temps à la collectivité.

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