16.05.2008
Pollution de l’estuaire de la Loire : Mise en place d’une commission Locale d’Information
J’ai participé hier à l’installation par le Préfet de Région de la Commission Locale d’Information de l’Estuaire, qui fait suite à la pollution aux hydrocarbures survenue il y a 2 mois dans ce territoire sensible.
J’ai renouvelé mes questions sur les conditions du suivi et du contrôle de l’installation industrielle en cause dans cette pollution, non seulement de la part des responsables de l’installation, c’est-à-dire TOTAL, mais également de la part de la police des installations classées sous la responsabilité des services de l’Etat. Il me semble qu’il y a là aussi des efforts à faire pour revoir les procédures, et les moyens, mis à disposition en la matière, alors que des pollutions surviennent régulièrement dans l’estuaire de la Loire (à peu près tous les 2 ans, depuis le naufrage de l’Erika). Si le risque zéro ne peut pas exister, cela n'ôte à personne l'exigence de la recherche de progrès ! La problématique des mesures d’intervention d’urgence a notamment été évoquée lors d’un récent Conseil d’Administration du Port, auquel je siège, et des propositions ont été faites. Une mutualisation et une coordination des actions possibles des uns et des autres me paraissent nécessaires pour être le plus efficace possible en cas de dommage.
J’ai également réaffirmé la nécessité de pouvoir disposer d’un état des lieux régulier et d’une expertise de la réalité du patrimoine naturel, qui doit permettre de sortir d’une gestion purement émotionnelle d’une pollution. La réalité du dommage et de ses conséquences sur les milieux naturels doit être analysée de manière scientifique, afin d’en permettre l’indemnisation à sa juste hauteur. C’est ce qui nous a manqué à l’occasion du procès de l’Erika pour réussir à porter encore plus haut le préjudice écologique. Je crains que nous ne manquions encore d’éléments scientifiques suffisants et pertinents pour cette pollution, dans l’hypothèse où certains d’entre nous décideraient de porter la nécessaire réparation du préjudice écologique de l’estuaire devant un tribunal.
En ce qui concerne les indemnisations, j’ai demandé la plus grande transparence en la matière, alors que, le matin même, un article de presse expliquait que le montante exact des indemnités versées aux pêcheurs était tenu secret, à la demande de TOTAL. C’est pourquoi j’ai rappelé que j’avais déjà proposé la création d’un compte à la Trésorerie Générale, alimenté par TOTAL, qui permettrait ainsi à chacun d’avoir connaissance des indemnisations réalisées. Cela permettrait notamment, je pense, de tenir une comptabilité du coût global de la pollution.
J’ai enfin sollicité du Préfet de Région, et en soutien aux remarques Françoise Verchère, Vice-Présidente du Conseil Général de Loire-Atlantique qui faisait la même demande, l’association du Conseil Régional au comité d’experts constitué, par les services de l’Etat, pour la réalisation d’une étude d’évaluation de l’environnement. Il m’a semblé en effet que cette opération n’était pas uniquement de la compétence de l’Etat, et que nos collectivités locales pouvaient y avoir des choses intéressantes à dire.
Au-delà de ces éléments de fond, je me suis fait la réflexion, en sortant de cette "grand-messe", que le fonctionnement de l’Etat, dans sa représentation régionale apparaît comme une machine lourde et complexe. Près d’un tiers des participants à cette réunion étaient ainsi des représentants des services de l’Etat. Adrien Zeller, président UMP de la Région Alsace, nous disait d'ailleurs voici quelques mois que le Président de la République lui-même, lors du conseil des Ministres délocalisé à Strasbourg en septembre 2007, s'était étonné des 97 directions régionales, délégations d'organismes ou d'agences nationales. A l'heure où le gouvernement et la droite attaquent les Régions sur leurs dépenses de fonctionnement, et au regard des résultats que nous pouvons obtenir les uns et les autres, dans ce domaine, ce constat ne manque pas de sel.
15:00 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : estuaire de la loire, pollution
14.05.2008
La santé publique a besoin des Régions
C’est avec plaisir que j’ai répondu présent à l’ouverture de la journée de travail qu’organisait la Fédération Hospitalière de France dans les locaux de la Région mardi matin. Après un propos de Claude Évin (président de la FHF, et ancien conseiller régional des Pays de la Loire) faisant le tour de la question de la réforme hospitalière, je suis intervenu afin de rappeler la place des Régions dans le paysage sanitaire français.
Les difficultés récentes du CHU de Nantes par exemple nous préoccupent ainsi à plus d’un titre puisque avec 10 500 salariés, 1 900 médecins, internes et étudiants en médecine, ainsi que 8 600 agents hospitaliers, ce Centre Hospitalier est le premier employeur de la Région. C’est la Région qui par ailleurs forme la majeure partie des personnels hospitaliers. Elle y consacre plus de 25 M€ en 2008 pour plus de 6 300 élèves et étudiants.
La Région intervient également dans le financement des Maisons de Santé (500 000 € par an pendant 7 ans) qui concernent à ce jour 45 Communautés de communes sur l’ensemble du territoire régional. Son action est par ailleurs parfaitement reconnue dans le domaine de la Recherche, et particulièrement dans le cadre du financement de 3 grands équipements structurants d’ampleur européenne, voire nationale : Le Cyclotron et l’IRT à Nantes ainsi que le Plateau Biologique Hospitalier de l’IRIS à Angers.
J’ai souligné la compétence des Conseils régionaux en matière d’aménagement du territoire et insisté sur « l’exotisme des restructurations hospitalières » parfois déconnectées des réalités territoriales. Prenant l’exemple des régions de pays voisins avec lesquelles nous entretenons des coopérations décentralisées (et plus particulièrement l’Émilie-Romagne et le Schleswig-Holstein), où les Régions jouent un rôle majeur dans l'offre de santé publique, j’ai fait appel à la FHF pour qu’elle alimente notre réflexion sur le rôle que pourraient jouer les Régions dans le domaine de la Santé dans notre pays. A l'heure où les discours pleins de bonnes intentions du président de la République succèdent aux rapports d'informations sérieux mais sans moyens mis au bout, elles représentent peut-être un avenir possible pour notre système de Santé.
18:12 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fédération hospitalière de france, hôpitaux, santé publique
10.05.2008
France Champignon : tirer les leçons d’une visite
Il est parfois des crises qui ont des vertus salutaires. Celle traversait il y a encore quelques mois par l’entreprise du Saumurois France Champignon est à ce titre très instructive sur la capacité de rebond d’un des fleurons méconnus de l’industrie agroalimentaire régionale et nationale, n°1 mondial de la filière champignon.
Nécessitant en son temps une mobilisation collective avec le soutien financier conséquent de la Région, France Champignon, sous l’impulsion de son PDG et d’une équipe motivée et pleine d’ambition, semble maintenant remis sur de bons rails. La collectivité régionale, chef de file du développement économique sur le territoire, avait répondu présente et peut aujourd’hui y voir des signes de satisfaction quant aux résultats de son accompagnement.
Au cours de ma visite du site de la Tourte à Longué-Jumelles, j’ai pu ainsi constater que les perspectives sont désormais plus optimistes et le groupe souhaite maintenant franchir de nouvelles étapes dans la politique de redressement de l’entreprise. Il s’agit bien évidemment de l’innovation-recherche, de la mise en place de nouveaux process industriels ou bien encore de la conquête de nouveaux marchés notamment à l’étranger. France Champignon s’inscrit aujourd’hui dans ce mouvement et cela est satisfaisant pour l’économie et l’emploi régional, mais aussi pour le Saumurois. En mobilisant ses dispositifs d’accompagnement des entreprises, la Région sera assurément aux côtés de cet acteur majeur pour maintenir la tradition du champignon en Pays de la Loire.
Ce cas d’école renforce, dans un contexte où mondialisation rime parfois avec délocalisation, ma réflexion sur les actions de terrain qui permettent d’assurer un plus fort ancrage et une relocalisation des activités. Trop nombreux sont en effet les entreprises, les centres de recherche et développement, les établissements de formation, qui sur un même territoire, ignorent leur capacité à créer ensemble de la valeur ajoutée en agrégeant leurs compétences ou en échangeant leur savoir-faire.
Après le lancement de la dynamique de filières et ses différents succès (création du Technocampus Emc²), je vois un intérêt à décliner sur les territoires la création de sorte « pôles de compétences », de « mini-Technocampus » qui mettraient en réseau sur un même territoire différents acteurs pour créer des synergies d’actions, au service de petites structures (micro entreprises, artisanat…) et renforcer ainsi l’emploi et la compétitivité sur les territoires.
Voilà quelques réflexions et pistes qu’il me semble important d’approfondir pour préparer l’avenir et c’est dans cette perspective volontariste que s’inscrit résolument la Région. A l’heure où le Gouvernement par son inaction criante met en danger la pérennité de la construction navale (voir la note d'hier), notre détermination à défendre et développer l’outil économique régional n’en est que plus renforcée.
08:50 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france champignon, économie, mondialisation
09.05.2008
La fin d'une politique industrielle nationale
L'anniversaire des un an de pouvoir du Président de la République coïncident en Pays de la Loire avec deux évènements industriels particulièrement importants. Les chantiers navals Aker à Saint-Nazaire vont être vendu à des investisseurs coréens, ce qui nous fait craindre des transferts de technologie, et Airbus ne se dépêtre pas de sa situation. Le plan Power 8, qui fait suite à des difficultés dans la chaine de montage de l'A380, souffre d'un manque de capacité de capitalisation de l'industrie aéronautique. Dans les deux cas, il ne s'agit pas d'activités industrielles finissantes. Au contraire, les débouchés sont importants et les projets puissants : il s'agit bien là de deux fleurons de notre industrie nationale.
Alors pourquoi ces turbulences ? Pour une raison simple : la France n'a aucune politique industrielle. Est- ce pour des raisons idéologiques, au nom du libéralisme pur et dur ? Il est difficile de se baser sur les déclarations présidentielles pour le dire. Certaines confortent ce point de vue, d'autres, au moins aussi nombreuses, clament au contraire un volontarisme qu'on est bien en peine de mesurer dans les actes. Une conséquence du double discours, là comme ailleurs, est que personne ne sait à quoi se raccrocher.
Mon sentiment est qu'on peut parler tout simplement d'impuissance gouvernementale. Le pouvoir, face aux enjeux industriels et aux transferts internationaux de capitaux, ressemble à un lapin aveuglé au milieu de la route par des phares qui viennent à grande vitesse vers lui. Pour Aker, des solution existent pourtant : que le gouvernement mette en application le décret de 2005 qui permet à l’Etat de conserver le contrôle des activités stratégiques, il en a pleinement la possibilité. Pour Airbus également : il faut mobiliser des fonds importants pouraider aux mutations.
Depuis plusieurs mois, je cherche des interlocuteurs pour imaginer de nouvelles solutions, autour de cette question du financement. Mobiliser l'emprunt populaire, imaginer de nouveux mécanismes, créer des établissements spécifiques, il existe certainement des solutions. La Région a commandé une étude sur cette question des nouveaux besoins de capitalisation industrielle. Une chose est sûre : nous ne pouvons pas laisser des industries de pointe se déliter en sachant les conséquences sociales, mais également stratégiques, qui sont au bout d'un tel processus. Depuis 2004, j'ai découvert les formidable savoir-faire, l'envie d'innover, les capacités à travailler ensemble des industriels régionaux. La Région les accompagne dans leurs projets, notamment au coeur des pôles de compétitivité. Cette intelligence doit perdurer.
J'ai lu que François Fillon annonçait, en bilan anniversaire, que la moitié des promesses de Nicolas Sarkozy étaient en cours de réalisation. Il y en avait 550 (et non 490 comme l'indique le premier ministre), cela mérite certainement qu'on s'y intéresse un peu. Une chose est sûre en tout cas, dans le premier chapitre du programme de l'UMP, "protéger et agir dans la mondialisation", une n'est pas tenue : "Développer, notamment avec l’Allemagne, une politique industrielle volontariste."
22:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : airbus, aker, nicolas sarkozy
06.05.2008
La première pierre du Lycée Tabarly est posée
Lundi 5 mai, çà y est : la 1° pierre du futur nouveau Lycée Tabarly, en Pays des Olonnes, est enfin posée.
J’éprouve, en écrivant cas quelques mots, une énorme satisfaction d’avoir vu ce dossier sortir de terre.
Ce lycée professionnel « de la réussite » est avant tout une prouesse technologique. Vaisseau amiral de l’éducation, ce lycée sera entièrement réalisé selon les normes de Haute Qualité Environnementale.
Mais il est aussi, bien sûr, un lycée avec un projet éducatif particulièrement ouvert sur le monde extérieur, de nouvelles formations adaptées au tissu économique régional. Questions formations, du CAP au Bac pro, il y sera question de plasturgie et de matériaux composites, ainsi que des formations liées au nautisme. cela s’imposait sur ce territoire !
Ajoutez à cela un BEP bois et matériaux ainsi qu’un BTS en Techniques de commercialisation.
J’ai même proposé que l’on y crée une formation en matière d’énergie renouvelable, notamment éolienne. Çà a du sens, non ?
Il est enfin un lycée « nouvelle génération » qui s’inscrit dans notre volonté d’accueillir des adultes dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Enfin, il permettra également l’accueil d’apprentis, de saisonniers, de stages grâce à son internat et sa restauration ouverts en dehors des périodes scolaires.
Vous l’aurez compris, c’est bien d’un lycée « nouvelle génération », innovant et résolument moderne que nous venons, aux côtés des élus locaux et régionaux,en compagnie du Recteur de l’académie, de mettre sur les rails, pour une ouverture en septembre 2009.
Cette 1° pierre là, sous un soleil rayonnant, était particulièrement agréable à poser. Et je peux vous affirmer que tous les participants arboraient le même sourire de satisfaction.
19:55 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lycées, éducation





