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23.06.2008
Quelques réflexions à propos du développement durable
A quelques jours de voter notre Schéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable, et alors qu'il prend une place de plus en plus importante dans l'action régionale - mais aussi du fait de l'augmentation du coût des énergies fossiles, dans l'eprit de tout le monde - je vais ici prendre le temps de m'arrêter quelques instants sur la question du développement durable, et sur les reponsabilités qui sont les nôtres, chacun à notre place. En m'appuyant sur notre actualité : j’ai participé jeudi dernier à une réunion concernant l’élaboration du PREDD (Plan Régional d’Elimination des Déchets Dangereux), désormais dévolue aux Conseils Régionaux en lieu et place des services de l’Etat. Nous avons associé à l’élaboration de ce PREDD l’ensemble des acteurs concernés par la problématique des déchets, en faisant le choix d’élargir notre réflexion au-delà de la seule catégorie de déchets qui nous concernent.
Il me semble en effet que l’échelon régional est le bon échelon territorial pour avoir une vision d’ensemble de cette thématique, qu’il ne faut pas, à mon sens, se contenter d’appréhender à une échelle localo-locale. J’en ai fait l’expérience dans une vie antérieure, et j’y ai constaté les limites que cela peut apporter et les contradictions que cela entraîne entre un discours qui peut être « noble » à une échelle territoriale et les conséquences qu’il peut entraîne plus largement, dont on se rend compte qu’elles peuvent être contraires aux objectifs poursuivis par le discours tenu. Je veux parler ici du syndrome NIMBY (« pas dans mon jardin »), qu’on peut tout à fait comprendre lorsqu’il émane de personnes « individuelles », beaucoup moins lorsqu’il émane de personnes en situation de gestion politique de dossiers qui méritent que l’intérêt général ne soit pas oublié, alors qu’il peut parfois dépasser les strictes limites administratives du territoire dont on a la responsabilité. J’ai coutume de dire que les territoires administratifs ne sont que des outils, dont on peut, parfois, s’affranchir pour répondre aux objectifs politiques fixés.
Cela me renvoie aux éléments de réflexion que j’ai tenus la semaine dernière, devant des responsables d’entreprises, à l’occasion du colloque du Mouvement Français pour la Qualité et le Management qui se tenait, au Conseil Régional, sur le thème du développement durable. J’y ai développé l’idée que le cœur du développement durable tient dans la responsabilité des acteurs, quels qu’ils soient, dans la gestion de leurs actions. Pour moi, le développement durable c’est, principalement, la nécessité de tenir compte des conséquences de ses actes.
Un acteur industriel ne peut pas s’abstenir de s’interroger sur les conséquences de son activité sur son environnement (qu’il soit humain ou naturel). C’est l’idée que nous avons voulu faire passer, avec mes collègues Ségolène Royal et Jean-Yves Le Drian, l’année dernière, lors du procès Erika, en portant l’enjeu de la reconnaissance du préjudice écologique devant les juges. Il est, dans ce cadre, de la responsabilité des collectivités locales d’accompagner les acteurs pour apporter les meilleurs réponses possibles.
Il ne s’agit pas d’éliminer des activités, notamment industrielles, il s’agit de promouvoir l’exigence de la compatibilité de ces activités avec la préservation des milieux naturels dans lesquels elles s’exercent ou qu’elles utilisent. Je prends souvent l’exemple de l’estuaire de la Loire, qui est à la fois le cœur économique de la région, et son poumon environnemental. Il n’est bien évidemment pas question d’y éliminer les activités industriels, de pointe pour beaucoup d’entre elles, qui s’y trouvent ; par contre, il n’est pas question non plus que ces activités portent atteinte à ce patrimoine naturel exceptionnel, reconnu d’importance internationale.
Une collectivité locale ne peut pas s’abstenir de s’interroger sur les conséquences de ses actions, notamment en ce qui concerne l’intégration d’une vision à long terme de ces conséquences, notamment pour les bénéficiaires de nos politiques. Je parle régulièrement de l’internalisation des coûts externes : nous devons, notamment, intégrer la dimension des coûts de fonctionnement des équipements dont nous accompagnons l’investissement. A titre d’exemple, l’installation du chauffage électrique coûte moins cher, dans la construction de logements, notamment sociaux, que l’installation d’autres énergies de chauffage ; par contre, son utilisation est plus chère pour ceux qui vont l’utiliser. Au-delà de la problématique environnementale posée par ce choix, on voit bien qu’en raisonnant à court terme, on perd le sens des objectifs de l’action publique, et qu’on ne répond pas aux attentes de nos concitoyens.
Je pourrais continuer longtemps sur ce thème du développement durable, qui me tient à cœur depuis longtemps. Au-delà du contenu de ce concept, je crois beaucoup au rôle des pouvoirs locaux pour en faciliter la mise en œuvre, dont l’objectif principal est bien la réduction des inégalités. En ce sens, la démocratie participative qui accompagne l’action des collectivités locales, présentée comme une composante indispensable d’une démarche de développement durable, trouve effectivement sa raison d’être, car elle respecte les citoyens. C’est bien le sens de l’action régionale que j’essaie d’impulser au quotidien, pour une région juste, attentive, et tournée vers l’avenir.
20:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : développement durable, mfqm, predd, erika




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