16.05.2008
Pollution de l’estuaire de la Loire : Mise en place d’une commission Locale d’Information
J’ai participé hier à l’installation par le Préfet de Région de la Commission Locale d’Information de l’Estuaire, qui fait suite à la pollution aux hydrocarbures survenue il y a 2 mois dans ce territoire sensible.
J’ai renouvelé mes questions sur les conditions du suivi et du contrôle de l’installation industrielle en cause dans cette pollution, non seulement de la part des responsables de l’installation, c’est-à-dire TOTAL, mais également de la part de la police des installations classées sous la responsabilité des services de l’Etat. Il me semble qu’il y a là aussi des efforts à faire pour revoir les procédures, et les moyens, mis à disposition en la matière, alors que des pollutions surviennent régulièrement dans l’estuaire de la Loire (à peu près tous les 2 ans, depuis le naufrage de l’Erika). Si le risque zéro ne peut pas exister, cela n'ôte à personne l'exigence de la recherche de progrès ! La problématique des mesures d’intervention d’urgence a notamment été évoquée lors d’un récent Conseil d’Administration du Port, auquel je siège, et des propositions ont été faites. Une mutualisation et une coordination des actions possibles des uns et des autres me paraissent nécessaires pour être le plus efficace possible en cas de dommage.
J’ai également réaffirmé la nécessité de pouvoir disposer d’un état des lieux régulier et d’une expertise de la réalité du patrimoine naturel, qui doit permettre de sortir d’une gestion purement émotionnelle d’une pollution. La réalité du dommage et de ses conséquences sur les milieux naturels doit être analysée de manière scientifique, afin d’en permettre l’indemnisation à sa juste hauteur. C’est ce qui nous a manqué à l’occasion du procès de l’Erika pour réussir à porter encore plus haut le préjudice écologique. Je crains que nous ne manquions encore d’éléments scientifiques suffisants et pertinents pour cette pollution, dans l’hypothèse où certains d’entre nous décideraient de porter la nécessaire réparation du préjudice écologique de l’estuaire devant un tribunal.
En ce qui concerne les indemnisations, j’ai demandé la plus grande transparence en la matière, alors que, le matin même, un article de presse expliquait que le montante exact des indemnités versées aux pêcheurs était tenu secret, à la demande de TOTAL. C’est pourquoi j’ai rappelé que j’avais déjà proposé la création d’un compte à la Trésorerie Générale, alimenté par TOTAL, qui permettrait ainsi à chacun d’avoir connaissance des indemnisations réalisées. Cela permettrait notamment, je pense, de tenir une comptabilité du coût global de la pollution.
J’ai enfin sollicité du Préfet de Région, et en soutien aux remarques Françoise Verchère, Vice-Présidente du Conseil Général de Loire-Atlantique qui faisait la même demande, l’association du Conseil Régional au comité d’experts constitué, par les services de l’Etat, pour la réalisation d’une étude d’évaluation de l’environnement. Il m’a semblé en effet que cette opération n’était pas uniquement de la compétence de l’Etat, et que nos collectivités locales pouvaient y avoir des choses intéressantes à dire.
Au-delà de ces éléments de fond, je me suis fait la réflexion, en sortant de cette "grand-messe", que le fonctionnement de l’Etat, dans sa représentation régionale apparaît comme une machine lourde et complexe. Près d’un tiers des participants à cette réunion étaient ainsi des représentants des services de l’Etat. Adrien Zeller, président UMP de la Région Alsace, nous disait d'ailleurs voici quelques mois que le Président de la République lui-même, lors du conseil des Ministres délocalisé à Strasbourg en septembre 2007, s'était étonné des 97 directions régionales, délégations d'organismes ou d'agences nationales. A l'heure où le gouvernement et la droite attaquent les Régions sur leurs dépenses de fonctionnement, et au regard des résultats que nous pouvons obtenir les uns et les autres, dans ce domaine, ce constat ne manque pas de sel.
15:00 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : estuaire de la loire, pollution
14.05.2008
La santé publique a besoin des Régions
C’est avec plaisir que j’ai répondu présent à l’ouverture de la journée de travail qu’organisait la Fédération Hospitalière de France dans les locaux de la Région mardi matin. Après un propos de Claude Évin (président de la FHF, et ancien conseiller régional des Pays de la Loire) faisant le tour de la question de la réforme hospitalière, je suis intervenu afin de rappeler la place des Régions dans le paysage sanitaire français.
Les difficultés récentes du CHU de Nantes par exemple nous préoccupent ainsi à plus d’un titre puisque avec 10 500 salariés, 1 900 médecins, internes et étudiants en médecine, ainsi que 8 600 agents hospitaliers, ce Centre Hospitalier est le premier employeur de la Région. C’est la Région qui par ailleurs forme la majeure partie des personnels hospitaliers. Elle y consacre plus de 25 M€ en 2008 pour plus de 6 300 élèves et étudiants.
La Région intervient également dans le financement des Maisons de Santé (500 000 € par an pendant 7 ans) qui concernent à ce jour 45 Communautés de communes sur l’ensemble du territoire régional. Son action est par ailleurs parfaitement reconnue dans le domaine de la Recherche, et particulièrement dans le cadre du financement de 3 grands équipements structurants d’ampleur européenne, voire nationale : Le Cyclotron et l’IRT à Nantes ainsi que le Plateau Biologique Hospitalier de l’IRIS à Angers.
J’ai souligné la compétence des Conseils régionaux en matière d’aménagement du territoire et insisté sur « l’exotisme des restructurations hospitalières » parfois déconnectées des réalités territoriales. Prenant l’exemple des régions de pays voisins avec lesquelles nous entretenons des coopérations décentralisées (et plus particulièrement l’Émilie-Romagne et le Schleswig-Holstein), où les Régions jouent un rôle majeur dans l'offre de santé publique, j’ai fait appel à la FHF pour qu’elle alimente notre réflexion sur le rôle que pourraient jouer les Régions dans le domaine de la Santé dans notre pays. A l'heure où les discours pleins de bonnes intentions du président de la République succèdent aux rapports d'informations sérieux mais sans moyens mis au bout, elles représentent peut-être un avenir possible pour notre système de Santé.
18:12 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fédération hospitalière de france, hôpitaux, santé publique
10.05.2008
France Champignon : tirer les leçons d’une visite
Il est parfois des crises qui ont des vertus salutaires. Celle traversait il y a encore quelques mois par l’entreprise du Saumurois France Champignon est à ce titre très instructive sur la capacité de rebond d’un des fleurons méconnus de l’industrie agroalimentaire régionale et nationale, n°1 mondial de la filière champignon.
Nécessitant en son temps une mobilisation collective avec le soutien financier conséquent de la Région, France Champignon, sous l’impulsion de son PDG et d’une équipe motivée et pleine d’ambition, semble maintenant remis sur de bons rails. La collectivité régionale, chef de file du développement économique sur le territoire, avait répondu présente et peut aujourd’hui y voir des signes de satisfaction quant aux résultats de son accompagnement.
Au cours de ma visite du site de la Tourte à Longué-Jumelles, j’ai pu ainsi constater que les perspectives sont désormais plus optimistes et le groupe souhaite maintenant franchir de nouvelles étapes dans la politique de redressement de l’entreprise. Il s’agit bien évidemment de l’innovation-recherche, de la mise en place de nouveaux process industriels ou bien encore de la conquête de nouveaux marchés notamment à l’étranger. France Champignon s’inscrit aujourd’hui dans ce mouvement et cela est satisfaisant pour l’économie et l’emploi régional, mais aussi pour le Saumurois. En mobilisant ses dispositifs d’accompagnement des entreprises, la Région sera assurément aux côtés de cet acteur majeur pour maintenir la tradition du champignon en Pays de la Loire.
Ce cas d’école renforce, dans un contexte où mondialisation rime parfois avec délocalisation, ma réflexion sur les actions de terrain qui permettent d’assurer un plus fort ancrage et une relocalisation des activités. Trop nombreux sont en effet les entreprises, les centres de recherche et développement, les établissements de formation, qui sur un même territoire, ignorent leur capacité à créer ensemble de la valeur ajoutée en agrégeant leurs compétences ou en échangeant leur savoir-faire.
Après le lancement de la dynamique de filières et ses différents succès (création du Technocampus Emc²), je vois un intérêt à décliner sur les territoires la création de sorte « pôles de compétences », de « mini-Technocampus » qui mettraient en réseau sur un même territoire différents acteurs pour créer des synergies d’actions, au service de petites structures (micro entreprises, artisanat…) et renforcer ainsi l’emploi et la compétitivité sur les territoires.
Voilà quelques réflexions et pistes qu’il me semble important d’approfondir pour préparer l’avenir et c’est dans cette perspective volontariste que s’inscrit résolument la Région. A l’heure où le Gouvernement par son inaction criante met en danger la pérennité de la construction navale (voir la note d'hier), notre détermination à défendre et développer l’outil économique régional n’en est que plus renforcée.
08:50 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france champignon, économie, mondialisation
06.05.2008
La première pierre du Lycée Tabarly est posée
Lundi 5 mai, çà y est : la 1° pierre du futur nouveau Lycée Tabarly, en Pays des Olonnes, est enfin posée.
J’éprouve, en écrivant cas quelques mots, une énorme satisfaction d’avoir vu ce dossier sortir de terre.
Ce lycée professionnel « de la réussite » est avant tout une prouesse technologique. Vaisseau amiral de l’éducation, ce lycée sera entièrement réalisé selon les normes de Haute Qualité Environnementale.
Mais il est aussi, bien sûr, un lycée avec un projet éducatif particulièrement ouvert sur le monde extérieur, de nouvelles formations adaptées au tissu économique régional. Questions formations, du CAP au Bac pro, il y sera question de plasturgie et de matériaux composites, ainsi que des formations liées au nautisme. cela s’imposait sur ce territoire !
Ajoutez à cela un BEP bois et matériaux ainsi qu’un BTS en Techniques de commercialisation.
J’ai même proposé que l’on y crée une formation en matière d’énergie renouvelable, notamment éolienne. Çà a du sens, non ?
Il est enfin un lycée « nouvelle génération » qui s’inscrit dans notre volonté d’accueillir des adultes dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Enfin, il permettra également l’accueil d’apprentis, de saisonniers, de stages grâce à son internat et sa restauration ouverts en dehors des périodes scolaires.
Vous l’aurez compris, c’est bien d’un lycée « nouvelle génération », innovant et résolument moderne que nous venons, aux côtés des élus locaux et régionaux,en compagnie du Recteur de l’académie, de mettre sur les rails, pour une ouverture en septembre 2009.
Cette 1° pierre là, sous un soleil rayonnant, était particulièrement agréable à poser. Et je peux vous affirmer que tous les participants arboraient le même sourire de satisfaction.
19:55 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lycées, éducation
30.04.2008
Avis de tempête sur les finances publiques
Après deux semaines de repos, entrecoupées en ce qui me concerne de quelques moments passés à la Région, nous voici devant un deuxième trimestre "ramassé" où l'activité régionale ne va pas mollir. A la fin du mois de juin, l'assemblée régionale se réunira pour voter son budget supplémentaire et la version définitive de son schéma régional d'aménagement et de développement durable du territoire. Nous examinerons également la nouvelle convention qui nous liera bientôt à la SNCF pour la gestion des trains régionaux. Enfin, nous aurons un premier bilan d'exécution du contrat de projet.
Lundi, à l'invitation du CESR, Philippe Valletoux, Vice-Président de Dexia Crédit Local et auteur d'un rapport sur les finances locales était dans nos murs pour plancher sur cette question du budget des collectivités locales. Retenu par un conseil d'administration de notre Société d'Econimie Mixte Promotion et Innovation, je n'ai pas pu assister à sa conférence, mais je l'ai croisé quelques instants auparavant et ai pris connaissance depuis de sa présentation. Son exposé donnait une image intéressante de la question de l'endettement des collectivités locales, par exemple.
Le contraste entre l'analyse de Philippe Valletoux et ce que l'Etat a pu produire en préparation de la Conférence Nationale des Exécutifs annulée au dernier moment est saisissant. Le travail mené en ce moment au sein du gouvernement, la fameuse RGPP (Revue Générale des politiques Publiques, ou faudrait il dire Régression Générale des Politiques Publiques), qui cherche à faire des économies, ce qui est bien, quitte à démanteler le service public, ce qui n'est pas acceptable, a trouvé un coupable tout trouvé : les collectivités.
De fait, depuis les municipales, le gouvernement fâche de moins en moins de personnes dans son camp lorsqu'il ponctionne les collectivités : les villes, les agglomérations, les Départements, les Régions sont le plus souvent dirigées par la gauche. Elles font donc des bouc-emissaires tout désignés. Les dépenses publiques seraient de notre fait. Le diagramme présenté ici, issue de la présentation de Philippe Valletoux, démontre le contraire. Les collectivités sont pourtant sommés d'assumer la promesse de campagne de Nicolas Sarkozy de limiter la dépense publique, tout en étant l'objet de transferts multiples et variés, et le plus souvent non compensés.
Dans les documents préparatoires à la CNE qui n'a pas eu lieu, je vois poindre une attaque en règle du FCTVA, ce qui serait un mauvais coup non seulement pour les collectivités, mais surtout pour l'investissement public. Lorsque les collectivités investissent - une route, une école, une université - elle verse la TVA, qui leur est peu ou prou remboursée plusieurs mois après par le FCTVA. De plus en plus, les collectivités prennent la main sur des infrastructures que devrait financer l'Etat. Par conséquent le FCTVA augmente naturellement, là où l'Etat n'aurait pas eu à se le reverser s'il en avait gardé la maitrise d'ouvrage... Sa diminution, voir sa disparition, rendra plus difficile l'émergence de projets. Une nouvelle illustration de la France d'après l'élection de Nicolas Sarkozy.
15:13 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finances locales, rapport valletoux, conférence nationale des exécutifs
10.04.2008
Les droits des femmes à l'affiche
J’ai signé aujourd’hui la charte européenne pour l’égalité des Hommes et des Femmes dans la vie locale devant les représentants des associations et des collectivités qui mènent des actions en ce sens.

A la suite de cette Charte, un plan d’action va être défini pour engager un peu plus encore le conseil régional des Pays de La Loire à mettre l’égalité des femmes et des hommes au cœur de ses politiques publiques. Devant cette assemblée, j’ai pris l’exemple de ce que nous faisons dans le cadre de la formation professionnelle en faveur des familles monoparentales. A la session de juin je proposerai au conseil régional de voter un peu plus de 300 000 Euros pour des actions de formation qui concerne plus particulièrement les parents isolés afin de les aider à trouver plus facilement un emploi.
Une application de cette charte est réalisée dans les politiques menée par le Conseil régional mais pas seulement. En tant qu’employeur de la 5ème collectivité de France, je me dois d’être exemplaire sur la question de l’égalité entre les sexes et de faciliter la vie quotidienne des femmes et des hommes qui travaillent à la Région. Un peu plus de 69% des agents sont des femmes. Cette situation combinée à celle d’une parité rigoureusement respectée au sein du Conseil régional nous a conduits à construire une crèche, « Le Petit Prince », qui ouvrira ses portes le 28 avril prochain, et qui accueillera les enfants du personnel ainsi que ceux du quartier. J’aurai l’occasion de vous en reparler
Au cours de mon intervention j’ai également signifié ma plus grande inquiétude quant à la montée des mouvements anti-IVG en France et dans le monde. L’offensive est bien présente, et la reconnaissance, très récemment, du droit à l’inscription sur le Carnet de famille des enfants morts nés, ou décédés avant terme constitue par exemple une menace potentielle pour les droits des femmes à avorter.
C’est le signe qu’en démocratie, rien n’est jamais acquis, et que ce qui semble aller de soi aujourd’hui peut être remis en cause à tout moment. Il reste du chemin à parcourir et j’ai tenu à prendre ma part de responsabilité pour continuer de faire évoluer le droit des femmes et l’égalité entre les femmes et les hommes en signant cette charte européenne.
20:25 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : égalité femme-homme, conseil régional, droit des femmes
04.03.2008
Retour sur les rives du Lac Tanganika : le co développement par la preuve
J’ai eu l’occasion de le dire à Bujumbura devant les journalistes burundais et français à l’occasion d’un point presse, la mission que nous y avons effectuée a été d’une qualité et d’une densité exceptionnelle. Il y a d’abord eu l’accueil par les autorités Burundaises et Françaises qui traduisait bien leur intérêt pour la démarche de coopération initiée fin 2006 qui a déjà porté de premiers fruits grâce, en premier lieu, à la capacité d’organisation du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Jean-Jacques Nyenimigabo. Il y a eu une excellente coordination des acteurs et des actions. Cette coopération est d’autant plus efficace qu’elle se développe en lien étroit et avec le soutien de l’Ambassade de France au Burundi et du Ministère Français des Affaires Etrangères.
Ce pays, que je ne connaissais pas, est dans une situation exemplaire, dans cette période intermédiaire après une longue et meurtrière guerre civile. Il connaît la stabilité politique depuis moins de trois ans et il a élu démocratiquement un président de la République. La démocratie, bien que toujours fragile, est une réalité. J’ai rencontré, notamment à l’ambassade de France, des opposants, des anciens présidents et anciens ministres qui côtoyaient des membres de l’actuel gouvernement.
La réussite de l’étape actuelle de réconciliation nationale et d’installation durable de la démocratie est capitale pour le développement de notre coopération et elle lui donne un sens extraordinaire. C’est par la lutte contre la pauvreté, le soutien au développement économique, l’amélioration des conditions de vie, d’éducation, de santé publique des populations africaines qui se débattent courageusement dans des contextes très difficiles que nous pouvons être utiles et fidèles à nos valeurs. N’oublions pas que les crises politiques naissent, pour la plupart, de la pauvreté. Le co-développement est assurément le meilleur moyen de venir en aide aux pays en voie de développement et le plus efficace pour réduire l’émigration de la misère.
La Région des Pays de la Loire a choisi de participer à des actions à la mesure des moyens d’une région française et des compétences des acteurs de son territoire. Cette volonté de nous concentrer sur des domaines d’excellence permet aujourd’hui de constater que les choses vont vite et bien. Le co-développement nécessite, bien entendu, des moyens comme le financement de la machine à glace de Rumonge qui va permettre aux pêcheurs burundais de mieux valoriser leur travail ou le bus affecté au mouvement sportif, lequel sport joue un rôle majeur dans la réconciliation, mais surtout des actions de formation dans tous les domaines d’intervention. Santé, environnement, économie, agro-alimentaire, sport…
La Région va détacher à Bujumbura des moyens pour coordonner et suivre localement les actions. Comme je le soulignais plus haut, cette coopération entre une région française et un Etat est une première et pour que les actions de coopération entre les différents acteurs français gagnent en efficacité, en accord avec le Ministère Français des Affaires Etrangères nous allons nous charger de la coordination des initiatives. On pourrait même envisager cette coordination au niveau européen, j’ai rencontré l’ambassadeur d’Allemagne à Bujumbura et nous avons évoqué ce sujet. Chacun, ne peut pas continuer à venir seul, fort uniquement de ses certitudes et de sa vérité, tout le monde en convient.
Des médecins burundais qui exercent en France, près de 70, ont la volonté de « renvoyer l’ascenseur » au pays qui les a vus naître. D’ores et déjà, nous les avons assurés de notre soutien et accompagnement. Je souhaite que d’autres collectivités de la région nous rejoignent, d’autres institutions à l’image de la Chambre régionale d’agriculture, des Parcs naturels régionaux ou Comité régional olympique et sportif... A voir l’engagement exemplaire et la qualité des femmes et des hommes de la délégation ligérienne, j’ai confiance. Elle était composée d’une trentaine de personnes qui se sont mobilisées, pour nombre d’entre eux en prenant sur leurs congés, dans cette action de solidarité au long cours qui intervient à un moment crucial dans l’histoire de ce pays. Chacun était animé par le même souci de l’action concrète et d’apporter des réponses en adéquation avec les attentes de la population burundaise et de ses représentants.
Le Burundi a des besoins dans beaucoup de secteurs mais surtout du courage et de la volonté. Je suis rentré avec la certitude que le pays réussira dans la voie dans laquelle il s’est engagé et conforté dans le bien fondé de notre action. Tout cela donne du sens à la notion de co-développement.
Dans quelques jours, avec des représentants de chacun des groupes, sport, santé, environnement, économie, nous tiendrons une conférence de presse pour présenter le bilan de cette mission et les actions qui vont être entreprises dans les 3 ans à venir. J’aurai donc l’occasion de revenir sur les suites.
A propos de la 2° photo : elle a été prise à l’occasion d’un déplacement du pdt burundais dans un village à l'heure des travaux communautaires. En effet, chaque samedi, chaque burundais est invité à offrir 2h de son temps à la collectivité.
17:18 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pays de la loire, burundi, codéveloppement
29.02.2008
Une politique alimentaire commune ?
Quelques heures seulement après mon retour du Burundi, pays en pleine reconstruction et confronté aux défis de l’après-guerre, c’est sur la question de la Politique Agricole Commune et de son avenir qu’il m’a été donné l’occasion de réfléchir, d’échanger et de proposer.
Le contexte du Salon International de l’Agriculture était une occasion pour les régions et notamment les Régions de l’ouest de la France de présenter leur vision d’avenir de la PAC et du rôle des Régions, et de s’exprimer notamment sur l’urgence à définir et construire une Politique Alimentaire européenne capable de répondre aux défis démographiques, économiques, environnementaux et européens de demain.
Ces questions fondamentales, mais souvent présentées de façon complexes, s'expliquent facilement en quelques chiffres : sur les 52 milliards d’euros consacrés à la politique communautaire agricole, la France reçoit 10 milliards d’euros d’aides européennes, soit 20 % de l’enveloppe globale et on chiffre autour de 720 millions d’euros les sommes versées pour notre territoire ; pour sa part, l’Etat attribue un peu plus de 60 millions d’euros aux agriculteurs ligériens tandis que le budget régional pour l’agriculture dépasse juste les 20 millions d’euros.
720 millions, 60, 20. C’est dire le rôle et le poids de l’Europe dans le développement d’un secteur agroalimentaire qui doit nourrir la population et s’assurer de productions suffisantes et de qualité. Aussi, avec nos collègues des Régions Basse-Normandie, Bretagne et Poitou-Charentes, nous avons tenté d’analyser la situation de la PAC et de formuler des propositions qui tendent à l’affirmation forte du développement d’une Politique Alimentaire Commune où souveraineté et indépendance alimentaire seraient le socle d’une nouvelle politique régalienne « à l’échelle européenne », au même titre que ce que l’on connaît en France pour la justice ou la défense.

Cette contribution des 4 Régions est légitime parce que nous pouvons également agir au niveau de nos compétences (développement économique, aménagement du territoire et maîtrise foncière, éducation, formation, recherche, environnement). Elle suscite, me semble-t-il, un intérêt évident de la part des professionnels, des acteurs publics et des médias ; elle a vocation à participer aux débats nationaux et européens qui s’ouvrent et qui prendront toute leur dimension au cours de la Présidence française de l’Union européenne du second semestre 2008. C’est d’ores et déjà une première satisfaction pour cette contribution interrégionale que nous entendons présenter et défendre au-delà de nos territoires, et promouvoir à travers le continent européen dans les prochaines semaines.
17:18 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pac, agriculture
19.02.2008
En Mission institutionnelle régionale au Burundi - Bujumbura, du 17 au 24 février 2008
C’est avec le plus grand plaisir que je mène la Mission institutionnelle régionale qui va nous permettre cette semaine, de consolider les relations que nous avons commencé à nouer en novembre 2006, lorsque le Ministre de la jeunesse, des sports et de la culture est venu nous rendre visite à Nantes. Dès lors, nous n’avons cessé de nous rencontrer, et les liens entre les citoyens Burundais et les citoyens des Pays de la Loire se sont considérablement accrus, ce qui démontre les attentes de nos concitoyens respectifs pour se rencontrer, échanger et partager.

L’enrichissement mutuel qui en résulte est exaltant, et les domaines que nous avons décidé de privilégier : le sport, l’environnement, l’agroalimentaire et la santé sont des thématiques propices à cela. Je dois dire aussi toute ma satisfaction de constater avec quelle rapidité et quelle richesse notre coopération s’est mise en place, traduisant de ce fait la forte volonté ainsi que le très grand professionnalisme avec lesquels nos différents interlocuteurs ont abordé les choses. Je note par ailleurs la place prépondérante que le Burundi a accordé aux politiques sportives comme ferment de réconciliation nationale et de dialogue pour réparer le tissu social éprouvé par la guerre civile que le pays a traversé.
Ainsi, dans le domaine sportif, le Conseil régional des Pays de la Loire et ses partenaires, le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS), le Comité Régional Handisport, ainsi que l’UFR STAPS de l’Université de Nantes ont signé des accords de partenariat avec leurs homologues Burundais. Ces accords ont porté sur des aides à l’organisation sportive souhaitée par le Burundi, sur la fourniture d’équipements, et aussi sur des échanges étudiants et institutionnels. Nous allons les renforcer, et d’autres partenaires y participeront : je pense plus particulièrement au Comité régional du sport adapté Pays de la Loire, le Comité régional de Rugby Pays de la Loire et la Ligue de Basketball Pays de la Loire avec qui vous avez déjà échangé, ainsi que l’association « Sport sans Frontières »
Dans le domaine de l’agroalimentaire, nous avons engagé un projet de coopération concernant la conservation du poisson qui devrait permettre à la pêche burundaise d’étendre ses débouchés sur le marché est africain et de développer ainsi ses activités. Une machine à glace écaille vous a d’ores et déjà été livrée, et devrait nous permettre de mesurer assez vite les retombées concrètes pour le Burundi et ses habitants. Une autre coopération devrait voir le jour autour de la filière théicole, sachant que le thé est un produit au sujet duquel les Européens sont sensibles aux labels qui le qualifient, notamment en ce qui concerne sa dimension à la fois équitable et respectueuse de l’environnement. Je pense là encore que notre partenaire, la Chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire, est un interlocuteur sérieux qui saura s’impliquer avec force et travailler avec vous sur la recherche de solutions concrètes.
Nous arrivons ici à notre 3ème domaine de coopération : l’environnement, au sujet duquel je disais hier soir qu’il ne concerne pas uniquement nos deux pays, mais l’ensemble de la planète. Le projet de réhabilitation de la réserve de Ruvubu pourrait être intégré dans le 10ème FED qui est en train d’être négocié avec l’Union européenne et qui démarrera à partir de cette année. Mais nous avons déjà mis en place des échanges de savoir-faire, notamment par le biais de nos partenaires, la LPO, le Parc Naturel régional Loire-Anjou-Touraine et la Mission Val de Loire.
Enfin, sur les questions de Santé, nous avons mis l’accent sur les formations ainsi que sur la fourniture de matériel médical ou paramédical. Là encore, je remercie nos partenaires que sont : l’Association Santé France Burundi, Gynécologie sans frontières, l’Institut de Formation en soins infirmiers (IFSI), et également le Fonds Solidarité SIDA Afrique, que notre Région contribue à financer, et dont je sais qu’il mène et finance des actions au Burundi, je les ai d’ailleurs rencontrés à Paris la semaine dernière.
Mêlant institutions, associations et ONG, notre coopération implique un grand nombre d’acteurs dont la richesse est une chance pour nous. Je reviendrai prochainement sur cette mission et j’y exposerai les suites qui en découleront. J'ai eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises ma conviction qu'un véritable développement durable à l'échelle mondiale ne se fera pas sans solidarité active internationale. J'essaie cette semaine de mettre mes actes en conformité avec mon discours.
21:39 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : burundi, coopération décentralisée, pays de la loire
09.02.2008
Les Régions autorité organisatrices du service public régional de l'éducation et de la formation
Depuis décembre se multiplient au plus haut niveau de l'Etat les prises de position en matière d'éducation et de formation, sans qu'il n'existe un commencement de cohérence entre les travaux menés : Rapport Lambert qui veut que collèges et lycées soient gérés par le même niveau de collectivité, commission Pochard, Rapport Attali il y a quelques jours, qui s'ajoutent à la suppression de la carte scolaire, le "service minimum" dans les écoles aujourd'hui, dans les lycées demain(*), la réforme des baccalauréat professionnels, la réforme annoncée de la formation professionnelle, une réforme de l'AFPA insuffisament préparée pour laquelle nous avions demandé un délai de deux ans que nous n'avons pas obtenu, etc.
A de rares exceptions près(**), cela se fait sans trop écouter les Régions, alors que nous finançons une très grande partie de l'éducation et de la formation dans ce pays - 50% de nos budgets en moyenne y sont consacrés.
C'est pourquoi les commissions formation professionnelle - présidée par Jean Paul Denanot, le président du Limousin - et éducation - que je préside - de l'Association des Régions de France se sont réunies ensemble à Lyon cette semaine et ont demandé à ce qu'une cohérence soit donnée à toutes ces démarches, en lien avec les Conseils régionaux.
Le relevé de conclusion affirme les éléments suivants :
- les conditions dans lesquelles la réforme du bac professionnel en 3 ans est engagée risquent de conduire à une augmentation significative de jeunes sortis du système scolaire sans qualification sans garantir une meilleure insertion professionnelle. Cette réforme pourrait entraîner à terme un transfert de charges déguisé en direction des Régions qui seraient contraintes d’augmenter leurs capacités d’apprentissage et de formation tout au long de la vie.
-le service public de la formation professionnelle – dont fait partie l’AFPA – ne peut en aucune manière relever d’une logique de marché. Les Régions ont la volonté de préserver ce service public et notamment son patrimoine afin de garantir une cohérence des offres qui réponde aux besoins des individus et d’une qualité des prestations.
-la réforme de la formation professionnelle doit s’effectuer dans le cadre d’une concertation responsable entre les partenaires sociaux, l’Etat et les conseils régionaux.
-la suppression de la carte scolaire va entraîner la ghettoïsation d’un certain nombre de lycées et provoquera un déséquilibre dans la gestion du patrimoine des lycées géré par les Régions.
-des réformes aussi profondes que la fusion ANPE-ASSEDICS et celle de la formation professionnelle ne peuvent se faire sans la présence des Régions. Elles demandent à être partie prenante dans l’élaboration des nouveaux dispositifs.
Vous pouvez découvrir le communiqué complet ici
(*) le 24 janvier dernier, pour la première du "service minimum", les communes qui se prétaient à l'opération de communication du gouvernement représentaient moins de 5% des ligériens : mauvaise idée, mauvais résultats
(**) voir mon billet sur la commission Pochard.
08:40 Publié dans Education/Jeunesse, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Education, formation, ARF, Denanot





