06.05.2008

La première pierre du Lycée Tabarly est posée

Lundi 5 mai, çà y est : la 1° pierre du futur nouveau Lycée Tabarly, en Pays des Olonnes, est enfin posée.

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J’éprouve, en écrivant cas quelques mots, une énorme satisfaction d’avoir vu ce dossier sortir de terre.
Ce lycée professionnel « de la réussite » est avant tout une prouesse technologique. Vaisseau amiral de l’éducation, ce lycée sera entièrement réalisé selon les normes de Haute Qualité Environnementale.
Mais il est aussi, bien sûr, un lycée avec un projet éducatif particulièrement ouvert sur le monde extérieur, de nouvelles formations adaptées au tissu économique régional. Questions formations, du CAP au Bac pro, il y sera question de plasturgie et de matériaux composites, ainsi que des formations liées au nautisme. cela s’imposait sur ce territoire !
Ajoutez à cela un BEP bois et matériaux ainsi qu’un BTS en Techniques de commercialisation.
J’ai même proposé que l’on y crée une formation en matière d’énergie renouvelable, notamment éolienne. Çà a du sens, non ?
Il est enfin un lycée « nouvelle génération » qui s’inscrit dans notre volonté d’accueillir des adultes dans le cadre de la formation tout au long de la vie.
Enfin, il permettra également l’accueil d’apprentis, de saisonniers,  de stages grâce à son internat et sa restauration ouverts en dehors des périodes scolaires.
Vous l’aurez compris, c’est bien d’un lycée « nouvelle génération », innovant et résolument moderne que nous venons, aux côtés des élus locaux et régionaux,en compagnie du Recteur de l’académie, de mettre sur les rails, pour une ouverture en septembre 2009.
Cette 1° pierre là, sous un soleil rayonnant, était particulièrement agréable à poser. Et je peux vous affirmer que tous les participants arboraient le même sourire de satisfaction.

21.03.2008

Compétence partagée, compétence liée ? l’Etat, les collectivités, l’établissement de formation dans un mariage à trois

J’ai participé mercredi dernier à une table ronde à l’ESEN de Poitiers, le centre de formation des futurs cadres de l’Education nationale (gestionnaires, inspecteurs…), en présence de Bernard Dubreuil actuel Recteur de Lille et ancien Recteur de l’académie de Nantes et de Jean-Paul de Gaudemar, Recteur d’Aix-Marseille.

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Le thème sur lequel nous avions à plancher portait sur : « le partage des responsabilités et des compétences entre l’Etat et la Région ». J’ai entamé cet échange en indiquant à l’auditoire que pour bien répondre à cette problématique, une question s’imposait à nous : « à quoi servent les élus ? ». Si cette interrogation a nécessairement fait sourire, j’ai pensé en effet utile de rappeler que la légitimité démocratique portée par un élu - maire, président de département ou de région - est au moins aussi intéressante que celle d’un Recteur. Elle a un fondement à la fois juridique mais aussi législatif qui l’oblige à s’interroger sans cesse sur sa façon de conduire les projets.
Aujourd’hui, la gestion des lycées entre autres implique de facto – à l’Etat et aux collectivités - de partager une réflexion, des orientations, et les conditions de la mise en œuvre de cette compétence. Au-delà des relations parfois complexes entre certaines Régions et Académies, un objectif commun nous anime : faire fonctionner du mieux possible le service public de l’Education nationale au service des jeunes dans une logique de coproduction. C’est pourquoi, nous sommes en réalité dans une relation triangulaire – Etat, collectivités et établissements - et pour nous positionner les uns les autres, la clé réside me semble-t-il dans la définition du rôle même du lycée.
Comme j’avais eu l’occasion de l’exposer lors de mon audition devant la Commission Pochard, le lycée doit remplir trois fonctions à mon sens : premièrement, celle d’instruire des savoirs communs ; deuxièmement, celle d’éduquer ; troisièmement, celle de faire le lien entre la formation et l’emploi pour intégrer professionnellement les jeunes. L’établissement doit dès lors s’inscrire dans une véritable logique de formation tout au long de la vie, en s’ouvrant sur les différents systèmes de formation que sont l’enseignement général, l’alternance, la formation continue. A l’Etat et aux collectivités de tout faire pour accompagner ces différentes fonctions de l’établissement dans leur « mariage à trois » au travers de la contractualisation et des conventions d’objectifs, une programmation sur le long terme, dans une culture de responsabilité de chacun.
Jean-Paul de Gaudemar parle de « compétence liée », et il a tout à fait raison : plus que jamais, l’Etat ne peut pas faire sans les Régions, et l’inverse est impossible également. Les Régions, lorsqu’elles font des choix sur la construction et l’architecture des lycées, lorsqu’elles équipent en ordinateurs ou en tableaux blancs interactifs les professeurs et les lycéens, ou encore proposent des actions éducatives et citoyennes aux jeunes, influent nécessairement sur la pédagogie. Il ne s’agit pas de faire « à la place de » mais d’agir « avec et pour ». Le maître mot de la politique régionale est « ce faire ensemble » avec les jeunes, l’Etat, les parents d’élèves, le monde associatif, les organisations syndicales, les chambres consulaires, le monde du travail,… avec un objectif : s’assurer que chaque jeune détienne un véritable droit à la réussite.

09.02.2008

Les Régions autorité organisatrices du service public régional de l'éducation et de la formation

d4ae0b8278a4ac062b04296be799337e.jpgDepuis décembre se multiplient au plus haut niveau de l'Etat les prises de position en matière d'éducation et de formation, sans qu'il n'existe un commencement de cohérence entre les travaux menés : Rapport Lambert qui veut que collèges et lycées soient gérés par le même niveau de collectivité, commission Pochard, Rapport Attali il y a quelques jours, qui s'ajoutent à la suppression de la carte scolaire, le "service minimum" dans les écoles aujourd'hui, dans les lycées demain(*), la réforme des baccalauréat professionnels, la réforme annoncée de la formation professionnelle, une réforme de l'AFPA insuffisament préparée pour laquelle nous avions demandé un délai de deux ans que nous n'avons pas obtenu, etc.
A de rares exceptions près(**), cela se fait sans trop écouter les Régions, alors que nous finançons une très grande partie de l'éducation et de la formation dans ce pays - 50% de nos budgets en moyenne y sont consacrés.
C'est pourquoi les commissions formation professionnelle - présidée par Jean Paul Denanot, le président du Limousin -  et éducation - que je préside - de l'Association des Régions de France se sont réunies ensemble à Lyon cette semaine et ont demandé à ce qu'une cohérence soit donnée à toutes ces démarches, en lien avec les Conseils régionaux.
Le relevé de conclusion affirme les éléments suivants :
- les conditions dans lesquelles la réforme du bac professionnel en 3 ans est engagée risquent de conduire à une augmentation significative de jeunes sortis du système scolaire sans qualification sans garantir une meilleure insertion professionnelle. Cette réforme pourrait entraîner à terme un transfert de charges déguisé en direction des Régions qui seraient contraintes d’augmenter leurs capacités d’apprentissage et de formation tout au long de la vie.
-le service public de la formation professionnelle – dont fait partie l’AFPA – ne peut en aucune manière relever d’une logique de marché. Les Régions ont la volonté de préserver ce service public et notamment son patrimoine afin de garantir une cohérence des offres qui réponde aux besoins des individus et d’une qualité des prestations.
-la réforme de la formation professionnelle doit s’effectuer dans le cadre d’une concertation responsable entre les partenaires sociaux, l’Etat et les conseils régionaux.
-la suppression de la carte scolaire va entraîner la ghettoïsation d’un certain nombre de lycées et provoquera un déséquilibre dans la gestion du patrimoine des lycées géré par les Régions.
-des réformes aussi profondes que la fusion ANPE-ASSEDICS et celle de la formation professionnelle ne peuvent se faire sans la présence des Régions. Elles demandent à être partie prenante dans l’élaboration des nouveaux dispositifs.
Vous pouvez découvrir le communiqué complet ici

(*) le 24 janvier dernier, pour la première du "service minimum", les communes qui se prétaient à l'opération de communication du gouvernement représentaient moins de 5% des ligériens : mauvaise idée, mauvais résultats
(**) voir mon billet sur la commission Pochard.

20.12.2007

Pierre Abélard à Vallet, le service public et la responsabilité politique

Lorsque le projet d’un lycée dans le sud-est du département de la Loire Atlantique  a enfin pris corps, j’étais membre de la commission éducation de la Région, dans l’opposition. Le choix de l’implantation à Vallet m’avait alors semblé incompréhensible, comme aux organisations syndicales enseignantes qui l’avaient d’ailleurs dénoncé. Voulait-on éviter la concurrence avec le lycée privé de Gorges, voulait-on punir les Clissonais qui venaient de se doter d’un maire socialiste, voulait-on faire des économies de bout de chandelle en investissant un collège qui n’était pas rempli pour mutualiser les locaux, voulait–on conforter la municipalité de Vallet dont le maire était membre de la majorité UDF-RPR d’alors ? Sans aucun doute, s’agissait-il d’un mélange de tout cela.
Ce mauvais choix de départ a en tout cas une conséquence : Pierre Abélard à Vallet n’a jamais en 8 ans atteint la taille d’un lycée de plein exercice. Malgré l’investissement – remarquable - de l’équipe pédagogique, il traîne cette faute de départ sans perspective de décoller un jour. Ce dernier élément, j’en ai aujourd’hui l’intime conviction : il suffit de voir l’origine géographique des lycéens de Pierre Abélard, qui en fait un lycée quasi cantonal, il suffit de voir les flux de collégiens de 3°, et notamment ceux de Clisson qui partent prioritairement à Montaigu – plus éloigné pourtant - plutôt qu’à Vallet, il suffit d’anticiper les conséquences de la fin de la carte scolaire pour en être persuadé.
Il n’est jamais agréable pour un militant laïc comme moi de se résoudre à l’idée qu’un établissement ne ferme dans un endroit où le secteur public est en forte concurrence. Je préfère, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois comme maire de La Roche sur Yon, aider à la consolidation de l’école publique. Ainsi, à La Merlatière en Vendée, c’est la ville de la Roche sur Yon qui a fourni le mobilier scolaire que le Maire de la commune refusait d’acheter. Ainsi, au Fenouiller, rien n’avait été organisé pour la restauration scolaire et nous avons également mis à disposition un minibus de la ville pour permettre aux enfants de manger chaud et à l’abri des intempéries. Ils mangeaient jusque-là des pique-niques sur la place de l’Eglise. Ainsi à Jard sur Mer, lorsque les élèves et l’enseignant se sont retrouvés sans toit, nous avons mis à disposition les tentes du centre municipal de vacances et les avons fait installer dans un champ réquisitionné par l’Etat.
Mais il m’est également déjà arrivé de fermer des écoles : à la Roche sur Yon en 2002 nous avons fermé 2 écoles maternelles à 2 classes pour permettre d’offrir aux enfants de meilleures conditions de scolarisation dans des groupes scolaires plus grand et en transformant ces locaux libérés pour l’un en relais pour les assistantes maternelles, pour l’autre en pôle enfance dédié aux pratiques culturelles. Dans le cas de Vallet, le collège reprendra les locaux pour faire face à la croissance de ses effectifs, les locaux ne resteront donc pas inutilisés. Cela me semble satisfaisant car je suis sensible à une utilisation la plus rationnelle possible des moyens publics. Mais cela n’a pas été l’élément déterminant dans ce choix. L’élément déterminant est l’échec de l’implantation valletaise.
Bien sûr, nous ne pouvons nous résoudre à ce que l’offre de formation ne se réduise définitivement dans ce secteur de la Loire-Atlantique, tout comme il était indispensable qu’une offre publique existe dans le secteur des Mauges, ce que j’ai négocié avec le Recteur le mois dernier. C’est pourquoi j’ai souhaité lancer une réflexion approfondie sur une offre de formation complète qui réponde aux attentes des familles et des jeunes, en lien avec les besoins économiques et sociaux du bassin de vie du sud Loire. Elle devra aboutir sur une structure mêlant formation initiale – enseignement général y compris, le Recteur l’a confirmé tout à l’heure pendant le Conseil Académique de l’Education Nationale -  et formation tout au long de la vie. Dans l’entre-deux, tout sera fait pour que les élèves qui souhaitent poursuivre leur scolarité dans le secteur public aient des conditions de prise en charge vers les lycées périphériques  les meilleures possibles. Le principe est d’offrir aux jeunes le choix du secteur public, et ceci dans les meilleures conditions. Une réflexion sur la capacité de persistance des efforts de l’équipe pédagogique doit également nous animer.
L’enseignement public doit disposer des moyens permettant une réponse satisfaisante et à la hauteur des enjeux, ici comme ailleurs dans la Région des Pays de la Loire. Le Conseil régional s’y emploiera de toutes ses forces, j’en prends l’engagement.

14.11.2007

PMF : un lycée dans sa ville

d2ac041274fed5ab95b7059854058541.jpgPour la 2° fois depuis la rentrée scolaire, je me suis rendu hier au Lycée Pierre Mendès France de La Roche sur Yon, dont j'ai longtemps été le proviseur.
L'occasion était réjouissante : nous posions la première pierre du studio de danse accolé au lycée. C'est un projet de longue date, qui a une double vocation.
D'abord, répondre aux exigences pédagogiques du lycée, et c'est pourquoi nous le finançons à 50% : PMF propose une option danse au Bac, et c'est le seul lycée public à le faire en Pays de la Loire. Résultat : ce ne sont pas moins de 86 élèves que compte la section. Plus généralement, le développement des pratiques artistiques a toujours été une constante dans ce lycée : Musique, Théâtre et Arts plastiques y sont enseignés, en plus de la danse. Dans sa lettre aux éducateurs, Nicolas Sarkozy parlait beaucoup de culture, mais dans une vision très contemplative, comme je l'avais noté ici. J'ai toujours pensé pour ma part qu'il était bien plus intéressant de donner accès à la pratique artistique, pour développer les talents créatifs. C'est pourquoi d'ailleurs le lycée a des relations fortes avec le Conservatoire National de Musique, de Danse et d'Art Dramatique de la ville, et avec la scène nationale, le Manège.
C'est à mon avis une seconde exigence importante, pour l'ouverture du lycée sur la ville et la société. Le lycée de demain, pour être celui du "droit à la réussite", comme nous le défendons à la Région des Pays de la Loire, devra s'ouvrir à toute la connaissance, dont l'art et la culture, et à tous les modes d'acquisition : enseignement théorique, alternance, formation tout au long de la vie. C'est ce que j'ai défendu voici peu devant la commission Pochard.
Ce studio de danse sera ouvert à l'association de Saint-André d'Ornay, qui compte 250 adhérents. Mon ami et successeur à la mairie Pierre Regnault développe ainsi encore plus son maillage d'équipements culturels et sportifs de La Roche sur Yon. Sur ce dossier, comme sur nombre d'autres, il réussit à poursuivre le travail entrepris par la gauche à La Roche sur Yon depuis 1977. A l'approche des élections municipales, j'aurai l'occasion d'y revenir longuement.

11.10.2007

3 ans après la loi, le transfert des personnels TOS

Dans les semaines qui ont suivi les élections régionales, les présidents de Région ont décidé de relancer l'ARF, l'Association des Régions de France, qui avait été mise en sommeil par l'équipe précédente. Notre objectif était double : peser dans le débat institutionnel en défendant l'échelon régional, et organiser l'échange entre nous sur nos pratiques. J'ai à cette occasion pris la responsabilité de la commission éducation, sans savoir que l'Etat nous transférerait sans concertation 50.000 agents dans l'été qui suivait...
Le transfert des agents Techniciens et Ouvriers de Service nous a beaucoup occupé à l'ARF : chaque mois depuis 2004 se réunissent à mon initiative quasiment l'ensemble des régions françaises (dont l'Alsace et la Corse, dirigées par la droite) autour des questions éducatives et de la gestion du transfert des personnels TOS (les deux sujets se sont depuis mêlés, j'y reviendrai). Cela ne nous a pas empêché de faire chacun différemment, c'est l’essence même de la libre administration des collectivités locales. Mais nous avons échangé et débattu de nos expériences. Ainsi, quand j'ai réuni dès décembre 2004 300 représentants du personnel TOS, encore agents de l'Etat, pour instaurer le dialogue entre nous, les autres Régions ont été ravies d'en connaître le résultat.
fc373749d008d11394c7dd8f52dd516a.jpgNous avons décidé de réaliser une enquête nationale, après 18 mois d'exercice de cette nouvelle responsabilité de l'accueil, l'hébergement, la restauration et l'entretien des lycées (et de gestion des personnels chargés de ces tâches), pour nous permettre de pouvoir disposer d'un état des lieux. Les résultats sont saisissants quantitavement comme qualitativement. Nous avons d'ailleurs décidé ensemble de tenir à jour cet observatoire de nos pratiques.
Partout dans les régions, les agents TOS, devenus Agents Techniques Territoriaux sont mieux traités que lorsqu'ils étaient agents de l'Etat : revalorisation des avantages sociaux, du régime indemnitaire, médecine du travail, formation continue, etc. Il faut dire que les Régions dépensent 760 M€ là où l'Etat leur transfère 643, sans pouvoir espérer que les dépenses complémentaires, le plus souvent obligatoires, ne leur soient compensées.
Plus encore, les Régions assument l'appartenance de leurs nouveaux agents à la communauté scolaire, en y donnant corps : l'idée de la charte des services, que nous avons mise en place en Pays de la Loire par exemple, est de faire en sorte d'entrainer les Agents Techniques Territoriaux dans une logique de qualité du service public, en inscrivant leurs missions dans la mission éducative générale des lycées. Elle donne des perspectives de carrières à des agents qui en étaient jusqu'alors dépourvus.
Les Régions s'étaient opposées au transfert sans concertation des TOS. Elles ont pourtant fait en sorte de les accueillir au mieux, par sens de la responsabilité et du service public. Aujourd'hui, elles sont allées plus loin, à la recherche d'une nouvelle qualité du service public de l'éducation. Dans cette période où le gouvernement pointe assez facilement du doigt les collectivités locales, c'est bien là une leçon que nous lui avons donnée.

13.09.2007

La rentrée scolaire en Pays de la Loire

Comme j'ai pu vous le dire il y a quelques jours, j’ai passé la semaine qui vient de s’écouler à visiter une dizaine de lycées dans les cinq départements du territoire régional. Accompagné d’élus régionaux et locaux, nous sommes allés à la rencontre des communautés scolaires.
Ces visites sont l’occasion de mesurer sur le terrain les impacts de la politique régionale. Il me semble cette année, plus que les précédentes encore, que la perception du rôle de la Région par les communautés a évolué en matière d’éducation. L’intervention de la Région nous a été décrite comme cohérente et plutôt en phase avec les réalités vécues dans les lycées.

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Je pense que cela repose sur trois principes forts
D'abord l’écoute et le dialogue. A l’image de ces visites où nous demandons systématiquement à rencontrer les enseignants, personnels de direction, lycéens, parents, personnels techniciens et ouvriers de service, pas un dispositif en matière d’éducation n’a été revisité ou mis en place sans concertation au conseil régional.
Ensuite le fait de mettre les jeunes au cœur même du projet éducatif régional. La construction de ce texte est globale, chacune des dimensions de l’intervention régionale y est traitée :
- des moyens mis pour améliorer les conditions de vie tels que le plan de rénovation des lycées avec des innovations qui influent directement sur la façon d’enseigner,
- la contribution à élever le niveau de formation et de culture scolaire avec notamment un grand plan d’informatisation des lycées,
- la réduction des inégalités d’accès à la formation par la gratuité des manuels scolaires, l’aide à l’achat du premier équipement des lycéens professionnels ou encore en permettant aux lycéens malades de poursuivre leurs études,
- favoriser l’éducation à la citoyenneté et l’initiative en proposant aux lycéens des actions dans la domaine de la santé, la culture scientifique, la sensibilisation aux médias, en les ouvrant sur le monde qui les entoure,
- en développant un partenariat éducatif durable car nous agissons de manière collective. C’est avec l’Etat, les communautés scolaires, les fédérations d’éducation populaire,… que nous initions notre projet régional.
Enfin la reconnaissance du rôle et de l’implication de chacun. Ces échanges m’ont encore permis de me conforter dans ce que je savais déjà : nous n’inventerons peut-être plus rien en matière d’éducation. Ce qu’il faut, c’est rationaliser, valoriser ce qu’il se fait, reconnaître le travail et les initiatives de chacun, oser innover. C’est sur cette base que nous avons élaboré notre Charte, en donnant des objectifs sur la qualité du service rendu par les personnels techniciens et ouvriers de service (qui dépendent désormais de la Région) en leur offrant une plus grande reconnaissance de leur métier, un meilleur traitement financier, en leur assurant de pouvoir se former… J'appelle cela les droits et devoirs, ceux que nous devons tous avoir devant l’Ecole.

04.02.2007

En visite à l'école d'infirmières de Saint-Nazaire

Hier, j'ai eu l'occasion de rencontrer des élèves en formation d'infirmières et d'aides-soignantes à Saint-Nazaire. Le gouvernement a organisé le transfert des écoles sanitaires et sociales sans que cela ne soit discuté avec nous ni avec eux et cette visite me confirme dans l'idée qu'il y a beaucoup de travail !

D'abord, l'état des bâtiments. L'internat a été fermé en 1999 pour cause d'insalubrité : depuis, les élèves doivent se débrouiller pour se loger. La cité universitaire d'Heinlex, qui se trouve à moins de deux kilomètres, ne suffit pas pour accueillir l'ensemble des étudiants venant faire leurs études à Saint-Nazaire (il y a un IUT, des formations universitaires et quelques écoles qui recrutent hors du bassin de vie nazairien).

Ensuite, une grande disparité des situations personnelles, entre les étudiants en formation initiale et les stagiaires, et au sein même de ces catégories. Je n'arrive pas à me faire à l'idée que la formation d'aide-soignant coûte 4000 €. Or, c'est le cas ici, comme partout ailleurs.

Enfin, des craintes générées par ce transfert. Comme pour les personnels non-enseignants des lycées, le transfert à la Région a eveillé des sentiments étranges. Tous les bruits ont couru : sur l'augmentation des droits d'inscription, sur le montant des bourses, sur la privatisation. Tous faux, bien entendu. Cela dénote d'une méconnaissance de l'institution régionale qui démontre qu'il nous reste du travail de communication et de promotion à faire.

J'ai essayé de rassurer les jeunes en formation : la Région n'est ni un sous-produit, ni un sous-traitant de l'Etat, et elle a une capacité à agir dans la transparence, la cohérence et l'équité au moins aussi importante. Je leur ai rappelé que les bourses, depuis qu'elles dépendaient de nous, étaient payées avec une avance certaine sur la situation antérieure. A l'image de cette amélioration, ce transfert va modifier la façon dont est gérée la formation sanitaire dans notre Région.

Il est intéressant de se confronter à la réalité juste le lendemain du vote du schéma régional de l'éducation et la formation au Conseil régional. Une partie de ce document est consacrée justement aux formations sanitaires et sociales. Nous avons cherché à donner du sens à cette nouvelle compétence, en alliant conditions d'études des élèves et utilité sociale. Lorsque ce schéma sortira sous sa forme définitive, j'en parlerais plus longuement.

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(photo : manu_le_manu - manifestation parisienne des élèves infirmières le 2 nov. 2006 à Paris)