22.02.2008

La réhabilitation du marais poitevin victime de la realpolitik gouvernementale

4db1b65cf9a7cb3224cdaa22d7ae985d.jpgJusqu'ici, la procédure de labellisation du Marais Poitevin suivait son cours :
-des réunions publiques de concertation avaient eu lieu,
-une enquête publique avait abouti sur un avis favorable et sans réserve de la commission d'enquête,
-les 2 régions, 2 départements sur 3 (les deux régions gérées par la gauche, les deux départements par l'UMP), une majorité des communes concernées, de toutes sensibilités, avaient voté pour la charte,
-nous étions en attente de l'avis du Conseil National de Protection de la Nature, organisme d'Etat, et de la Fédération des Parcs Naturels Régionaux, qui regroupe des élus des parcs de toute la France.
Seul le Département de la Vendée, entraînant dans son sillage des conseils municipaux avec lequel il entretient des relations soutenues, s'était prononcé contre. A mon avis pour des raisons essentiellement de politique politicienne, le projet de parc poursuivant des objectifs sensiblement proches de ceux défendus par ses responsables avant les élections de 2004 et l'arrivée de la gauche dans les Régions.
Coup de théâtre cette semaine, le ministre de l’écologie décide unilatéralement de jeter aux orties des années de travail et de concertation, au mépris de la procédure engagée, en stoppant purement et simplement le processus. En a-t-il le droit ? La justice le dira. Mais dans longtemps, et le temps presse.
En effet,  c’est en échange de la promesse de la reconquête du label que la commission européenne avait suspendu son amende de 150.000€ par jour pour non respect de la directive « oiseaux ». Il est permis de penser que cette décision incompréhensible lève cette suspension d'une décision de 1999. En outre, depuis un jugement du 31 janvier 2008, la qualité de l’eau potable dans les départements des Deux-Sèvres, de la Charente Maritime et de la Vendée fait porter une menace du même ordre sur l’Etat Français.
4330251b316fb4cd32c2ec9286d6390b.jpgA quelques semaines d'une législative partielle sur ce territoire, je ne peux en tout cas analyser cette décision inique que comme un cadeau de bienvenue à Philippe de Villiers au sein de la majorité nationale. Oubliées les querelles, envolés les désaccords ou les scrupules, François Fillon exporte au gouvernement le modèle qu'il a bâti en 1998 en Pays de la Loire : l'alliance de la droite et de la droite extrême. L'étape suivante sera, si l'on en croit les rédactions, son entrée dans le gouvernement. Si tel était le cas, à la place des ministres d'ouvertures, je sais ce que je ferais. S'ils ne le savent pas, je tiens à leur disposition un document réalisé en 2002 où j'avais mis les unes en face des autres les propositions de Philippe de Villiers et celle de Jean-Marie Le Pen sur la famille, sur l'immigration, la souveraineté, etc. C'est très instructif.
Le coût de ce cadeau de bienvenue sera à la charge des français et il risque d’être salé : salé comme le montant des amendes auxquelles il nous expose, mais aussi salé aux nitrates, comme ceux contenus dans l'eau potable dans le Marais Poitevin, alors que le projet de Parc Naturel échafaudait des solutions pour retrouver une qualité de l’eau.
Si la mascarade du Grenelle de l’Environnement avait abusé un instant un défenseur de la nature, cette décision montre la réalité de ce gouvernement : il est du côté des pollueurs, pour peu que ses intérêts politiques l’y poussent.

Crédit photo : médiathèque européenne

18.05.2007

François Fillon à Matignon

Le Conseil régional des Pays de la Loire compte donc en son sein le Premier ministre. Je salue sa nomination et lui souhaite bon courage. Je ne sais pas s'il restera membre de notre assemblée. Je crois que cela lui est possible selon la loi, mais le temps va lui manquer pour assumer correctement son mandat régional. En juin 2004 nous avons voté une baisse des indemnités pour  les élus insuffisamment présents. Nous aurions pu plusieurs fois l'appliquer à François Fillon, ce que nous n'avons pas fait par courtoisie républicaine lorsqu'il était ministre.
Dans le concert des commentaires qui vont suivre sa nomination, nous allons retrouver, à n'y pas manquer, cette vieille lune que le nouveau premier ministre serait un gaulliste social. Sa proximité avec Philippe Seguin il y a plus de dix ans lui a offert cette image, dont il ne se départit pas. Je suis toujours étonné, quand j'entends ou lis les journalistes parisiens présenter ainsi François Fillon. Car pour être estimable en tant qu'individu, il m'est apparu - au moins ces dix dernières années, depuis qu'il est passé à la tête des Pays de la Loire - comme étant politiquement très à droite.
Ainsi, au Conseil régional, dont il voulait faire un «  laboratoire de la droite » il fait alliance depuis 1998 avec le MPF de M. de Villiers, dont il faut bien reconnaître qu’il est plus proche de Jean-Marie Le Pen que de la social-démocratie  Il est d'ailleurs encore aujourd'hui président de ce groupe nommé « Union des Pays de la Loire ».
Comme président de la Région, il n’a jamais montré un intérêt particulier pour le « social ». Aucun crédit consacré à la construction de logements sociaux par exemple. Il a toujours refusé d’instaurer la gratuité des manuels scolaires pour les lycéens, ce que nous avons fait dès 2004, ou de supprimer la taxe sur les Permis de conduire, ce que nous avons également mis en place. Je peux citer aussi le refus d’une tarification spéciale sur les trains régionaux pour favoriser la recherche d’emplois des chômeurs.
Enfin, dans le domaine économique, il n’a jamais eu la moindre considération pour le secteur de l’économie sociale et solidaire, qui représente plus de 140.000 emplois en Pays de la Loire.
J'aurais l'occasion ces prochains mois de faire part de mes impressions sur son action, et d'apporter modestement mes éclairages. Ce que je peux dire dès aujourd'hui c'est que rien dans son action à la tête des Pays de la Loire ne laisse présager un rééquilibrage « à gauche » d'un président de la République portée sur l'ultralibéralisme.

21.03.2007

La semaine passée, 2 milliards d'Euros d'investissements ont été programmés pour les Pays de la Loire

medium_CPER.jpgL'assemblée régionale a adopté vendredi dernier le contrat de projet Etat-Région. L'Etat apporte 489 Millions, la Région  509 Millions et les autres collectivités locales (départements, villes) 257 Millions d'Euros. A cela il faut ajouter des conventions complémentaires Etat-Région pour 200 millions (70 l'Etat, 130 nous), et les crédits européens pour le développement régional (FEDER-FEADER-FSE) pour 605 millions d'Euros. Ces crédits doivent permettre de financer la recherche, l'enseignement supérieur, les transports ferroviaires, le développement économique et l'environnement (préservation des milieux et lutte contre l'effet de serre) un peu partout sur le territoire régional entre aujourd'hui et 2013.
L'exercice a permis de se poser des questions sur les atouts et les enjeux pour notre territoire. Il nous a permis de recenser les projets portés par les acteurs du développement régional. En cela il a été particulièrement intéressant. Il a tout de même généré bon nombre de frustrations.
Tout d'abord, lors de la négociation du précédent contrat de plan, le temps laissé aux Régions pour mettre en oeuvre leur projet avait été de deux ans. Il avait permis à nombre d'entre elles (et notamment les 8 déjà gérées par la gauche) de débattre du projet régional avec l'ensemble de la population, à travers des dispositifs de démocratie participative. Le temps que nous a laissé le gouvernement cette fois-ci, un an en tout et pour tout, alors qu'il avait annoncé un report en 2008 de l'exercice, ne nous a pas permis d'en faire autant.
Comme je le disais vendredi dernier en séance, mon prédécesseur avait présenté un plan en augmentation de 55 % du côté de l'Etat, le gouvernement étant alors dirigé par Lionel Jospin. Cela n'a pas été mon cas : cette fois, l'Etat aura mobilisé de l'ordre de 50 millions d'Euros de moins que la fois précédente, selon nos calculs (si l'on ajoute les 70 millions des conventions complémentaires, on obtient un résultat similaire au plan 2000-2006, ce qui n'est pas non plus très enthousiasmant, même si je salue les efforts des représentants de l'Etat en région). Mais des avancées ont été obtenues au cours de la négociation.
Nombre de projets, et notamment issus des territoires ruraux, n'ont pas pu être pris en considération. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai demandé qu'on inscrive la possibilité d'un avenant, qu'un gouvernement de gauche fraîchement nommé en juin prochain saura mettre en route pour pallier aux manques du contrat que nous venons de signer.
Enfin le vote de ce contrat aura consacré une absence, celle de François Fillon. Absent lors de la session où l'assemblée m'a donné mandat de négocier le contrat de projet, absent au moment de sa conclusion vendredi dernier, alors que la veille au soir il tenait meeting à Nantes. C'est pour moi incompréhensible, sauf à y voir un désintérêt patent pour une Région qu'il a dirigé 4 ans mais dont, en définitive,  il ne se sera servi que comme de marche-pied vers d'autres responsabilités.
Dans une interview à Presse-Océan le 15 mars dernier, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur les Pays de la Loire, "cette magnifique région, pour laquelle François Fillon a tant fait". Je suis d'accord avec lui sur au moins un point. Il a bien fait d'utiliser le passé pour parler de l'action de son conseiller politique dans notre Région.

04.01.2007

La victoire de 2004

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Le dimanche 28 mars 2004, 762 462 électeurs ont porté leurs suffrages sur la liste que je conduisais, rassemblant le Parti Socialiste, les Verts, le Parti Communiste, l’Association pour la Gauche Républicaine et le PRG. Avec 52,35% des voix, nous avons battu de près de 5 points une liste de droite issue de la fusion entre la liste de l'UMP et du MPF, menée par un candidat qui annonçait ne pas vouloir présider en cas de victoire, et celle de l'UDF menée par le président d'un conseil général qui se présentait en tête de liste dans un autre département.

Il y a eu incontestablement une vague rose, et si nous avons gagné ces élections, il faut bien dire que la droite s'est également mis en situation de les perdre.

Ce résultat, dans une Région qu'on donnait pour ingagnable - le Figaro avait titré à propos de cette confrontation : "Fillon sur un long fleuve tranquille" - nous donne des responsabilités fortes : celle de ne pas décevoir nos électeurs, mais aussi, peut être même surtout, celle de démontrer notre capacité à gérer une collectivité sereinement et efficacement. Si cette capacité ne nous est pas contestée dans les agglomérations, Jean-Marc AYRAULT à Nantes, Jean-Claude BOULARD au Mans, sans oublier mes collègues Joël BATTEUX à Saint-Nazaire et Jean-Claude ANTONINI à Angers l'ont largement démontré, des territoires entiers des Pays de la Loire sont des "terres de mission", qui n'ont jamais connu d'exécutif local de gauche.

Près de trois ans après le début de notre mandat, je crois que nous y sommes arrivés.