11.02.2008
Le CRJ a porté ses fruits
En 2005, j’avais souhaité lors des Assises que soit organisée une construction participative d’un nouveau Conseil régional des Jeunes. S’il en existait un auparavant, celui-ci se limitait aux lycéens et apprentis, s’exprimait sur des champs très restreints et ne disposait pas de véritable budget. A la suite de cette consultation, plusieurs constats ont démontré que le précédent était vraiment inadapté. D’abord, il y a un constat d’ordre général : il n’y pas une jeunesse mais des jeunesses, au même titre que n’importe quelle classe d’âge ne constitue pas un fait social, ou une catégorie avec une cohérence économique ou culturelle. La jeunesse est plurielle. Ensuite, elle correspond à une part de la population qui, du fait de sa situation en formation, en intégration professionnelle et sociale, se situe parfois en marge de la vie institutionnelle. Enfin, la jeunesse en tant que moment de la vie qui permet d’acquérir sa propre autonomie est aujourd'hui plus longue qu'hier, d’où un élargissement au plus grand nombre de jeunesses possible et à une tranche d’âge allant de 15 à 30 ans. Le CRJ est dès lors apparu comme un outil complémentaire indispensable à la vie démocratique actuelle.
En effet, la Jeunesse est au cœur des enjeux des institutions et particulièrement de l’institution régionale. La Région investit plus de la moitié de son budget en direction de la Jeunesse (formation secondaire et supérieure, emploi, pratiques sociales, culturelles et sportives…), comment pourrait-elle agir consciemment sans donner à s’exprimer, à écouter les principaux destinataires ?
La Région, par ailleurs, est le niveau de collectivité qui par sa nature réfléchit aux grands enjeux d’avenir pour le développement économique et humain de notre territoire. Le Schéma Régional d'Aménagement et de Développement du Territoire que nous soumettons actuellement à la discussion propose de relever des défis sur une perspective de trente ans. Comment une collectivité comme la notre qui investit plus de la moitié de son budget en direction de la jeunesse pourrait-elle exercer ses compétences pour le développement de son territoire en pleine responsabilité, sans que vous qui en vivrez l’avenir n’aient voix au chapitre ?
Deux ans plus tard, samedi dernier, j’ai pu adresser aux jeunes conseillers un message pour leur dernière séance et leur dire le plaisir que j’ai eu à constater combien ils avaient pris toute la dimension de leur mission et combien leur participation (la plus forte des CRJ en France) a fait d’eux des pionniers dans cette expérience.
Des avis sur le logement, sur l’énergie ont éclairé les schémas que nous avons produits. Des propositions pour l’orientation des jeunes de la formation initiale vers la formation et la qualification professionnelle m’ont permis d’interpeller l’Etat pour qu’une coordination plus forte intervienne à ce niveau. Récemment, sur la politique culturelle régionale, la large consultation et l'avis du CRJ ont vraiment permis d’adapter certains éléments du texte d’orientation qui nous avons voté depuis.
Par ailleurs, ils ont porté eux-mêmes des projets comme la caravane civique qui visait à inscrire les jeunes sur les listes électorales en 2006, la création d’un DVD pour la promotion des sports peu médiatisés et présenté samedi dernier, un site internet (encore en cours de construction) qui serve de plateforme d’information pour l’autonomie des jeunes (réalisé par le CRIJ).
Enfin, ils ont présenté leur Manifeste. Ce texte qui s’articule sur la promotion de la citoyenneté, l’accompagnement des jeunes dans le développement de leur autonomie et la construction d’un avenir juste et durable offre un panorama de leurs travaux et démontrent toute la pertinence de leur regard sur les enjeux qui nous préoccupent et doivent nous engager dans nos politiques en direction de la jeunesse. Ce texte, qu’ils ont désormais adopté à l’unanimité, est, je pense, fondateur pour le CRJ ; il servira de point de référence pour le Conseil Régional et pour l’assemblée qui leur succèdera.
Tout espace de ce type est difficile à faire vivre. Je sais d’ailleurs combien la souplesse est nécessaire dans un tel exercice. C’est ainsi que nous avons évalué avec eux les marges de progression pour renforcer lors du prochain mandat le lien avec les élus et surtout la dimension participative avec les jeunesses du territoire afin d’engager un peu partout de plus nombreux débats. C’est ainsi que je vous invite à diffuser l’information de ce renouvellement le plus largement possible.
Pour postuler au CRJ, les candidatures doivent être adressées avant le 21 mars (la 1ère séance du CRJ se tiendra le samedi 5 avril) à :
Région des Pays de la Loire
1 rue de la Loire
44966 Nantes cedex 9 ou crj@paysdelaloire.fr
19:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : CRJ, Jeunesse, Pays de la Loire
23.03.2007
L'UNEF remet la jeunesse dans le débat présidentiel
L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) fête cette fin de semaine ses 100 ans, et m'a proposé de venir participer à cette célébration jeudi soir, autour d'un "dîner des 100 ans". A cette occasion, dans une atmosphère survoltée, et juste après Lionel Jospin, je leur ai fait part de mes souvenirs de militant étudiant, et de ce que j'ai pu en retirer dans ma vie politique par la suite.
Plus tôt dans la journée, Bruno Julliard, le président de l'UNEF, avait formulé les exigences du syndicat étudiant pour la jeunesse, des conditions de vie des étudiants aux questions de santé, de logement en passant par l'insertion professionnelle, sur lesquelles les candidats à la présidence de la République doivent se prononcer.
A mon souvenir, le discours de Grenoble de Ségolène Royal (voir ma note de l'époque) répond en grande partie aux questions posées.
Pour ce qui nous concerne, l'Association des Régions de France a validé voici quelques jours le principe du manifeste des Régions pour les jeunesses. Celui-ci définit l’engagement des régions françaises pour les jeunes, en matière d’insertion, de condition de vie et de démocratie. Ce texte, décline les engagements concrets des Régions pour leurs jeunes, ainsi que les principes qui guident leur action. Entre notre engagement dans les lycées, les centre d'apprentis, les universités, nos responsabilités en matière d'insertion, sans oublier le sport, la culture, le logement, les transports, nous avons acquis une connaissance des besoins des jeunes, et il me semble que nous répondons également pour partie à ce genre d'interpellation.
En tant que président de la commission éducation de l’ARF, mais aussi initiateur du projet, je rencontre en ce moment les acteurs des politiques en direction de la jeunesse (associations de jeunesses, éducation populaire, Education Nationale, etc…) pour enrichir et valider la démarche. A travers ce texte, les Régions se positionnent comme les collectivités pilotes en matière de réponse aux besoins des jeunes. Tous les commentaires étant les bienvenus, je publie ici ce manifeste, et suis à l'écoute de toute interpellation sur ce texte.
(crédit photo : Manuel MC sur Flickr)
19:30 Publié dans Education/Jeunesse, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jeunesse, présidentielle, unef, région, ségolène royal
20.03.2007
La question du logement étudiant
Je visitais hier matin la cité universitaire de Fresche Blanc à Nantes, dont les locaux ont été rénovés, sécurisés et rendus accessibles aux étudiants handicapés. Pour avoir vécu en cité universitaire, à Clermont Ferrand au début des années 60, j’ai pu observer les très grandes évolutions de ce type d’habitat, bien mieux adapté aujourd'hui aux conditions de vie des étudiants.
A cette occasion, j'ai signé avec le CROUS une convention d’une durée de six ans, qui porte sur la rénovation ainsi que sur la construction de nouveaux logements étudiants sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire, pour un montant de 21 Millions d’Euros sur 7 ans.
Pourquoi cet investissement, qui n'est pas obligatoire pour nous ? C'est que notre région a pris l’engagement de favoriser toutes les initiatives en faveur du logement étudiant (mais aussi du logement social, en concertation avec les collectivités locales), dans le but de rattraper notre retard en terme de nombre d'étudiants. La réalité s'impose : nous manquons d’étudiants, qu'il soient issus des Pays de la Loire, du reste de la France ou de pays étrangers. Or, la nécessité d'augmenter le niveau de formation général, et d'aider les jeunes issus des milieux modestes à accéder aux études supérieures, nous impose, entre autres, de travailler à l'amélioration des conditions de vie des étudiants.
Les Pays de la Loire ne sont pas les seuls à rentrer dans cette dynamique : l'ensemble des Régions françaises s'y engage, à travers un manifeste des Régions pour les jeunesses que j'ai coordonné, et dont un premier projet a été adopté par l'Association des Régions de France. J'y reviendrais cette semaine.
08:48 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : logement, étudiant, région, pays de la loire, jeunesse
16.03.2007
A propos de l'intégration : une proposition concrète
Nicolas Sarkozy, en développant l'idée d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, a franchi un pas que j'espérais que la droite ne franchirait jamais.
Au même moment, le 3e collège-lycée musulman de France ouvre ses portes dans la banlieue lyonnaise, au terme d'une bataille juridique de 8 mois. Si le sujet fait encore débat dans la capitale des Gaules, bon nombre de lyonnais penser qu'avoir une école musulmane n'est pas plus étrange qu'une école israélite ou chrétienne. Mais le problème n'est pas là. Si la possibilité de suivre des cours de "cultures de l'Islam" ou de langue arabe est un critère compréhensible, ajouter aux clivages sociaux le clivage religieux n'est certainement pas une bonne chose pour les enfants de ce pays.
Face à la menace de repli communautaire, il me semble qu'il est possible d'opposer la richesse de la culture et de la fierté d'un héritage millénaire. Le mot "Islam" renvoie trop souvent à une image négative et une construction médiatique autour des attentats, des réseaux terroristes et de l'intégrisme religieux. Pourtant, quiconque s'est rendu dans le Maghreb - ou dans le sud de l'Espagne - mesure que la richesse culturelle autour de la religion musulmane remplit toutes les conditions pour créer une fierté autour de valeurs culturelles à opposer à un repli identitaire uniquement autour de la religion.
L’Islam doit se fondre dans la République selon les mêmes conditions qui prévalent pour les autres religions pratiquées en France : comme toute forme de croyance, la religion relève de la sphère privée. La sphère publique, c’est celle du droit et des règles voulus par les citoyens français. Ces règles du jeu s’imposent à tous : c’est la démocratie.
En réponse à la stigmatisation, il est indispensable de créer un vecteur de rapprochement et de compréhension des cultures, afin de combattre ardemment les idées reçues et les psychoses entretenues à des fins médiatiques et politiques. C'est pourquoi je propose la création d'un Office Euro-Mediterranéen de la Jeunesse et j'agirai pour que ce projet se concrétise.
Combler les ignorances, ouvrir un espace de dialogue et de compréhension mutuelle, provoquer et encourager les échanges, regrouper les connaissances, tels sont les défis ambitieux de ce projet d’Office Euro-Mediterranéen de la Jeunesse. Il doit permettre l’enrichissement individuel et collectif des publics jeunes visés par ce nouveau forum. Il remplirait le même rôle que l’office franco-allemand, créé au lendemain de la guerre pour rapprocher deux peuples que deux conflits avaient opposés en 30 ans. Et aujourd'hui, la France et l'Allemagne sont les piliers de l'Europe.
Affaire à suivre.
17:10 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, La Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, intégration, jeunesse
08.03.2007
8 mars 2007 : Journée internationale des luttes des femmes
J’étais ce matin au Lycée André BOULOCHE de Saint-Nazaire (cet établissement comporte une section « construction » dans laquelle sont inscrites des jeunes filles) afin d’échanger avec les lycéens sur la question des représentations que se fait la société au sujet du caractère sexué de certaines professions.
Aujourd’hui encore, les femmes ne représentent que 9% du total des effectifs à suivre une formation dans le domaine de la construction et des travaux publics. Or, c’est précisément un des secteurs économiques qui dans les toutes prochaines années, sera amené à embaucher massivement.
Inversement, les lycéens mettent le doigt sur la question de la sous-représentation des hommes dans certaines professions : c’est le cas notamment du secrétariat où ils ne sont que 3%, ainsi que des sages-femmes (1%).
C’est pourquoi, nous avons mis en place des politiques incitatives pour aller vers une mixité totale, et notamment en ce qui concerne les postes de direction et d’encadrement, où les femmes sont quasiment absentes.
L’après-midi, était consacré à des échanges avec les lycéens d’Aristide Briand, toujours à Saint-Nazaire, sur la question de la représentation des femmes dans la presse. Là encore, le regard des jeunes est hautement instructif.
je les ai entendu refuser les clichés et appeler de leurs vœux une société de mixité bien loin des communautarismes qui séduisent aujourd'hui, y compris des responsables politiques.
21:20 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journée des femmes, saint-nazaire, jeunesse
08.02.2007
La question de la jeunesse dans la campagne des présidentielles
Je coordonne pour l'Association des Régions de France la rédaction d'un manifeste des Régions pour la jeunesse, qui a pour but de présenter ce que nous sommes capables de faire pour redonner confiance en eux aux jeunes de notre pays.
La rédaction de ce manifeste a été décidée en décembre 2005, et nous a amené à organiser un colloque à Lille en juin 2006, puis des séminaires un peu partout en France depuis. Le dernier en date s'est déroulé à Limoges mercredi, et se consacrait à l'insertion professionnelle. Nous avons pu confronter nos points de vue avec les acteurs de l'éducation et de la formation, au premier rang des quels les organisations de jeunesse, mais aussi, les profs, les parents d'élèves, les associations et les fédérations d'éducation populaire.
C'est pourquoi j'attendais avec impatience le discours de Ségolène Royal à Grenoble la semaine passée sur cette question. Gilbert Roger, le maire de Bondy, a préparé le cadre de ce débat et nous avions eu l'occasion d'en discuter. J'en attendais donc du bien. Le résultat est là.
Il représente une nouveauté forte dans tout ce qui a pu être dit sur la question jusqu'ici. Résolument moderne, il correspond bien aux attentes des différents interlocuteurs que j'ai pu avoir sur cette question ces derniers mois, et va dans le même sens que ce que nous allons proposer d'ici quelques semaines au nom des Régions de France.
12:35 Publié dans Education/Jeunesse, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : élection, jeunesse, ségolène royal, grenoble, discours, bondy, gilbert roger




