10.09.2007

Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

c7f40d0255fe31a78b12289df39c7479.jpgEn cette période de rentrée scolaire, je visite traditionnellement les lycées, comme je l'indiquai dans ma note de lundi dernier. Une fois cette tournée terminée, je pense d'ailleurs faire un point ici même sur ce que j'en aurais retenu. Elle se termine demain, dans un lycée de l'agglomération nantaise, la Herdrie à Basse Goulaine. Rendez-vous d'ici peu donc.
La lettre aux éducateurs de Nicolas Sarkozy est sortie pendant une de mes visites, et j'ai eu l'occasion de recueillir les premiers sentiments des intéressés en direct. Une partie des réactions était dans la droite ligne du courrier publié ce jour par Libération, par une enseignante du Nord, Isabelle Develter (que je vous encourage à lire). De nombreuses autres questions m'ont également été posées, très ancrées dans le quotidien des enseignants : le collège unique, le socle commun des connaissances, etc. Quant à moi, mon expérience d'enseignant puis de proviseur, de maire puis de président de Conseil régional m'a poussé à répondre au Président de la République. Cela a donné ce texte, dont des extraits sont publiés dans Libé d'aujourd'hui, et l'intégralité par Ouest-France du même jour.
J'aurai pu être plus long, insister sur l'empreinte proprement réactionnaire et parfois passéiste - un de mes proches m'a dit qu'à sa lecture, il avait eu parfois l'impression de lire du vieux français - de certains points de la lettre, ou argumenter sur les points de rupture forts, la hausse de la brutalité d'une partie des jeunes ou la baisse du niveau présentés comme des phénomènes actuels, alors que des études récentes ou plus anciennes dénient parfaitement ces poncifs (ainsi, sur l'élévation du niveau de connaissance, Eric Maurin a sorti le surlendemain de la lettre du Président de la République un livre, "La nouvelle question scolaire", qui démontre entre autres l'effet bénéfique du collège unique sur le niveau général).
J'ai choisi d'être assez court et d'aller à l'essentiel : même si l'on peut noter dans son discours un progrès indéniable vis à vis de ce qui avait pu se faire sous le gouvernement précédent, cette lettre est en dehors de la réalité. Réalité éducative : on ne peut parler d'éducation sans prendre en considération l'ensemble des acteurs, dont les personnels non enseignants et les collectivités locales, ni la disparité des parcours et des filières. Mais surtout réalité sociale : désinscrire entièrement la réussite éducative de son environnement social fait courir le risque de passer complètement à côté des enjeux de la société actuelle, en plus de continuer à creuser les inégalités.