18.05.2007

François Fillon à Matignon

Le Conseil régional des Pays de la Loire compte donc en son sein le Premier ministre. Je salue sa nomination et lui souhaite bon courage. Je ne sais pas s'il restera membre de notre assemblée. Je crois que cela lui est possible selon la loi, mais le temps va lui manquer pour assumer correctement son mandat régional. En juin 2004 nous avons voté une baisse des indemnités pour  les élus insuffisamment présents. Nous aurions pu plusieurs fois l'appliquer à François Fillon, ce que nous n'avons pas fait par courtoisie républicaine lorsqu'il était ministre.
Dans le concert des commentaires qui vont suivre sa nomination, nous allons retrouver, à n'y pas manquer, cette vieille lune que le nouveau premier ministre serait un gaulliste social. Sa proximité avec Philippe Seguin il y a plus de dix ans lui a offert cette image, dont il ne se départit pas. Je suis toujours étonné, quand j'entends ou lis les journalistes parisiens présenter ainsi François Fillon. Car pour être estimable en tant qu'individu, il m'est apparu - au moins ces dix dernières années, depuis qu'il est passé à la tête des Pays de la Loire - comme étant politiquement très à droite.
Ainsi, au Conseil régional, dont il voulait faire un «  laboratoire de la droite » il fait alliance depuis 1998 avec le MPF de M. de Villiers, dont il faut bien reconnaître qu’il est plus proche de Jean-Marie Le Pen que de la social-démocratie  Il est d'ailleurs encore aujourd'hui président de ce groupe nommé « Union des Pays de la Loire ».
Comme président de la Région, il n’a jamais montré un intérêt particulier pour le « social ». Aucun crédit consacré à la construction de logements sociaux par exemple. Il a toujours refusé d’instaurer la gratuité des manuels scolaires pour les lycéens, ce que nous avons fait dès 2004, ou de supprimer la taxe sur les Permis de conduire, ce que nous avons également mis en place. Je peux citer aussi le refus d’une tarification spéciale sur les trains régionaux pour favoriser la recherche d’emplois des chômeurs.
Enfin, dans le domaine économique, il n’a jamais eu la moindre considération pour le secteur de l’économie sociale et solidaire, qui représente plus de 140.000 emplois en Pays de la Loire.
J'aurais l'occasion ces prochains mois de faire part de mes impressions sur son action, et d'apporter modestement mes éclairages. Ce que je peux dire dès aujourd'hui c'est que rien dans son action à la tête des Pays de la Loire ne laisse présager un rééquilibrage « à gauche » d'un président de la République portée sur l'ultralibéralisme.