17.04.2007
Le choix de l'humanisme : Ségolène Royal
Hier soir, la candidate de la gauche a soulevé l'enthousiasme des 9000 participants au meeting de Nantes, sans compter les retardataires qui ont suivi les interventions sur un écran géant devant le Zénith !
Elle bénéficiait d'une vedette américaine - lui même a parlé de lever de rideau - de grande qualité en la personne de Robert Badinter. Chacune des interventions du grand homme de loi est un évènement. Hier soir, il a été à la hauteur de sa réputation, nous rappelant que chaque fois que les socialistes ont été au pouvoir en France, ils avaient su pousser un peu plus loin le progrès social, des congés payés de 36 aux 35 heures, en passant par la décentralisation ou l'abolition de la peine de mort. En ce qui concerne cette dernière avancée sur le chemin de la civilisation, qui lui est grandement imputable, il a élégamment porté un hommage au courage politique de François Mitterrand qui avait décidé pendant la campagne de 1981 d'aller à l'encontre de l'opinion publique en prônant l'abolition.
Il y avait d'ailleurs du François Mitterrand dans la Ségolène Royal qui a pris la parole hier soir. A mesure que la campagne avance, elle a pris complètement la mesure de la tâche qui l'attendait : les débats participatifs, les rencontres avec les acteurs de la société française, les réunions publiques l'ont transformé chaque jour et ont fait apparaître ce que j'ai décelé chez elle depuis longtemps : une carrure de femme d'Etat. Elle a su ces dernières semaines lever une à une les objections qui ont pu lui être opposées, sur le fond comme sur la forme.
Ségolène Royal a un programme, le pacte présidentiel, résolument pragmatique et profondément humaniste. Elle l'a décliné hier soir très fortement, insistant sur les valeurs de liberté et de démocratie.
Jamais depuis 1981 les français n'ont été soumis à un choix aussi évident. J'ai le sentiment que la situation apparaît de plus en plus clairement chaque jour. D'un côté un programme d'une gauche pragmatique, cherchant à allier efficacité économique et progrès social, de l'autre celui d'une droite décomplexée, convertie à l'ultralibéralisme qui promet des lendemains qui déchantent à la société française. Je ne peux imaginer que nos concitoyens ne fasse pas le bon choix.
12:35 Publié dans La Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, meeting, nantes, humanisme, Robert Badinter
30.03.2007
L'Université de Nantes change de président
Yves Lecointe est le nouveau président de l'Université de Nantes. Elu lui-même il y a 15 jours, il a succédé officiellement ce matin à François Resche.
Ce dernier avait été 1° vice-président de Yann Tanguy, son prédécesseur, et était à la tête de l'Université de Nantes depuis 2002.
Comme maire de La Roche sur Yon, qui accueille un pôle important de l'Université de Nantes, j'ai pu mesurer sa détermination à défendre et à développer le service public de l'enseignement supérieur : au moment de la décrue des effectifs étudiants, à la fin des années 90, il a su impulser une nouvelle dynamique dans ma ville par la création de filières bi-disciplinaires et de licences professionnelles.
Une fois à la Région, les raisons de dialoguer se sont multipliées : enseignement supérieur, recherche (il a été un des artisans de la décision du Conseil régional de se lancer en 2004 dans la construction du Cyclotron à Nantes), mais aussi conditions de vie des étudiants, ... dialogue à chaque fois enrichissant et aboutissant à des résultats concrets.
François Resche a été un président d'université iconoclaste et engagé. Ainsi, il a pris le risque en 2004 de refuser le budget très insuffisant que le ministère lui accordait pour montrer son inquiétude vis à vis de l'avenir de son institution. Puis, il avait fait la une des journaux l'an passé en demandant au 1° ministre de retirer le projet de loi sur le Contrat Première Embauche (CPE). La Conférence des Présidents d'Université se tenait à Nantes quelques jours plus tard. J'avais eu l'occasion de saluer son courage devant ses collègues.
Restera également de son passage à la tête de l'Université de Nantes un souci nouveau pour la vie étudiante, condition essentielle pour l'attractivité d'un établissement à l'heure de la mobilité étudiante.
Je lui souhaite bonne chance, ainsi qu'à son successeur aujourd'hui à la tête de la plus grande université pluridisciplinaire de France.
(Sur la photo : François Resche et Bernard Dubreuil, ancien recteur de l'académie de Nantes, devant un étudiant de l'Iut de Nantes en plein travail)
19:10 Publié dans En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : université, nantes, françois resche, étudiants, recherche, enseignement supérieur
27.03.2007
En campagne pour une société de culture

J’ai participé hier à la réunion de campagne de Ségolène Royal sur la culture organisée au Lieu Unique. La candidate a rappelé que « la culture était un combat social ». J’ai apprécié son courage autant que celui de nombreux professionnels qui constatent que les industries culturelles n'ont pas pour but la création et la diversité artistiques, et que des régulations sont nécessaires. Le service public de la télévision n’assume pas ses engagements, la concentration des médias empêche le pluralisme, la publicité y croît au déficit de la pensée. Ségolène Royal a présenté ses 10 engagements pour la transformation culturelle de la société dans son pacte présidentiel. Mais elle a rappelé hier encore que cet enjeu majeur transversal à toutes les catégories sociales devait aussi traverser les territoires. En effet, à un moment où 80% de la culture est financée par les collectivités, l’Etat, en même temps qu’il redonnera des moyens à la culture, devra clarifier avec les collectivités locales le rôle de chacun.
L’urgence est bien de mettre au cœur des politiques culturelles la question des publics et notamment la présence des arts à l’école. A ce titre, le bilan de Jacques Chirac est consternant. La seule mesure qu’il proposait en 2002 pour la culture était le développement de l’éducation artistique. Or dès son arrivée, il met fin sans aucune alternative aux financements accordés aux classes à projet artistique et culturel (PAC) mises en place par Catherine Tasca et Jack Lang qui avaient engagé un début de révolution pédagogique. Mais avec Jacques Chirac, le dire n’a jamais eu à voir avec le faire.
C’est le contraire que nous avons engagé dans les lycées. Nous avons permis aux lycées de disposer eux-mêmes de crédits pour des projets. Des opérations particulières ont été lancées notamment pour permettre un échange entre élèves et artistes dans les lycées. J’étais hier avant cette réunion avec Ségolène aux « Lycéens ont du talent » avec 1100 d’entre eux et j’ai été réellement impressionné par la qualité des créations présentées. De manière plus globale, nous avons augmenté notre budget culture de 40% et revu tous les équilibres de subvention pour quitter le clientélisme et assurer que des objectifs soient atteints.
Mais je n’oublie pas que le combat pour la culture est global. Il se gagnera aussi avec toute la société au premier rang desquels les artistes eux-mêmes et à ce titre, la candidate l’a rappelé, il faut maintenir et pérenniser le régime de l’intermittence, rouvrir des négociations pour qu’un accord décent émerge sur un autre lit que celui de la division dans lequel la droite s’était engouffré. En bref, reconstruire avec chacun une société de la culture et de la connaissance, c'est bien redonner enfin à chaque citoyen quelques ...désirs d’avenir.
(crédit photo : Manuel MC sur flickr.com)
20:05 Publié dans La Présidentielle | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène royal, culture, présidentielle, nantes, pacte présidentiel
02.03.2007
Airbus : solidaire avec les salariés
A la fin d'une semaine très chargée sur le plan industriel, et comme je l'annonçais en milieu de semaine, voici un point rapide sur le dossier Airbus, qui impacte fortement la Région des Pays de la Loire.
Un communiqué était déjà parti de la Région mercredi soir, annonçant que "le Conseil régional, pour sa part, s’opposera à toute diminution de la capacité industrielle de Saint-Nazaire et à tout licenciement".
J'avais eu également dès lundi des échanges avec mes collègues des différentes régions impactées par le Plan "Power 8". C'est ainsi que nous avons décidé de nous coordonner et de chercher à influer sur les choix stratégiques de l’entreprise en se mettant sur les rangs pour entrer au capital de l'entreprise.
Il faut dire que les collectivités locales, (Région, Département, agglomération nantaise, l'Etat finançant également) sont en train de s'engager dans une infrastructure de recherche-développement sur les matériaux composites, Technocampus, en lien avec le tissu de la recherche locale, Airbus et les autres grandes industries régionales, dont le coût se compte en dizaines de millions d'Euros. Dans ces conditions, il nous semble indispensable d'd'obtenir des assurances des responsables de l'entreprise de construction aéronautique.
Hier soir, le directeur d'Airbus France, Jean-Marc Thomas, était à Nantes pour rencontrer les élus locaux. Il nous a rassuré sur l'engagement de son entreprise sur ce grand projet, ainsi que sur les perspectives industrielles pour l'Estuaire de la Loire. Il a été moins convaincant sur l'avenir des salariés.
Justement, ce matin, avec Jean-Marc Ayrault, Patrick Mareschal, Joël Batteux, ainsi que Françoise Verchère et Michèle Lemaître, les maires de villes de Bouguenais et de Montoir qui acceuillent des sites, nous avons reçu les représentants syndicaux des salariés d’Airbus.
Le traumatisme des salariés est immense. Comment en effet pourraient-ils admettre qu’une entreprise dont les carnets de commandes sont pleins pour au moins cinq ans, et dont les sites locaux ont démontré leur performance industrielle, puisse ainsi supprimer de nombreux emplois en son sein comme chez ses sous-traitants.
Nous avons réaffirmé aux représentants syndicaux notre attachement au maintien de l'emploi et de la capacité industrielle dans l'estuaire de la Loire. Je crois que notre soutien a été apprécié.
Ils nous ont aussi confortés dans notre détermination à ce que les pouvoirs publics, l’Etat au premier chef mais aussi les Régions, puissent influer sur les choix stratégiques de l’entreprise au travers d’une politique industrielle volontariste et d’un droit de regard sur le capital de l’entreprise.
Mardi, je montrerai ma solidarité en allant manifester aux côtés des salariés mobilisés pour la défense de leurs emplois. (crédit photo : albspotter sur flickr)

19:30 Publié dans En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Airbus, Nantes, Saint-Nazaire, indutrie, régions




