29.06.2007
"La République s’honore lorsqu’elle célèbre ses serviteurs, au-delà des convictions qui les animent"
C'est la raison pour laquelle le buste d'Olivier Guichard trône désormais dans le hall de l'hôtel de la Région des Pays de la Loire. Nous l'avons inauguré cet après-midi, en présence de sa famille, du sculpteur Jean Cardot qui a réalisé l'oeuvre, du Premier ministre François Fillon et de Roselyne Bachelot, tout deux anciens conseillers régionaux des Pays de la Loire, et même, pour le premier, successeur d'Olivier Guichard à la tête des Pays de la Loire.
Il m'est arrivé souvent d'être en désaccord avec Olivier Guichard lorsque je siégeais sur les bancs de l'opposition. Il m'est également arrivé d'exprimer mon accord sur des grands dossiers (enseignement supérieur, métropole Nantes-saint-Nazaire, arc atlantique, ...), au delà des clivages. En rendant hommage à son premier président élu au suffrage universel, l'institution régionale s'ancre un peu plus profondément dans le paysage politique et institutionnel français.
Autre élément de reconnaissance, le matin même le commissaire européen Jacques Barrot a échangé avec les élus régionaux dans notre hémicycle sur l'"état de l'union". Avant qu'il ne commence son propos, je lui faisais part des circonstances dans lesquelles il s'exprimait : "Vous n’êtes pas sans savoir que la quasi-totalité des formations politiques représentées dans cet hémicycle ont été traversées par des débats autour de la construction européenne. De même, les résultats du Conseil européen de la semaine passée sont diversement appréciés sur les bancs présents devant vous. Il n’en demeure pas moins qu’indépendamment de nos sensibilités, comprendre la réalité de l’Union européenne est une nécessité pour chacun d’entre nous et c’est pourquoi votre éclairage nous sera précieux.". Son discours mesuré et conscient des enjeux du développement durable me laisse penser que les choses ont finalement beaucoup évolué depuis Rio en 1992 et Johannesbourg en 2002.
Pour le reste, la session du budget supplémentaire qui s'est achevée ce matin s'est déroulée très tranquillement. Manifestement, le départ de François Fillon et de Roselyne Bachelot, l’absence d’Hervé de Charrette et les questions de leadership dans la droite nantaise ont pesé sur la capacité d’action de l’opposition régionale. Il faut dire que les grands sujets en débat ne prêtaient pas à la controverse : Qui peut être contre le Technocampus EMC², qui nous donne une longueur d'avance dans la bataille industrielle autour de l'aéronautique ? Qui peut être contre le fonds d'appui aux filières et l'accompagnement des PME industrielles ? Ou contre l'achat de trains, alors que les TER connaissent un succès grandissant ? Une autre explication cependant : après une séquence électorale où la droite a obtenu en Pays de la loire une plus courte majorité qu'elle ne s'y attendait aux présidentielles et des législatives où la gauche a plus que doublé son nombre de députés, le discours de la droite régionale sur l'illégitimité de notre victoire de 2004 ne peut que s'estomper, il lui faut en trouver un autre. Car le pluralisme politique s’est installé durablement en Pays de la Loire, avec un résultat de la gauche qui se construit autour des villes, bien sûr, mais pas seulement. J’ai la prétention de penser que l’action de la majorité régionale n’est pas complètement étrangère à ce résultat.
19:00 Publié dans En Pays de la Loire, Le rôle des régions, Parcours | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Olivier Guichard, Jacques Barrot, Pays de la Loire, Région, élections



