30.01.2008

Pourquoi il fallait ouvrir des formations d'aides-soignants dans les lycées

Il y a aujourd'hui 1200 aides-soignants formés en Pays de la Loire. La plupart dans des instituts privés, une forte proportion dans des écoles adossées aux hôpitaux et jusqu'à la rentrée dernière aucun dans un lycée public.
Depuis longtemps les Régions financent des formations d'aides-soignants. Une quasi certitude de trouver un emploi à la sortie attire nombre de jeunes issus de milieux le plus souvent modestes. Pour cela, ils sont prêts à faire des sacrifices importants, puisque la formation coûte (on pourra bientôt dire coûtait, j'y reviendrai) jusqu'à 4900 € l'année. Un comble, alors que par exemple les études de médecine sont quasi-gratuites au début, puis rémunérées par la suite.
En 2004, le gouvernement a transféré aux Régions les formations sanitaires et sociales, dont les formations d'aides-soignants. Une fois ces formations sous notre responsabilité directe, nous ne voulions plus faire perdurer cette situation d'inégalité sociale flagrante. Et outre la justice sociale, un autre motif nous poussait à agir : dans un contexte de vieillissement de la population, ces professionnels de la filière sanitaire et sociale sont des spécialistes de l’aide à la personne en situation fragile - bébés et jeunes mamans, personnes âgées et en difficulté, handicapés - . Il faut pouvoir répondre à cette demande sociale, et former les personnels en conséquence sans que le financement de la formation ne constitue un frein pour les éventuels candidats.
Nous avons commencé les discussions avec le Rectorat très vite après le transfert de 2004, et avons abouti sur l'ouverture d'une section au lycée de La Roseraie à Angers à cette rentrée. Le travail enclenché entre le rectorat et la région permettra d’ouvrir de nouvelles sections, très rapidement, au Mans et à Rezé, puis d’autres encore, je le souhaite. Comme toutes les formations en lycée, elles sont bien entendu gratuites.
9b89e604febd967eae6bb32ec8287147.jpgCe mardi, je visitais la Roseraie avec Paul Desneuf, le recteur de l'Académie de Nantes et de nombreux élus régionaux. Nous avons visité des salles de cours et rencontré à cette occasion des futurs aides-soignants (en réalité des futures aides-soignantes). Lors du débat qui s'est engagé, elles nous ont fait part de leur difficulté à trouver des stages, de leurs difficultés à être reconnues lors de leurs stages car venant de lycées professionnels. Le monde de la santé doit semble-t-il dépasser ces a priori. Nous allons nous y employer en valorisant leurs formations et en créant de véritables pôles d'excellence dans les lycées. Il ne peut en être autrement si l'on veut faire face au besoin d'accroissement des effectifs dans cette filière.
Dernière chose, à la future rentrée, l'ensemble des formations d'aide-soignants seront gratuites, quelque soit le type d'établissement fréquenté. C'est une des grandes nouveautés de l'année 2008, qu'ont décidé jeudi dernier les conseillers régionaux à l'occasion du vote du budget. Nous rétablirons ainsi les choses dans l'ordre.

19.11.2007

Les investissements d'avenir et leur financement

J’ai participé vendredi à la pose de la 1ère pierre de la future résidence universitaire Lakanal, sur le campus universitaire d’Angers, en compagnie de Jean-Claude Antonini, le Maire de la ville et vice-président de la Région, et de Michel Noctulle, le directeur du CROUS des Pays de la Loire. Ce sont ainsi 300 nouveaux logements qui viendront compléter, en 2009, le parc existant.
1cd46f85ccd8bfdc793ad3fdd3d837b7.jpg2 choses à noter pour cette réalisation en cours. La première, c’est bien évidemment que l’accroissement du logement étudiant est indispensable, car il participe de la cohérence des interventions publiques  pour le développement de l’enseignement supérieur dans notre région. Jean-Claude Antonini a d’ailleurs rappelé que le logement est l’une des composantes à l'origine du mouvement étudiant actuel. Comment en effet étudier dans de bonnes conditions si on n’a pas les moyens, notamment, de se loger ?
Le deuxième aspect, c’est que, sans la participation de nos collectivités locales, et alors même que ce n’est pas de notre compétence, mais bien de celles de l’Etat, ce projet n’aurait pas pu aboutir : la ville d’Angers a fourni le foncier nécessaire, le Conseil Régional des Pays de la Loire a contribué à hauteur de près de 10 % au plan de financement. Michel Noctulle a lui-même précisé que sans ces 2 interventions publiques, il n’aurait pu réaliser cette construction.
C’est encore une fois la preuve, comme je le répète régulièrement en ce moment, de l'importance du rôle de la fiscalité locale pour répondre aux demandes de nos concitoyens. Le Conseil Régional a ainsi fait le choix d’intervenir fortement en matière de logement étudiant (21 M € sur 7 ans), parce que toute intervention en matière d’enseignement supérieur, en dehors même de nos compétences est, quoi qu’en dise l’opposition régionale, un investissement pour l’avenir : pour le développement et le rayonnement de notre région, pour la nécessité sociale que représente la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur. Par ailleurs, la fiscalité régionale ne représente que 5 à 6 % de l’ensemble de la fiscalité locale, et représente moins que ce que l’Etat prélève  - comme prestataire de service - pour procéder à la collecte de l’impôt.
C’est le message que j’ai également fait passer jeudi, lors d'une réunion de préparation de la Conférence des Grandes Ecoles à laquelle j’ai participé. Il s’agit bien de promouvoir une véritable ouverture sociale de l’enseignement supérieur, avec l’ensemble des équipements dont dispose notre région, sans compétition stérile des uns avec les autres. C’est bien le rôle de notre Conseil Régional que d’être un ensemblier et de mettre en relation tout ce qui peut permettre de répondre aux objectifs que nous nous sommes fixés.