04.03.2008

Retour sur les rives du Lac Tanganika : le co développement par la preuve

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J’ai eu l’occasion de le dire à Bujumbura devant les journalistes burundais et français à l’occasion d’un point presse, la mission que nous y avons effectuée a été d’une qualité et d’une densité exceptionnelle. Il y a d’abord eu l’accueil par les autorités Burundaises et Françaises qui traduisait bien leur intérêt pour la démarche de coopération initiée fin 2006 qui a déjà porté de premiers fruits grâce, en premier lieu, à la capacité d’organisation du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Jean-Jacques Nyenimigabo. Il y a eu une excellente coordination des acteurs et des actions. Cette coopération est d’autant plus efficace qu’elle se développe en lien étroit et avec le soutien de l’Ambassade de France au Burundi et du Ministère Français des Affaires Etrangères.
Ce pays, que je ne connaissais pas, est dans une situation exemplaire, dans cette période intermédiaire après une longue et meurtrière guerre civile. Il connaît la stabilité politique depuis moins de trois ans et il a élu démocratiquement un président de la République. La démocratie, bien que toujours fragile, est une réalité. J’ai rencontré, notamment à l’ambassade de France, des opposants, des anciens présidents et anciens ministres qui côtoyaient des membres de l’actuel gouvernement.
La réussite de l’étape actuelle de réconciliation nationale et d’installation durable de la démocratie est capitale pour le développement de notre coopération et elle lui donne un sens extraordinaire. C’est par la lutte contre la pauvreté, le soutien au développement économique, l’amélioration des conditions de vie, d’éducation, de santé publique des populations africaines qui se débattent courageusement dans des contextes très difficiles que nous pouvons être utiles et fidèles à nos valeurs. N’oublions pas que les crises politiques naissent, pour la plupart, de la pauvreté. Le co-développement est assurément le meilleur moyen de venir en aide aux pays en voie de développement et le plus efficace pour réduire l’émigration de la misère.

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La Région des Pays de la Loire a choisi de participer à des actions à la mesure des moyens d’une région française et des compétences des acteurs de son territoire. Cette volonté de nous concentrer sur des domaines d’excellence permet aujourd’hui de constater que les choses vont vite et bien. Le co-développement nécessite, bien entendu, des moyens comme le financement de la machine à glace de Rumonge qui va permettre aux pêcheurs burundais de mieux valoriser leur travail ou le bus affecté au mouvement sportif, lequel sport joue un rôle majeur dans la réconciliation, mais surtout des actions de formation dans tous les domaines d’intervention.  Santé, environnement, économie, agro-alimentaire, sport…
La Région va détacher à Bujumbura des moyens pour coordonner et suivre localement les actions. Comme je le soulignais plus haut, cette coopération entre une région française et un Etat est une première et pour que les actions de coopération entre les différents acteurs français gagnent en efficacité, en accord avec le Ministère Français des Affaires Etrangères nous allons nous charger de la coordination des initiatives. On pourrait même envisager cette coordination au niveau européen, j’ai rencontré l’ambassadeur d’Allemagne à Bujumbura et nous avons évoqué ce sujet. Chacun, ne peut pas continuer à venir  seul, fort uniquement de ses certitudes et de sa vérité, tout le monde en convient.
Des médecins burundais qui exercent en France, près de 70, ont la volonté de « renvoyer l’ascenseur » au pays qui les a vus naître. D’ores et déjà, nous les avons assurés de notre soutien et accompagnement. Je souhaite que d’autres collectivités de la région nous rejoignent, d’autres institutions à l’image de la Chambre régionale d’agriculture, des Parcs naturels régionaux ou Comité régional olympique et sportif...  A voir l’engagement exemplaire et la qualité des femmes et des hommes de la délégation ligérienne, j’ai confiance. Elle était composée d’une trentaine de personnes qui se sont mobilisées, pour nombre d’entre eux en prenant sur leurs congés, dans cette action de solidarité au long cours  qui intervient à un moment crucial dans l’histoire de ce pays. Chacun était animé par le même souci de l’action concrète et d’apporter des réponses en adéquation avec les attentes de la population burundaise et de ses représentants.
Le Burundi a des besoins dans beaucoup de secteurs mais surtout du courage et de la volonté. Je suis rentré avec la certitude que le pays réussira dans la voie dans laquelle il s’est engagé et conforté dans le bien fondé de notre action. Tout cela donne du sens à la notion de co-développement.
Dans quelques jours, avec des représentants de chacun des groupes, sport, santé, environnement, économie, nous tiendrons une conférence de presse pour présenter le bilan de cette mission et les actions qui vont être entreprises dans les 3 ans à venir. J’aurai donc l’occasion de revenir sur les suites.

A propos de la 2° photo :  elle a été prise à l’occasion d’un déplacement du pdt burundais dans un village  à l'heure des travaux communautaires. En effet, chaque samedi, chaque burundais est invité à offrir 2h de son temps à la collectivité.

19.02.2008

En Mission institutionnelle régionale au Burundi - Bujumbura, du 17 au 24 février 2008

C’est avec le plus grand plaisir que je mène la Mission institutionnelle régionale qui va nous permettre cette semaine, de consolider les relations que nous avons commencé à nouer en novembre 2006, lorsque le Ministre de la jeunesse, des sports et de la culture est venu nous rendre visite à Nantes. Dès lors, nous n’avons cessé de nous rencontrer, et les liens entre les citoyens Burundais et les citoyens des Pays de la Loire se sont considérablement accrus, ce qui démontre les attentes de nos concitoyens respectifs pour se rencontrer, échanger et partager.

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L’enrichissement mutuel qui en résulte est exaltant, et les domaines que nous avons décidé de privilégier : le sport, l’environnement, l’agroalimentaire et la santé sont des thématiques propices à cela. Je dois dire aussi toute ma satisfaction de constater avec quelle rapidité et quelle richesse notre coopération s’est mise en place, traduisant de ce fait la forte volonté ainsi que le très grand professionnalisme avec lesquels nos différents interlocuteurs ont abordé les choses. Je note par ailleurs la place prépondérante que le Burundi a accordé aux politiques sportives comme ferment de réconciliation nationale et de dialogue pour réparer le tissu social éprouvé par la guerre civile que le pays a traversé.
Ainsi, dans le domaine sportif, le Conseil régional des Pays de la Loire et ses partenaires, le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS), le Comité Régional Handisport, ainsi que l’UFR STAPS de l’Université de Nantes ont signé des accords de partenariat avec leurs homologues Burundais. Ces accords ont porté sur des aides à l’organisation sportive souhaitée par le Burundi, sur la fourniture d’équipements, et aussi sur des échanges étudiants et institutionnels. Nous allons les renforcer, et d’autres partenaires y participeront : je pense plus particulièrement au Comité régional du sport adapté Pays de la Loire, le Comité régional de Rugby Pays de la Loire et la Ligue de Basketball Pays de la Loire avec qui vous avez déjà échangé, ainsi que l’association « Sport sans Frontières »
Dans le domaine de l’agroalimentaire, nous avons engagé un projet de coopération concernant la conservation du poisson qui devrait permettre à la pêche burundaise d’étendre ses débouchés sur le marché est africain et de développer ainsi ses activités. Une machine à glace écaille vous a d’ores et déjà été livrée, et devrait nous permettre de mesurer assez vite les retombées concrètes pour le Burundi et ses habitants. Une autre coopération devrait voir le jour autour de la filière théicole, sachant que le thé est un produit au sujet duquel les Européens sont sensibles aux labels qui le qualifient, notamment en ce qui concerne sa dimension à la fois équitable et respectueuse de l’environnement. Je pense là encore que notre partenaire, la Chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire, est un interlocuteur sérieux qui saura s’impliquer avec force et travailler avec vous sur la recherche de solutions concrètes.
Nous arrivons ici à notre 3ème domaine de coopération : l’environnement, au sujet duquel je disais hier soir qu’il ne concerne pas uniquement nos deux pays, mais l’ensemble de la planète. Le projet de réhabilitation de la réserve de Ruvubu pourrait être intégré dans le 10ème FED qui est en train d’être négocié avec l’Union européenne et qui démarrera à partir de cette année. Mais nous avons déjà mis en place des échanges de savoir-faire, notamment par le biais de nos partenaires, la LPO, le Parc Naturel régional Loire-Anjou-Touraine et la Mission Val de Loire.
Enfin, sur les questions de Santé, nous avons mis l’accent sur les formations ainsi que sur la fourniture de matériel médical ou paramédical. Là encore, je remercie nos partenaires que sont : l’Association Santé France Burundi, Gynécologie sans frontières, l’Institut de Formation en soins infirmiers (IFSI), et également le Fonds Solidarité SIDA Afrique, que notre Région contribue à financer, et dont je sais qu’il mène et finance des actions au Burundi, je les ai d’ailleurs rencontrés à Paris la semaine dernière.
Mêlant institutions, associations et ONG, notre coopération implique un grand nombre d’acteurs dont la richesse est une chance pour nous. Je reviendrai prochainement sur cette mission et j’y exposerai les suites qui en découleront. J'ai eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises ma conviction qu'un véritable développement durable à l'échelle mondiale ne se fera pas sans solidarité active internationale. J'essaie cette semaine de mettre mes actes en conformité avec mon discours.