13.10.2008

Le congrès

Mercredi dernier, j'ai participé à une réunion à Bruxelles sur la future Politique Agricole Commune où j'ai vu bien des responsables socialistes qui sont dans le même état d'esprit que moi. Mon ami Jean-Pierre Masseret s'était adressé le lundi à François Hollande pour lui demander de reporter le congrès, dans le contexte politique et économique d'aujourd'hui. J'ai souhaité en faire de même en lui adressant un courrier que voici. J'ai senti un mouvement en ce sens, à la fin de la semaine : Julien Dray, d'autres responsables, et même quelques éditorialistes allaient dans ce sens. Depuis j'ai entendu François Hollande dire qu'il n'était pas question de surseoir. Dont acte, il va falloir choisir. Pas sur la ligne, il n'y a pas de différences sensibles, mais des sujets traités avec plus ou moins de profondeur. C'est sur d'autres critères qu'il faudra se déterminer. Je pense que ce sera sur la capacité à rassembler les socialistes.  Quoi qu'il en soit,  j'ai l'impression qu'on est passé largement à côté d'une bonne occasion de donner une bonne image de nous-même.

03.10.2008

Le sexe des Anges

La mémoire collective nous rapporte qu’en 1453, alors que les Turcs assiégeaient Constantinople, un concile réuni dans la basilique Sainte-Sophie débattait du sexe des anges. C’est de là que provient l’expression « querelles byzantines ».

Le Parti Socialiste reproduit aujourd’hui  ce schéma : alors que la France est rentrée en récession, et que Nicolas Sarkozy est en train de préparer une réforme des institutions qui va détruire la décentralisation pensée par François Mitterrand, Pierre Mauroy et Gaston Defferre il y a 25 ans, les différences d’appréciations entre trois des principaux textes d’orientation du Congrès de Reims sont minimes, voire parfois inexistantes, et le débat qui s'ensuit s'en ressent fortement.

abecedaire.jpgNous avons essayé, avec mon équipe de comparer, mot-clé par mot-clé, ce que disaient les motions Aubry, Collomb et Delanoë. Le résultat est ici, et il est éclairant : conditionnalité des aides économiques, fiscalité écologique, logement social, pouvoir d’achat, il faut être fin dialecticien pour saisir les dissemblances.

Alors certes, il existe des différences d’appréciation sur les stratégies électorales. Mais on parle là de moyens pour gagner une élection qu’aucun socialiste, à l’exception de François Mitterrand, n’a jamais gagné. Avec la crise financière et la récession annoncée, le temps n’est il pas d’abord à apporter des réponses sur le fond à notre électorat ? Pouvons-nous nous résoudre à disparaître complètement du débat politique et de la scène médiatique comme c’est le cas depuis une semaine ? Ne faut-il pas rassembler tous les socialistes ? Pouvons-nous nous résoudre à laisser le Président de la République fustiger un néo-libéralisme dont il est le produit politique le plus abouti, pendant que la plupart d’entre nous cherchons à obtenir le ralliement de tel ou tel à sa chapelle ?

Cette semaine, j’ai participé à une table ronde qui se penchait sur la médiocre santé d’une grande entreprise de la filière automobile de la Région, j’ai rencontré des banquiers qui m’ont fait part de leur grande préoccupation, des entrepreneurs affolés, des agriculteurs soucieux de la situation mondiale. Sans parler des multiples courriers que je reçois de personnes que la crise met dans la plus grande difficulté. Tous attendent de nous une prise de position, une analyse de la situation et des propositions. Tous attendent également, au-delà des mots,  des actes forts.

L’heure est à une initiative de la gauche française, et particulièrement du Parti Socialiste. Face à la crise, il faut mettre de côté les querelles byzantines et les rancœurs accumulées en 2002, en 2005 ou en 2007, pour offrir un autre visage à la société française, celui d’une alternative claire et cohérente, que nous mettons d’ailleurs en œuvre au quotidien dans nos collectivités locales, et surtout capable de travailler ensemble le moment venu.