04.06.2007

Du passé à l’avenir, la culture a toute sa place

Deux événements culturels importants ont marqué la fin de la semaine dernière et ont illustré le rayonnement local et international de notre territoire par des choix politiques que nous avons opéré.
d6d83be46e85db9ecefcea51bb8c6196.jpgD’une part, j’ai inauguré jeudi l’exposition Héros et Merveilles du Moyen-Age à l’Abbaye Royale de Fontevraud. Président de cette institution dont la mission est de valoriser le site exceptionnel de l’Abbaye, j’ai engagé depuis plus d’un an une nouvelle dynamique qui fructifie enfin. Il est surprenant de voir combien ce lieu, sauvé de l’abandon par Olivier Guichard a été finement restauré pour retrouver ses plus beaux atours sans trouver parallèlement de valorisation, voire d’animation suffisante pour son échelle... on n’y trouve même pas de musée de site. Avec Xavier Kawa Topor, le nouveau directeur, un projet a été mis en œuvre dont un des axes concerne la relation entre les spiritualités et la société rationnelle. Après une grande rencontre participative pour construire ce projet en octobre dernier, la première action d’envergure est sans aucun doute cette exposition rendant hommage à l’historien Jacques Le Goff. Une exposition incontestablement accessible à tous, que je recommande aux enfants pour comprendre que le monde d’aujourd’hui recèle encore de nombreuses références à l’imaginaire médiéval.
Ce week-end ensuite, ce fut le temps d’Estuaire, grande manifestation consacrée à l’art contemporain allant de Nantes à Saint-Nazaire et que les collectivités locales de ce territoire ont très fortement soutenu. Ce projet imaginé par Jean Blaise permet incontestablement de revaloriser le patrimoine fantastique de l’Estuaire, aux richesses architecturales (notamment de nombreuses friches) et naturelles encore trop méconnues. Donner à l’art une véritable place dans la ville et le paysage naturel est un pari sur la liberté et donc sur la création. Parmi ces œuvres, certaines nous interrogent et d’autres nous fascinent tant elles répondent simplement à des questions complexes. Par exemple, de grandes formes géométriques rouges dessinées sur près de 2kms de distance par Varini sur le paysage industriel de Saint-Nazaire se réunissent à partir d’un point de vue unique et fédèrent ces bâtiments bruyants et dangereux pour donner une histoire, une lecture commune à cette ville. Sur une échelle plus petite, la grande collection du FRAC exposée sous le titre de « Rouge Baiser » au Hangar à bananes permet de découvrir avec densité des regards très diversifiés sur le monde, dont certains proviennent d’artistes encore émergents. cff156d8e2f36a4f4e50a96c5416d39e.jpgImpossible de laisser de côté non plus les 108 brigands, oeuvre de Yan Pei-Ming exposée à l'hôtel de Région.
Ces deux événements font la une de notre actualité régionale. Ils démontrent notre volonté de placer la culture au cœur de notre espace de vie. Au même titre qu’Estuaire est une manifestation complémentaire des aides que nous apportons aux petits lieux et aux jeunes créateurs, Fontevraud illustre la richesse de notre patrimoine (qu’il soit monumental ou plus modeste) et la diversité des actions à imaginer pour comprendre le présent à partir du passé.
Donner une vraie place à l’artiste comme à l’historien, c’est faire le pari d’une société de l’intelligence collective… c’est un pari politique que d’autres auraient tort d’oublier.