30.12.2008
Une dernière note en 2008, avant de changer la formule en 2009
Le blog s'est un peu essoufflé en cette fin d'année 2008. Il faut dire que le rythme des assises régionales a été très soutenu. 8 réunions publiques le soir en ce mois de décembre : Laval, Longeville sur mer, Le Mans, Chemillé, Saint-Nazaire, Saumur, La Roche sur Yon et Nantes. Si on y ajoute le congrès de l'Association des Régions de France à Caen et la session du Conseil régional du 19 décembre, on mesure que le temps qui m'était imparti pour jeter ici quelques idées était très resserré, ces derniers temps...
Du côté du fait régional, les choses se sont pourtant accélérées pendant ce temps. Un discours pour le moins surprenant dans la forme du Président de la République sur les Régions, et la boite de Pandore du grand n'importe quoi territorial s'est ouverte. Alain Marleix, ancien député de la 2° circonscription du Cantal, élu en 2007 avec 24.000 voix, et aujourd'hui grand redécoupeur en chef des circonscriptions électorales au gouvernement, est venu au congrès de l'ARF nous expliquer que nous n'avions aucune légitimité. C'est vrai que Jean-Paul Huchon n'a été élu qu'avec 1,9 million de voix en 2004, et mon équipe n'avait obtenu que 762.000 suffrages. C'est pourquoi un secrétaire d'Etat qui doit son portefeuille notamment à ses hauts faits d'armes dans le cabinet de Charles Pasqua en 1986 peut se permettre de dire des choses pareilles. Une commission de plus, sous la houlette de M. Balladur, doit faire des propositions sur la décentralisation. Elle ne comporte ni maire, ni président de Conseil régional, mais elle est légitime. Il y a déjà eu de nombreuses propositions qui ont été faites, du rapport Mauroy au Big Bang territorial de Jean-Luc Warsmann, en passant par le rapport Valletoux et les conclusions qui en ont été tirées par les associations d'élus, mais il faut recommencer quand même. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre annonce, comme d'ailleurs Alain Marleix, que l'on va redécouper, fusionner, malaxer, mais on est censé faire confiance à la sagesse de la commission Balladur, dont les conclusions ne sont pas du tout téléguidées par l'Elysée. On croit rêver. Décidemment, l'esprit républicain s'est fortement estompé depuis mai 2007.
Les 3 présidents des principales associations d'élus l'ont dit d'une même voix pendant ce congrès de l'ARF : ce ne sont pas les collectivités qui vont mal, c'est l'Etat qui n'en finit pas de leur transférer tous ses maux. Leurs finances sont équilibrées, elles investissent dans l'avenir et s'il existe des doublons dans l'administration, c'est le plus souvent entre l'Etat et chacune d'elles. L'Etat qui a décentralisé, mais conservé ses services qui n'ont plus rien d'autre à faire que de surcontrôler. Pourtant, l'UMP continue de parler de gabegie, de dépenses inutiles, etc. Mais cela ne trompe personne : "quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage" dit l'adage populaire. Et quand on a peur de subir une nouvelle déroute électorale, on change les règles du jeu et on tire les collectivités vers le bas. Toute modification du mode de scrutin décidée à moins de 18 mois des régionales serait une scélératesse. Il faut dire les choses clairement.
Dans ce contexte, je souhaite plus que jamais donner corps au rôle de la Région à travers mon blog. Vous présenter des exemples de nos réalisations, des projets que nous soutenons, des choix que nous opérons. Je ne peux pas me résoudre à ce que le fait régional soit l'otage, comme il l'est aujourd'hui, de la trouille bleue qu'a le parti au pouvoir de perdre les élections en 2010. Les Régions valent mieux que cela. Les Pays de la Loire particulièrement.
14:59 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arf, fait régional, décentralisation, balladur
06.11.2007
Les gouvernements locaux du monde réunis en Corée
Directement après la mission en Californie, je me suis envolé pour la Corée du Sud.
Du 28 au 31 octobre s'y tenait le 2° Congrès mondial de Cités et Gouvernements Locaux Unis, la grande association mondiale des pouvoirs locaux. J’en suis l’un des membres fondateurs et c’est avec beaucoup de plaisir et d’enthousiasme que j'ai participé à ce congrès qui rassemble près de 2000 élus, locaux et régionaux, venus des quatre coins du monde et tous militants d’un monde plus juste, plus solidaire et plus équitable.
Je me suis assigné 3 objectifs lors de congrès.
Le premier était de présenter le rapport préliminaire sur la décentralisation et le démocratie locale, document réalisé avec la province de Barcelone et les responsables de CGLU. Une fois la chose faite, et approuvé à l’unanimité du bureau exécutif, nous décidons de poursuivre le travail en l’axant, notamment, sur le renforcement des pouvoirs régionaux, leurs réalité, leurs compétences et leurs moyens pour mettre en œuvre les politiques publiques et satisfaire aux besoins collectifs partout sur les territoires.
Second objectif, mettre fortement l’accent sur les droits de l’homme, facteur d’inclusion sociale et de démocratie territoriale. Je mène cette réflexion avec la commission « inclusion sociale et démocratie participative », dont le Président est le maire brésilien de Guarulhos, importante ville d’ 1,5 millions d’habitants et proche de Sao Paulo. Là encore, notre objectif est atteint puisque nous allons désormais confier ce pilotage au Secrétariat Permanent des Droits de l’Homme de Nantes / Région Pays de la Loire. Le prochain rendez vous est fixé à Nantes, début juillet 2008 pour le Forum mondial des droits de l’homme, et d’ici là beaucoup de travail nous attend.
Troisième objectif, continuer le travail de fond mené par CGLU sur « les régions, leviers du développement durable ». Ni angélisme, ni catastrophisme mais ferme volonté de donner à tous les clés d’un développement économique fort, d’une diversification des énergies, d’une intensification de la recherche et de l’innovation, d’une conception du management territorial participatif et démocratique. La table ronde prévue à cet effet a permis de dégager une stratégie, une méthode en matière de relations internationale des collectivités, de coopération économique, scientifique, institutionnelle et décentralisée reprise dans la déclaration finale.
La dernière partie de ce Congrès, sur un plan statutaire, confirme ma désignation au sein du conseil mondial et du Bureau exécutif de CGLU, ce qui donne encore plus de force et d’enthousiasme pour poursuivre cet engagement complexe, nécessitant beaucoup de travail, de réflexion, d’efforts, de contacts et de persuasion mais extraordinairement exaltante.
De retour en France, j'ai pris quelques jours de repos, qui prennent fin ce soir. Demain, je retrouve l'hôtel de Région, où j'assisterais à l'installation du nouveau Conseil Economique et Social Régional.
D'ici les vacances de fin d'année, de nombreux évènements vont ponctuer la vie régionale. J'aurai l'occasion d'y revenir.
17:08 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cglu, cités et gouvernements locaux unis, décentralisation




