15.12.2007
La gauche régionale et l'action économique dans les faits
Cette note est assez longue et je vous prie de bien vouloir m'en excuser. Le sujet ne se prête pas au raccourci.
Jeudi dernier était organisée à Saint-Nazaire la 4ème Conférence régionale du développement économique, centrée cette année sur l'organisation en filières, la complémentarité et les coopérations entre acteurs, l’ancrage territorial des activités et l’ouverture à l'international.
2 ans après l’adoption de notre schéma régional de développement économique (SRDE), nos axes stratégiques et notre cadre d'intervention sont clairs, opérationnels et connus de tous les acteurs économiques du territoire.
Depuis 2004, nos dispositifs et nos pratiques laissent un espace très large à l'invention et à l’originalité des démarches. Loin de tout dogmatisme, la gauche régionale place la création de richesse au service de l’emploi durable au cœur de ses préoccupations. Bien évidemment, des marges de progression sont encore possibles, l'innovation et la créativité devant plus que jamais animer les acteurs et l’entreprise, quelque soit son statut et sa taille, pour intégrer toujours plus la dimension multiculturelle, impératif de développement dans un monde globalisé.
Nous ne concevons pas le développement économique comme une simple politique sectorielle du Conseil régional. Il s'appréhende dans une logique transversale et de complémentarité avec d'autres politiques publiques telles que la formation professionnelle, l'éducation, la recherche, ou bien encore les infrastructures et les transports qui assurent l'attractivité et l'ouverture des Pays de la Loire.
Le récent Forum des PME organisé à Angers, centré sur les relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants, ainsi que les débats de cette journée me renforce dans la conviction que l'accompagnement public en faveur d'une entreprise n'est efficace qu'à trois conditions : sortir l'entreprise de son isolement, laisser l'initiative aux entreprises et privilégier une approche sur mesure adaptée à chaque filière. Ajoutons également la capacité de veille permettant de se connaître et de connaître son environnement économique pour rester performant. Souplesse et réactivité assure par ailleurs l'efficacité de notre économie régionale tout en maintenant nos exigences en matière sociale et environnementale. Il n’y a pas de contradiction à conjuguer ces enjeux, il s’agit simplement d’une question de responsabilité.
Le récent rapport de la Cour des Comptes sur les aides économiques nous interpelle mais il faut l'aborder sereinement pour y voir plus clair. Cet exercice d’évaluation devra par ailleurs être décrypté politiquement, à la fois sur la période qu’il couvre et sur la répartition des missions entre l’Etat et les collectivités territoriales. La Région agit dans une logique d’ensemblier, pour le développement, pour l’innovation pour la mise en réseaux sur l’ensemble de nos territoires, loin des slogans et de la communication, qui cachent de moins en moins bien le retrait délibéré de l’Etat de ses responsabilités en matière économique et social.
Pour ce qui nous concerne, pas de fatalisme mais de l’action. C’est dans cette logique que nous travaillons actuellement à la mise en œuvre d’un plan pour répondre aux enjeux liés à la valorisation de l’emploi industriel et aux plus de 6 000 postes à pourvoir, notamment à court terme sur la Basse Loire. Identification des besoins, concertation des acteurs impliqués dans la politique de l’emploi, aménagements des formations, information et sensibilisation sur les métiers de l’industrie, gestion prévisionnelle des emplois et compétences, relance d’une politique du logement et une action forte pour assurer la mobilité des ligériens constituent les axes forts de cette démarche qui pose comme préalable la pérennité des emplois et l’insertion par l’emploi. On est ici bien aux antipodes du CNE ou du CPE, avatar d’un libéralisme outrancier qui broye les compétences, les savoir-faire au profit d’une vision strictement utilitaire et opportuniste.
En marge de la conférence régionale, j'ai rencontré avec Joël BATTEUX, maire de Saint-Nazaire et vice président en charge de l’action économique, une délégation intersyndicale d'AKER YARDS pour évoquer avec eux la situation de ce fleuron mondial après le rachat de capitaux par un groupe sud-coréen. Devant les perspectives incertaines que connaissent l'industrie navale française et européenne, nous ne pouvons pas rester les bras croisés ; il doit y avoir une volonté politique et industrielle plus forte qu'elle n'est aujourd'hui si l'on ne veut ne pas voir notre capacité industrielle et notre outil de production vendus par étages et nos emplois disparaître. Le Gouvernement français se mure aujourd’hui dans un silence assourdissant, révélateur de l’absence de stratégie et d’ambition.
Au delà et à l’instar des conséquences du plan power 8 d’Airbus et de la parité euro/dollar se pose avec insistance la question des montages capitalistiques permettant d’endiguer les raids financiers et les jeux boursiers. La mise en place d'outils financiers et techniques à l’échelle régionale pourraient permettre aux acteurs locaux de mieux appréhender les stratégies industrielles et financières pour défendre nos champions industriels et trouver des réponses adaptées à la stabilité du capital. N’étant pas expert, mais confronté comme responsable politique à ces questions, il me semble plus que jamais urgent de s’en préoccuper et de regarder se qui se passe dans les Lander allemands.
08:15 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : action économique, pays de la loire, développement



