17.09.2008

Une année sous le signe du développement durable

De retour de Chine, où nous avons eu la double satisfaction de voir des médaillés ligériens aux jeux paralympiques, et de mesurer les effets de notre investissement dans notre jumelage avec le Shandong, j 'ai décidé d'imprimer une thématique à cette saison 2008-2009 : le développement durable. Il y a deux raisons à cela. d'abord, nous allons adopter en juin prochain notre Agenda 21, et les étapes qui y conduiront sont nombreuses, variées et passionnantes. Ensuite, lors des rencontres avec les élus locaux dont je vous parlais voici quelques jours, j'ai mesuré la chance que nous avions de vivre dans une Région en pleine forme. Ce n'est pas que je méconnais les difficultés que rencontrent nombre de nos concitoyens. Mais franchement, nous avons de la chance, et il nous appartient de la faire fructifier, dans le sens du développement durable.

Avant d'adopter cet Agenda 21 (je reviendrais sur la définition), nous allons connaître une phase de participation citoyenne, dont j'attends les résultats avec impatience. J'ai dit ici ou ailleurs combien j'étais persuadé qu'on était plus intelligents à plusieurs, et la perspective de rencontrer plusieurs milliers de gens me ravit. 16 réunions se tiendront sur l'ensemble du territoire des Pays de la Loire, entre début octobre et les vacances d'hiver, puis nous organiserons un moment de restitution le 31 janvier prochain. Entre temps, nous aurons égalkement demandé leur avis à nombre de structures régionales représentant la société civile, et fait travailler quatre panels citoyens sur des politiques régionales pour qu'ils nous rendent leur avis. ce seront les assises 2008, comme il y a eu les assises 2005 au début de ce mandat.

Je vais tenir sur ce blog le journal des assises, parler des raisons qui nous ont poussé à les organiser, parler de notre projet pour les Pays de la Loire, parler bien sûr des Pays de la Loire et donner mes impressions sur cette aventure. L'actualité politique (qui est bien moins enthousiasmante, c'est le moins qu'on puisse dire) passera donc au second plan sur mon blog dans les prochaines semaines. Mais ce n'est pas pour cela qu'on ne va pas parler politique ici, bien au contraire.

31.08.2008

A La Rochelle, il n'y a pas eu que les petites phrases et les combats des chefs...

la rochelle.jpgComme je l'avais annoncé ici, j'ai repris mes activités publiques en participant cette fin de semaine, à La Rochelle, au séminaire d’été des élus socialistes et républicains, organisé par la FNESER. Cette année, l’ensemble des ateliers tournaient autour du thème « après les élections locales : comprendre pour agir au présent ».
J’y ai animé un atelier sur « les politiques locales de développement durable ». Avec l’ensemble des élus locaux qui ont participé à cette table-ronde, nous avons relevé la force de frappe des collectivités locales, tout à la fois dans le discours et dans l’action pour la mise en œuvre du développement durable, face à un Gouvernement – et à un Ministre du Développement Durable – qui ne sont vraiment que des « illusionnistes ».
Nous avons recensé les enjeux qui se posent pour une mise en œuvre plus concrète des principes d’actions du développement durable : faiblesse des ressources propres des collectivités locales ; inadaptation d’un certain nombre d’outils financiers et des grands principes des finances locales aux enjeux du développement durable ; difficulté de l’action commune entre différents échelons de collectivités pour des actions conjointes et coordonnées.
Au-delà de ces constats, nous avons souhaité être force de propositions, tout particulièrement autour de ce qu’on peut appeler les « charges de la vie quotidienne », qui touchent de plein fouet nos concitoyens : l’énergie, le logement, les déplacements, l’alimentation.
Nous avons collectivement constaté que si l’Etat conserve un certain nombre de leviers dans tous ces domaines, nos équipes d’élus ne doivent pas sous-estimer le poids, tout à la fois politique, technique et financier, que représentent les collectivités locales. Je constate encore trop souvent, même chez les élus locaux, des restes, inconscients la plupart du temps, de jacobinisme latent. Certes, l’Etat doit nous donner les moyens suffisants pour agir lorsqu’il nous transfère des compétences. Mais nous n’avons pas besoin de l’Etat pour lancer un grand nombre d’initiatives innovantes, efficaces et adaptées à nos territoires, que ce soit sur le logement, les déplacements, l’alimentation, ou même sur les outils techniques , juridiques et financiers nécessaires. Je sais que nous avons la volonté politique et les compétences pour les imaginer (j’ai notamment rabâché mon credo sur l’internalisation des coûts, qui doit être tout à la fois un outil d’aide à la décision politique et de compréhension de l’action publique pour les citoyens).
J’ai ensuite enchainé sur l’Université d’été du Parti Socialiste, où j’espère qu’une partie des réflexions que nous avons pu avoir lors de ce séminaire seront restituées, même si je sais que les discussions tourneront également autour d’autres sujets de préoccupation ! Mais déjà la réunion des Présidents de Conseils Régionaux, nous a permis de faire le lien entre une réflexion politique globale menée par une organisation politique, qui est bien évidement nécessaire, et la mise en œuvre de cette réflexion « sur le terrain », afin d’être crédible auprès de nos concitoyens, à l’approche des prochaines échéances électorales. J'ai trouvé Ségolène Royal, Alain Rousset, Martin Malvy et Jean-Paul Huchon, qui ont pris la parole en notre nom à tous à la conférence de presse, extrèmement justes dans leur propos et combatifs dans leur présentation.
Lundi commence une tournée des 5 départements, où j'irai à la rencontre des maires, conseillers généraux et conseillers intercommunaux élus en Mars. Je leur parlerai de la Région et de notre volonté de faire avancer le territoire avec eux, mais aussi des assises régionales 2008, qui doivent nous permettre de construire avec les habitants des Pays de la Loire un Agenda 21 régional innovant et combatif ! Dès mardi, je ferais part sur le blog de mon sentiment.

23.06.2008

Quelques réflexions à propos du développement durable

A quelques jours de voter notre Schéma Régional d'Aménagement et de Développement Durable, et alors qu'il prend une place de plus en plus importante dans l'action régionale - mais aussi du fait de l'augmentation du coût des énergies fossiles, dans l'eprit de tout le monde - je vais ici prendre le temps de m'arrêter quelques instants sur la question du développement durable, et sur les reponsabilités qui sont les nôtres, chacun à notre place. En m'appuyant sur notre actualité : j’ai participé jeudi dernier à une réunion concernant l’élaboration du PREDD (Plan Régional d’Elimination des Déchets Dangereux), désormais dévolue aux Conseils Régionaux en lieu et place des services de l’Etat. Nous avons associé à l’élaboration de ce PREDD l’ensemble des acteurs concernés par la problématique des déchets, en faisant le choix d’élargir notre réflexion au-delà de la seule catégorie de déchets qui nous concernent.
Il me semble en effet que l’échelon régional est le bon échelon territorial pour avoir une vision d’ensemble de cette thématique, qu’il ne faut pas, à mon sens, se contenter d’appréhender à une échelle localo-locale. J’en ai fait l’expérience dans une vie antérieure, et j’y ai constaté les limites que cela peut apporter et les contradictions que cela entraîne entre un discours qui peut être « noble » à une échelle territoriale et les conséquences qu’il peut entraîne plus largement, dont on se rend compte qu’elles peuvent être contraires aux objectifs poursuivis par le discours tenu. Je veux parler ici du syndrome NIMBY (« pas dans mon jardin »), qu’on peut tout à fait comprendre lorsqu’il émane de personnes « individuelles », beaucoup moins lorsqu’il émane de personnes en situation de gestion politique de dossiers qui méritent que l’intérêt général ne soit pas oublié, alors qu’il peut parfois dépasser les strictes limites administratives du territoire dont on a la responsabilité. J’ai coutume de dire que les territoires administratifs ne sont que des outils, dont on peut, parfois, s’affranchir pour répondre aux objectifs politiques fixés.
Cela me renvoie aux éléments de réflexion que j’ai tenus la semaine dernière, devant des responsables d’entreprises, à l’occasion du colloque du Mouvement Français pour la Qualité et le Management qui se tenait, au Conseil Régional, sur le thème du développement durable. J’y ai développé l’idée que le cœur du développement durable tient dans la responsabilité des acteurs, quels qu’ils soient, dans la gestion de leurs actions. Pour moi, le développement durable c’est, principalement, la nécessité de tenir compte des conséquences de ses actes.
Un acteur industriel ne peut pas s’abstenir de s’interroger sur les conséquences de son activité sur son environnement (qu’il soit humain ou naturel). C’est l’idée que nous avons voulu faire passer, avec mes collègues Ségolène Royal et Jean-Yves Le Drian, l’année dernière, lors du procès Erika, en portant l’enjeu de la reconnaissance du préjudice écologique devant les juges. Il est, dans ce cadre, de la responsabilité des collectivités locales d’accompagner les acteurs pour apporter les meilleurs réponses possibles.
Il ne s’agit pas d’éliminer des activités, notamment industrielles, il s’agit de promouvoir l’exigence de la compatibilité de ces activités avec la préservation des milieux naturels dans lesquels elles s’exercent ou qu’elles utilisent. Je prends souvent l’exemple de l’estuaire de la Loire, qui est à la fois le cœur économique de la région, et son poumon environnemental. Il n’est bien évidemment pas question d’y éliminer les activités industriels, de pointe pour beaucoup d’entre elles, qui s’y trouvent ; par contre, il n’est pas question non plus que ces activités portent atteinte à ce patrimoine naturel exceptionnel, reconnu d’importance internationale.
Une collectivité locale ne peut pas s’abstenir de s’interroger sur les conséquences de ses actions, notamment en ce qui concerne l’intégration d’une vision à long terme de ces conséquences, notamment pour les bénéficiaires de nos politiques. Je parle régulièrement de l’internalisation des coûts externes : nous devons, notamment, intégrer la dimension des coûts de fonctionnement des équipements dont nous accompagnons l’investissement. A titre d’exemple, l’installation du chauffage électrique coûte moins cher, dans la construction de logements, notamment sociaux, que l’installation d’autres énergies de chauffage ; par contre, son utilisation est plus chère pour ceux qui vont l’utiliser. Au-delà de la problématique environnementale posée par ce choix, on voit bien qu’en raisonnant à court terme, on perd le sens des objectifs de l’action publique, et qu’on ne répond pas aux attentes de nos concitoyens.
Je pourrais continuer longtemps sur ce thème du développement durable, qui me tient à cœur depuis longtemps. Au-delà du contenu de ce concept, je crois beaucoup au rôle des pouvoirs locaux pour en faciliter la mise en œuvre, dont l’objectif principal est bien la réduction des inégalités. En ce sens, la démocratie participative qui accompagne l’action des collectivités locales, présentée comme une composante indispensable d’une démarche de développement durable, trouve effectivement sa raison d’être, car elle respecte les citoyens. C’est bien le sens de l’action régionale que j’essaie d’impulser au quotidien, pour une région juste, attentive, et tournée vers l’avenir.

19.04.2007

En Sarthe, des raisons d'espérer pour demain

Une à deux fois par semaine, je prends le temps de me déplacer aux quatre coins de la région des Pays de la Loire. J'étais donc hier en Sarthe, avec un programme chargé : après un déjeuner de travail avec Jean-Claude Boulard, le maire du Mans sur les dossiers qui concernent l'agglomération mancelle, j'ai effectué une visite du chantier de ce qu'on appelle une plateforme multimodale, qui est le lieu où se rejoignent différents modes de transports : Trains, tramways, bus, voitures, vélos. Ensuite, j'ai visité une exploitation agricole à Savigné L'Evêque, dont l'activité principale est l'élevage de porcs. En fin de journée, j'ai rencontré des élus du sud Sarthe, puis animé avec mon ami Guy-Michel Chauveau, maire de La Flèche, mon collègue Patrick Delpech, vice-président de la Région et mon ancienne collègue du Conseil régional et candidate aux élections législatives Agnès Lorilleux, une réunion Publique à La Flèche.
A chacune des étapes de ce déplacement, j'ai trouvé des raisons d'espérer pour demain : le modèle économique et social du développement durable, qui associe efficacité économique, progrès social, protection de l'environnement et participation citoyenne avance dans les consciences et dans les faits.

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Le tramway sera donc bientôt au Mans, comme d'ailleurs à Angers. Tout cela est très bien expliqué aux manceaux, à la Maison du tram, qui se trouve à la gare nord. A Nantes, où il a été mis en service voici plus de vingt ans, il a permis un transfert de trafic de la voiture vers les transports en commun. Rien d'étonnant à ce que le nombre de voyageurs dans les trains régionaux autour de Nantes ait explosé plus qu'ailleurs. En ces temps de raréfaction des énergies fossiles, c'est une bonne chose. A noter que ce n'est pas grâce au gouvernement : la droite au pouvoir a retiré les financements aux projets de tramways que le gouvernement de Lionel Jospin avaient mis en place (pour aussitôt les rétablir uniquement aux villes dirigées par leurs amis politiques : Bordeaux, Strasbourg, etc.).
L'exploitation porcine que j'ai visitée par la suite a choisi la qualité. Elle pratique donc l'élevage traditionnel et non pas intensif, celui qui a pollué tant de nappes phréatiques. Les exploitants, en choisissant une agriculture durable, ont fait un choix audacieux mais qui, à ce jour, leur permet de tirer leurs revenus. La Région des Pays de la Loire a beaucoup réfléchi à la question agricole, qui est un enjeu fort pour elle, en terme d'emploi et d'aménagement du territoire.  La réussite d'exploitations comme celle-ci nous donne clairement raison. En outre, pour les couveuses des jeunes porcs, il a été choisi de recourir au bois de chauffage plutôt qu'au fioul. Cette exploitation a vraiment un caractère exemplaire.
Par la suite, avec les élus locaux du Sud Sarthe, nous avons pu débattre du développement de leurs territoires. Ils ont vu les conséquences du changement de majorité à la Région, puisque le pays fléchois obtient aujourd'hui, sur une base transparente et connue de tous les élus locaux, des subventions régionales pour leurs investissements d'un montant triple à celui qu'ils pouvaient obtenir avant 2004 (un peu plus de 6 millions contre moins de 2). Difficile après cela de nous accuser de privilégier uniquement les villes, comme la droite régionale voudrait le faire croire...
La réunion publique du soir enfin. Nous étions 4 à intervenir, mais la parole a également été donnée à la salle. Qui l'a prise ! Les personnes présentes (de l'ordre de 250) nous ont posé des questions sur le pacte présidentiel, sur la campagne mais également sur des questions locales. Je crois qu'avec la systématisation des débats participatifs, Ségolène Royal a fait franchir une étape à la pratique politique de proximité. Les citoyens, aujourd'hui, veulent participer. Comme j'avais pu le dire lors des assises régionales en 2005, dans l'un des 100 débats participatifs consacré à un des 32 thèmes retenus, j'ai la ferme conviction que nous sommes tellement plus intelligents à plusieurs. Ce changement d'ère est donc fait pour me réjouir.