09.02.2008
Les Régions autorité organisatrices du service public régional de l'éducation et de la formation
Depuis décembre se multiplient au plus haut niveau de l'Etat les prises de position en matière d'éducation et de formation, sans qu'il n'existe un commencement de cohérence entre les travaux menés : Rapport Lambert qui veut que collèges et lycées soient gérés par le même niveau de collectivité, commission Pochard, Rapport Attali il y a quelques jours, qui s'ajoutent à la suppression de la carte scolaire, le "service minimum" dans les écoles aujourd'hui, dans les lycées demain(*), la réforme des baccalauréat professionnels, la réforme annoncée de la formation professionnelle, une réforme de l'AFPA insuffisament préparée pour laquelle nous avions demandé un délai de deux ans que nous n'avons pas obtenu, etc.
A de rares exceptions près(**), cela se fait sans trop écouter les Régions, alors que nous finançons une très grande partie de l'éducation et de la formation dans ce pays - 50% de nos budgets en moyenne y sont consacrés.
C'est pourquoi les commissions formation professionnelle - présidée par Jean Paul Denanot, le président du Limousin - et éducation - que je préside - de l'Association des Régions de France se sont réunies ensemble à Lyon cette semaine et ont demandé à ce qu'une cohérence soit donnée à toutes ces démarches, en lien avec les Conseils régionaux.
Le relevé de conclusion affirme les éléments suivants :
- les conditions dans lesquelles la réforme du bac professionnel en 3 ans est engagée risquent de conduire à une augmentation significative de jeunes sortis du système scolaire sans qualification sans garantir une meilleure insertion professionnelle. Cette réforme pourrait entraîner à terme un transfert de charges déguisé en direction des Régions qui seraient contraintes d’augmenter leurs capacités d’apprentissage et de formation tout au long de la vie.
-le service public de la formation professionnelle – dont fait partie l’AFPA – ne peut en aucune manière relever d’une logique de marché. Les Régions ont la volonté de préserver ce service public et notamment son patrimoine afin de garantir une cohérence des offres qui réponde aux besoins des individus et d’une qualité des prestations.
-la réforme de la formation professionnelle doit s’effectuer dans le cadre d’une concertation responsable entre les partenaires sociaux, l’Etat et les conseils régionaux.
-la suppression de la carte scolaire va entraîner la ghettoïsation d’un certain nombre de lycées et provoquera un déséquilibre dans la gestion du patrimoine des lycées géré par les Régions.
-des réformes aussi profondes que la fusion ANPE-ASSEDICS et celle de la formation professionnelle ne peuvent se faire sans la présence des Régions. Elles demandent à être partie prenante dans l’élaboration des nouveaux dispositifs.
Vous pouvez découvrir le communiqué complet ici
(*) le 24 janvier dernier, pour la première du "service minimum", les communes qui se prétaient à l'opération de communication du gouvernement représentaient moins de 5% des ligériens : mauvaise idée, mauvais résultats
(**) voir mon billet sur la commission Pochard.
08:40 Publié dans Education/Jeunesse, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Education, formation, ARF, Denanot
19.12.2007
Améliorer les conditions de vie des personnes en formation : l'exemple de l'AFPA Pays de la Loire
Mardi dernier je me suis rendu à l’Association de la Formation Professionnelle pour Adultes à la Roche sur Yon pour signer un protocole avec le directeur régional de cette association. Il prévoit la mise à disposition des restaurants de l’AFPA à l’ensemble des stagiaires en formation dans les centres financés par le Conseil régional des Pays de la Loire. Je suis particulièrement satisfait que nous ayons pu, un an après le transfert de la commande publique de l’AFPA à la région, parvenir à cet accord. Comme pour l’ensemble des dossiers qui ont été transférés aux régions par la loi du 13 août 2004, nous n’avons pas souhaité adopter l’attitude d’un simple gestionnaire. Puisque l’Etat nous a confié des responsabilités sur les centres de formation pour adultes nous entendons les assumer pleinement et les utiliser pour offrir un meilleur service public à nos concitoyens.
Aujourd’hui sur l’ensemble de la région 320 000 repas sont servis chaque année pour un montant de 1 664 000 €. La plupart de ceux qui sont directement touchés par ce protocole sont souvent en situation de difficulté professionnelle et financière.
Les demandeurs d’emploi, du fait de leur statut ne supportent plus que le coût d’achat des denrées alimentaires qui composent leur plateau. Ainsi, il n’en coûte que 3,50 € pour un demandeur d’emploi, et 7,50 € pour un stagiaire salarié, la Région déboursant la somme de 5,20 € par plateau repas, dont la qualité est satisfaisante, comme j'ai pu avoir l'occasion de le découvrir.

L’amélioration des conditions de vie des stagiaires est primordiale pour permettre une formation de qualité. La formation professionnelle est un Droit. Nous souhaitons en faire un outil efficace pour permettre l’accès à un véritable emploi, correspondant à la fois aux ambitions personnelles et aux besoins des entreprises de la région.
Je souhaite vivement que ce protocole d’accord ne soit pas le dernier. J’ai profité de l’occasion qui m’était donnée hier pour solliciter de la direction nationale de l’AFPA qu’elle ouvre ses hébergements à l’ensemble des stagiaires en formation sur la région des pays de la Loire. J’espère que nous parviendrons à un accord rapidement, l’enjeu du logement étant majeur dans une société où il devient de plus en plus inaccessible pour bon nombre de nos concitoyens aux revenus modestes, de trouver un toit décent.
14:17 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : formation, afap, la roche sur yon, région



