18.10.2007
La mutation du métier d'enseignant vue des Régions Françaises
J'étais auditionné ce matin par la commission Pochard, installée fin septembre par Xavier Darcos pour réfléchir à la revalorisation du métier d'enseignant.
Mais que faisait donc un président de Région devant une commission dont l'objet concerne les fonctionnaires d'Etat que sont les profs ?
Il actait d'abord simplement le fait que l'Education est une compétence que l'Etat partage avec les collectivités locales - Mairies pour les écoles, Départements pour les collèges, Régions pour les lycées - à partir du moment où elles sont responsables des locaux scolaires et l'employeur de la majorité des personnels non-enseignants qui y travaillent. Toute modification du métier d'enseignant aura des répercussions sur les locaux et les équipements : besoins de salles de réunions, de bureaux pour les enseignants, de matériel multimédia, etc... A ce titre, il était nécessaire que certaines choses soient dites. Elles l'ont été : sans m'avancer pour mes collègues des autres Régions, j'ai pensé pouvoir assurer la commission de l'esprit de coopération qui est le nôtre.
Au delà de nos missions d'accueil, d'hébergement, d'entretien et de restauration dans les lycées, nous intervenons également pour soutenir les efforts pédagogiques. Ainsi, en Pays de la Loire, nous avons mis en place un programme d'actions éducatives innovantes. Ces nouveaux moyens d'action participeront de plus en plus de la rénovation des pratiques professionnelles des enseignants.
Mais surtout, nous sommes au carrefour de plusieurs modes de formation, et il me semble impératif de les faire se rejoindre. Lycéens, apprentis, stagiaires de la formation professionnelle, ont en commun des besoins de formation. Les lycées peuvent devenir les lieux clés de la formation tout au long de la vie. Les enseignants volontaires pourraient demain enseigner devant l'ensemble de ces publics. Ce ne serait d'ailleurs qu'un développement de la situation existante : il existe des Centre de Formation d'Apprentis dans les lycées, et l'Education Nationale a un dispositif de formation continue à travers les GRETA.
Il me semble que ces lycées de la formation tout au long de la vie devront assumer 3 missions principales : l'instruction, l'éducation à la citoyenneté et l'insertion professionnelle des élèves. Des expériences existent là encore, comme en Pays de la Loire où nous finançons des plateformes d’accompagnement vers l’emploi du Rectorat. Il faudra un jour se mettre en situation de généraliser la démarche. Pour cela, nous serons là.
Soyons clairs : l’Etat est plus que jamais nécessaire pour éviter les risques de déséquilibres territoriaux et jouer son rôle de régulateur et de stratège, en garantissant la solidarité nationale et en assumant ses compétence en matière régalienne. Mais il a aujourd’hui besoin des Régions pour dépasser la formation de masse et aller vers l’individualisation des parcours. Cet enjeu est plus qu’essentiel, il est la clé de voûte d’un système de formation fondé sur une compétence clairement partagée, également assumée, et porteuse d’égalité des droits.
Les régions ne revendiquent pas la pleine responsabilité de l’éducation et de la formation, mais aspirent à ce que leur expertise, leur engagement, et leur capacité à mobiliser les énergies soient mesurées à leur juste valeur. C'est ce dont j'ai tenté de convaincre les membres de la commission ce matin.
NB : d'ici quelques jours, la vidéo de cette audition sera en ligne sur le site du ministère. En attendant, vous pouvez découvrir Philippe Meirieu (sur la photo) qui s'est livré au même exercice que moi voici quelques jours, dont le propos est toujours éclairant.
Le 31 Octobre : la vidéo de mon audition est maintenant en ligne.
22:20 Publié dans Education/Jeunesse, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commission Pochard, métier d'enseignant, lycée, formation tout au long de la vie




