26.03.2007

Le logement social des Pays de la Loire otage de la campagne présidentielle

L’assemblée régionale a donné le coup d’envoi en décembre 2004 à un projet d’Etablissement Public Foncier (EPF) Régional. Son but : acheter, à la demande des collectivités qui veulent réaliser du logement social, les terrains sur lesquels elles souhaitent construire, en attendant que le dossier soit achevé. Cela permet de lutter contre la spéculation et de "sécuriser" le coût de l'opération immobilière, facteur essentiel lorsqu'il s'agit de sortir des logements sociaux.
Ce projet a reçu le soutien de l’ensemble des grandes agglomérations régionales, mais aussi de nombreuses intercommunalités, de toutes étiquettes politiques. Déposé en novembre 2005 auprès du gouvernement, nous attendions son instruction avec impatience, mais aussi avec confiance, puisque la loi Borloo, votée par la droite à l'Assemblée et au Sénat, prévoyait le développement de tels dispositifs d'aide au logement social dans son article 94.
A quelques semaines des élections présidentielles, le gouvernement vient de faire une concession incroyable à Philippe de Villiers, en acceptant de lancer la création d'un EPF pour la seule Vendée, contre l'avis de nombreuses collectivités vendéennes, dont la ville centre, La Roche sur Yon. Contrairement à notre projet, qui avait pour but le développement du logement social, l'EPF vendée promeut le logement familial et l'accession à la propriété, ce qui n'a absolument rien à voir, puisqu'ils ne concernent pas les mêmes publics et ne répond aux besoins ni des zones urbaines, ni de la côte où il devient impossible de se loger.
Oublié le seuil de 20% de logements sociaux, oublié le droit opposable, oubliés les beaux discours de cet hiver. Avec le retour du printemps, place à la realpolitik et aux concessions nécessaires aux ralliements de second tour.
J'ai demandé ce matin à la commission permanente du Conseil régional de s'opposer à ce cadeau invraisemblable fait à de Villiers et ses affidés. Comme un seul homme, MPF, UMP et... UDF se sont opposés à ma démarche, comme quoi il reste des connivences entre les deux dernières formations politiques, malgré les discours confus de François Bayrou.
Bien entendu nous n'en resterons pas là. Coûte que coûte, nous continuerons à travailler à rendre leur logement accessible aux ménages les plus modestes. Mais avant tout, nous nous opposerons partout où il nous sera possible de le faire à ce projet médiocre, monté à la hâte pour contrebalancer un projet réfléchi, concerté, abouti du Conseil régional.