03.04.2008

Clemenceau à Nantes, le lycée républicain

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Le 1ier avril dernier, le lycée Clemenceau célébrait deux siècles d’existence. Une fête immense dans laquelle les élèves occupaient le premier rôle. Tracé de 200 ans de la vie d’un établissement, reflet de la scolarité de tous les jeunes passés sur ses bancs, et l’histoire de l’évolution de l’éducation au cours de toute cette période. Sur la plaque commémorative toute juste finie, une représentation de jeunes gens habillés dans les costumes de 1808 aux côtés de jeunes de 2008. Ce fût un grand bonheur de voir les travaux de ces derniers, d’écouter leurs chants, d’observer leur sourire et leur fierté - fiers de ce rassemblement, de leurs réalisations, et de leur lycée. Clemenceau participe de l’identité de la ville comme de son rayonnement, la foule et le nombre de personnalités présentes mardi dernier en témoignent véritablement. Nourri des jeunes du centre-ville et des quartiers, c’est un établissement qui fournit à la ville, et même plus largement au pays, des responsables dont la scolarité s’est déroulée dans une certaine mixité sociale et qui sont susceptibles, demain, de porter des valeurs d’humanisme en même temps que d’excellence. Lors de mon allocution, j’en ai profité pour rappeler que c’était peut être là, l’illustration même du rôle d’une carte scolaire judicieusement appliquée alors que d’ici deux années, le gouvernement de F. Fillon en aura fini avec une sectorisation de la carte scolaire pourtant garante de mixité et d’équité pour les jeunes et leurs familles. Robert Badinter, ancien élève de Clemenceau, et que je connais depuis longue date était l’invité d’honneur. Il a une nouvelle fois fasciné les centaines de personnes présentes par un discours si illustré, juste et porteur d’un message pour les jeunes et les éducateurs présents, en leur rappelant que l’Education a pour première fonction dans la république de transformer ceux qui risqueraient d’être de simples sujets instruits en des citoyens – c'est-à-dire des jeunes femmes et hommes qui réfléchissent par eux-mêmes. Cet exposé de l’ancien Garde des Sceaux et président du conseil constitutionnel vient faire écho à un discours prononcé par Clemenceau à la Roche-sur-Yon en 1906. S’adressant aux vendéens éprouvés un siècle avant par la Révolution, il leur avait tenu un discours de réconciliation, de concorde et d’espoir. Au détour d’un paragraphe dénommé l’Education et la Liberté, il leur avait dit :

« Notre espoir est dans l’éducation de la démocratie, non pas dans cette éducation qui se propose d’imposer les idées, mais dans l’éducation qui ouvre les intelligences et laisse à la pleine liberté de discussion le soin de faire définitivement la lumière ».

Merci à l’équipe de Clemenceau, et je dois dire que c’est un sentiment que je ressens quasiment à chaque fois que je me rends dans un lycée, d’offrir tant de créativité, de talents et d’énergie.