06.02.2008
Un service public de l'éducation de qualité dans le vignoble nantais
Hier soir, j'ai répondu positivement à l'invitation d'élus et de parents d'élèves du sud est du Département de la Loire-Atlantique à propos du lycée public du vignoble nantais, de la fermeture des classes de lycée de Vallet et de leur remplacement par une offre de qualité. Beaucoup de choses ont été dites au travers de la presse locale à propos de ce dossier, et pas toujours dans la plus grande sérénité. Je comprends bien l'émotion des lycéens, des parents et des personnels du lycée, mais bon nombre d'acteurs se sont livrés à des jeux de rôles qui n'ont pas fini de soulever en moi de la perplexité.
Les choses ayant bien avancé, il était souhaitable de faire un point d'étape sur le terrain avec les élus et les parents. J'avais auparavant reçu à plusieurs reprises les organisations syndicales sur la question.
Je me suis donc livré à une présentation de la situation et des évolutions possibles. Toutes les analyses réalisées par les équipes du Conseil régional aboutissent au même résultat : le choix de départ d'intégrer des classes de lycée dans un collège était un mauvais choix, et la solution actuelle à Vallet ne donnait aucune perspective de développement à l'enseignement public dans le vignoble. La situation actuelle de ce territoire est éclairante : en CM2, 62 % des élèves sont scolarisés dans les écoles publiques, en collège, 47 % des élèves sont scolarisés dans le public, en lycée, 36 % des élèves sont scolarisés dans le public (contre 60% en moyenne en Pays de la Loire). Indépendamment du travail de la communauté éducative, que j'ai également rencontré en décembre et qui a réalisé des efforts importants ces dernières années, cet ersatz de lycée envoyait donc nombre des enfants du Sud Loire dans des établissements privés qui ne ménagent pas leurs efforts pour les accueillir.
Mais il y a, je le crois, un fort potentiel pour un lycée dans ce secteur de la Loire-Atlantique : enseignement général, enseignement professionnel, dont de l’apprentissage sous statut scolaire, et même formation continue. Comme a pu l’annoncer le Recteur la semaine passée, nous nous sommes rencontrés pour faire le point de la situation. Conformément à ce que nous avions annoncé, nous lançons très vite les études pour le positionnement et la faisabilité d’un tel établissement, avec trois soucis partagés : offrir le choix aux lycéens du vignoble, répondre aux besoins du secteur tout en inscrivant l’établissement dans une dimension régionale, et faire un lycée ancré dans son territoire. Très vite, je pense que nous saurons à quoi nous en tenir sur un lieu et les grandes lignes d’un projet pédagogiques, même s’il serait difficile d’annoncer une maquette avant plusieurs mois.
La question de la permanence d’une offre publique dans le secteur m’a été posée. J’ai alors exprimé ma disponibilité, dans la perspective d’une ouverture à l’horizon 2012, pour faire réaliser dès que possible sur place des structures provisoires, dès lors qu’un dossier serait complètement bouclé et donnerait des perspectives aux familles. J’ai connu la situation comme proviseur à quelques kilomètres de ce secteur, à Montaigu. Le Lycée Léonard de Vinci a d’abord été un établissement rattaché à Pierre Mendès-France à La Roche sur Yon. Dès lors que les jeunes et leurs familles avaient confiance dans le projet éducatif, ils ont accepté de suivre leurs études dans des « préfabriqués » de bonne grâce. Aujourd’hui, ce lycée est une grande réussite.
22:25 Publié dans Education/Jeunesse, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lycée de vallet, service public
20.12.2007
Pierre Abélard à Vallet, le service public et la responsabilité politique
Lorsque le projet d’un lycée dans le sud-est du département de la Loire Atlantique a enfin pris corps, j’étais membre de la commission éducation de la Région, dans l’opposition. Le choix de l’implantation à Vallet m’avait alors semblé incompréhensible, comme aux organisations syndicales enseignantes qui l’avaient d’ailleurs dénoncé. Voulait-on éviter la concurrence avec le lycée privé de Gorges, voulait-on punir les Clissonais qui venaient de se doter d’un maire socialiste, voulait-on faire des économies de bout de chandelle en investissant un collège qui n’était pas rempli pour mutualiser les locaux, voulait–on conforter la municipalité de Vallet dont le maire était membre de la majorité UDF-RPR d’alors ? Sans aucun doute, s’agissait-il d’un mélange de tout cela.
Ce mauvais choix de départ a en tout cas une conséquence : Pierre Abélard à Vallet n’a jamais en 8 ans atteint la taille d’un lycée de plein exercice. Malgré l’investissement – remarquable - de l’équipe pédagogique, il traîne cette faute de départ sans perspective de décoller un jour. Ce dernier élément, j’en ai aujourd’hui l’intime conviction : il suffit de voir l’origine géographique des lycéens de Pierre Abélard, qui en fait un lycée quasi cantonal, il suffit de voir les flux de collégiens de 3°, et notamment ceux de Clisson qui partent prioritairement à Montaigu – plus éloigné pourtant - plutôt qu’à Vallet, il suffit d’anticiper les conséquences de la fin de la carte scolaire pour en être persuadé.
Il n’est jamais agréable pour un militant laïc comme moi de se résoudre à l’idée qu’un établissement ne ferme dans un endroit où le secteur public est en forte concurrence. Je préfère, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois comme maire de La Roche sur Yon, aider à la consolidation de l’école publique. Ainsi, à La Merlatière en Vendée, c’est la ville de la Roche sur Yon qui a fourni le mobilier scolaire que le Maire de la commune refusait d’acheter. Ainsi, au Fenouiller, rien n’avait été organisé pour la restauration scolaire et nous avons également mis à disposition un minibus de la ville pour permettre aux enfants de manger chaud et à l’abri des intempéries. Ils mangeaient jusque-là des pique-niques sur la place de l’Eglise. Ainsi à Jard sur Mer, lorsque les élèves et l’enseignant se sont retrouvés sans toit, nous avons mis à disposition les tentes du centre municipal de vacances et les avons fait installer dans un champ réquisitionné par l’Etat.
Mais il m’est également déjà arrivé de fermer des écoles : à la Roche sur Yon en 2002 nous avons fermé 2 écoles maternelles à 2 classes pour permettre d’offrir aux enfants de meilleures conditions de scolarisation dans des groupes scolaires plus grand et en transformant ces locaux libérés pour l’un en relais pour les assistantes maternelles, pour l’autre en pôle enfance dédié aux pratiques culturelles. Dans le cas de Vallet, le collège reprendra les locaux pour faire face à la croissance de ses effectifs, les locaux ne resteront donc pas inutilisés. Cela me semble satisfaisant car je suis sensible à une utilisation la plus rationnelle possible des moyens publics. Mais cela n’a pas été l’élément déterminant dans ce choix. L’élément déterminant est l’échec de l’implantation valletaise.
Bien sûr, nous ne pouvons nous résoudre à ce que l’offre de formation ne se réduise définitivement dans ce secteur de la Loire-Atlantique, tout comme il était indispensable qu’une offre publique existe dans le secteur des Mauges, ce que j’ai négocié avec le Recteur le mois dernier. C’est pourquoi j’ai souhaité lancer une réflexion approfondie sur une offre de formation complète qui réponde aux attentes des familles et des jeunes, en lien avec les besoins économiques et sociaux du bassin de vie du sud Loire. Elle devra aboutir sur une structure mêlant formation initiale – enseignement général y compris, le Recteur l’a confirmé tout à l’heure pendant le Conseil Académique de l’Education Nationale - et formation tout au long de la vie. Dans l’entre-deux, tout sera fait pour que les élèves qui souhaitent poursuivre leur scolarité dans le secteur public aient des conditions de prise en charge vers les lycées périphériques les meilleures possibles. Le principe est d’offrir aux jeunes le choix du secteur public, et ceci dans les meilleures conditions. Une réflexion sur la capacité de persistance des efforts de l’équipe pédagogique doit également nous animer.
L’enseignement public doit disposer des moyens permettant une réponse satisfaisante et à la hauteur des enjeux, ici comme ailleurs dans la Région des Pays de la Loire. Le Conseil régional s’y emploiera de toutes ses forces, j’en prends l’engagement.
23:10 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lycée de vallet, service public, éducation



