17.03.2008

La gauche ligérienne confirmée dans les urnes

1254545262.jpgLe mouvement que je décrivais mardi dernier concernant la progression de la gauche en Pays de la Loire s'est confirmé hier soir dans les urnes. Il est intéressant de noter combien il existe une aspiration à l'existence de services publics locaux, et combien nous l'incarnons mieux que la droite. Les pourfendeurs de la dépense publique à la tête de notre pays devrait y réfléchir, à l'heure où l'on parle de suppressions de postes de fonctionnaires, y compris dans l'Education Nationale.
Je garderais une image de cette campagne : celle où j'accompagnais Jean-Marc Ayrault, Jean-Claude Boulard, Guillaume Garot et Pierre Regnault pour soutenir Jean-Claude Antonini à Angers. Les 5 maires des 5 villes-préfectures de la Région, porteurs d'une même vision claire du développement, assumant leurs valeurs communes et présentant leurs convergences : voilà qui représente bien la gauche de l'ouest, ouverte et déterminée.
Je pense à mes colistiers et mes amis qui ont perdu : Jean-Yves Grelaud, victime du bouleversement sociologique sur le littoral, qui chasse les classes moyennes loin dans les terres (et même à La Roche sur Yon : combien d'employés de commerce, de salariés des entreprises de la côte habitent dans les logements sociaux de la ville-centre !), Geneviève Pouplin, qui assumait la responsabilité de maire dans une petite commune du Maine et Loire et a subi un couperet bien difficile à vivre, et quelques autres encore. Pour beaucoup, au contraire, ce dimanche a été un moment de joie et je me joins naturellement à eux dans cette allégresse toute naturelle.
Difficile de passer sous silence les attaques inacceptables du premier ministre François Fillon pendant cette campagne, sur la gestion des Régions. Sur Europe 1 avant le premier tour, en déplacement entre les deux, il a mis en exergue un prétendu "sectarisme" des exécutifs de gauche dans les Régions qui ne financerait pas, selon lui, les projets des villes de droite. Il a pris exemple à cette occasion sur la Région qui lui a signifié son congé en 2004, les Pays de la Loire, sans toutefois citer le début d'un exemple. Je dois dire qu'il n'honore pas sa fonction en faisant cela. Depuis notre victoire voici 4 ans, j'ai honoré dans un esprit républicain tous les engagements qui avaient été pris sous sa présidence, sauf lorsqu'ils étaient manifestement irraisonnables. J'ai pourtant trouvé des territoires bien mieux traités que d'autres, et surtout, sur la base de dispositifs qui autorisaient très clairement le fait du prince. Je me sens maintenant autorisé à vous en faire part, ce que je ne manquerai pas de faire à l'occasion. Mais depuis, nous avons mis des normes en place, et les mairies sont maintenant aidés sur la bases de contrats clairs et transparents.
Effectivement, nous aidons plus les villes de gauche qu'avant. Pour deux raisons : elles étaient exclues avant nous de nombres de dispositifs, nous ne pouvions donc faire que mieux, et les critères retenus par le contrat de projet (cosigné avec l'Etat en 2007) concentrent les crédits sur la recherche ou l'enseignement supérieur, qui se trouvent le plus souvent dans les grandes villes, dirigées en Pays de la Loire par la gauche.
J'espère, après cette monumentale défaite, que le gouvernement ne compte pas passer ses nerfs sur les Régions. Autrement, nous ne manquerons pas de le faire savoir.

11.03.2008

La gauche progresse en Pays de la Loire à l'occasion de ces municipales et cantonales.

Je voudrais tout d'abord féliciter les nouveaux élus du premier tour. La fonction de maire, d'adjoint(e) ou de conseiller (ère) municipal(e) est une noble fonction, qui prend du temps sur sa vie personnelle et/ou professionnelle. Nombre d'entre nous, y compris dans des petites communes, réduisent leur temps de travail et prennent sur leur temps de loisirs pour travailler à la construction d'un collectif. Ils constituent l'ossature citoyenne de notre pays, les communes étant vraiment les cellules de base de la démocratie française.
Je pense bien entendu en premier aux membres de la majorité régionale, et aux candidats de la gauche qui ont gagné dimanche. D'autres les rejoindront dimanche prochain. Ils ont été élus sur leurs projets, mais bénéficient d'un mouvement général : la gauche gagne des voix en Pays de la Loire. Elle conforte sa place dans les villes, avec notamment le gain de Laval, où mon ami Guillaume Garot concrétise un travail initié voici une dizaine d'années. Elle se maintient dans les agglomérations, gagnant ici ou là, et notamment à La Roche sur Yon, où deux communes supplémentaires de la communauté de communes passent à gauche. Elle gagne également dans les 2° couronnes autour des villes, l'exemple de la Loire Atlantique où Blain, Vallet, Clisson ou Saint-Philbert de Grandlieu (grâce à notre collègue Monique Rabin,  vice présidente de la commission du Conseil régional que je préside) ont basculé à gauche est à ce titre éclatant.
Cela dénote, au delà du sentiment que la gauche protège en local des excès de la droite libérale, d'un fort besoin en équipements publics et en solidarités locales, aux antipodes du discours ambient sur le besoin de diminuer l'action publique. Rechercher l'efficacité oui, diminuer le service public non pourrait résumer la conviction générale des français.
J'entendais un jeune responsable du Parti Socialiste dire que d'ores et déjà l'UMP avait perdu l'ensemble des élections municipales puisqu'aucun de ses candidats ne se réclamait d'elle. C'est vrai que le "bébé Sarkozy" Christophe Béchu a mis son drapeau dans sa poche pour partir à l'assaut d'Angers la bien gérée, pour prendre un exemple au coeur de notre Région. Alors qu'il l'avait accueilli pour son premier meeting de l'élection présidentielle. Pendant ces quelques jours qui nous séparent du deuxième tour, je vais m'efforcer, avec mes collègues, de rappeler à la mémoire des électeurs les appartenances politiques des uns et des autres, et les bilans des uns et des autres. Derrière les grandes phrases et les opérations de communications il y a des actes. Aux candidats UMP de les assumer. En ce qui nous concerne, nous assumons pleinement et entièrement nos bilans locaux, au service du développement des territoires des Pays de la Loire.

07.03.2008

Dimanche, dans les urnes, donner un message à la droite et choisir des équipes compétentes

95544452.jpgDepuis mon retour du Burundi, le temps que me laisse la gestion des affaires régionales a été entièrement consacré à la campagne des municipales et des cantonales. Je me suis rendu dans de nombreuses communes de la Région (Changé en Mayenne, où j'étais par ailleurs pour parler de la PAC avec les présidents des régions de l'ouest, le Maine et Loire - Champtoceaux, Le Loroux Beconnais, Thouarcé, Saumur, Cholet - le sud Vendée hier soir et bien sûr, la Roche sur Yon, après une première série qui m'avait conduit en Sarthe, en Mayenne et dans le Nord Vendée fin janvier début février ) et ai pu mesurer le chemin parcouru par des équipes locales, prêtes à se lancer dans la gestion publique.
Certes, la gauche dans l'ouest a la chance, depuis maintenant 30 ans, de s'appuyer sur un réseau de maires qui ont modelé leurs villes et ont réussi à en faire de véritables métropoles : Nantes, bien entendu, mais aussi Angers, Le Mans, Rennes, Poitiers, Brest, etc...  ou des villes d'équilibres offrant un niveau élevé de services publics à leurs concitoyens, dont un bon exemple est, si je puis me permettre, La Roche sur Yon.
Mais aujourd'hui, forts de ces réussites, mais nourris également par l'expérience réussie de la gestion régionale, des équipes se forment et  se réclament ouvertement de leur famille d'origine, la gauche, sans sectarisme mais avec détermination. Les projets de ces candidats de gauche que j'ai pu découvrir à l'occasion de ces déplacements sont tous de très bonne facture, ils proposent de faire les choses à l'endroit : d'abord l'homme (au sens de l'humain, que l'on me pardonne ce raccourci la veille de la journée internationale de lutte des femmes), puis l'économie et l'environnement.
Si la gauche a, les dernières années nous le montrent, de grandes difficultés à organiser son propos et ses troupes dans les débats nationaux, on voit émerger en parrallèle une gauche territoriale intelligente et pragmatique capable de défendre les citoyens et de construire l'avenir dans les collectivités. Certains y verront une résurgence de la SFIO, j'y vois pour ma part un espoir de renouveau. J'ai l'impression que Ségolène Royal portait cette pratique et cette vision l'an passé. Un rendez vous manqué (manqué avec un résultat de 17 millions de voix quand même) ne veut pas dire qu'il ne faut pas continuer à creuser dans ce sens : c'est dans notre action locale, où nous obtenons d'excellents résultats, où nous trouverons les ressorts pour répondre aux exigences nouvelles de la société.
Dimanche sera aussi l'occasion de faire passer un message à la droite : si le pays accepte les réfomes, il les veut construites avec les acteurs, et dans l'équité. Ce gouvernement trainera toujours derrière lui le boulet des 15 milliards de cadeaux fiscaux aux plus riches comme premier acte de gestion. Montrons lui tous que nous ne pouvons l'oublier. Votez, et faites voter pour les listes et les candidats de la gauche qui construit.

04.03.2008

Retour sur les rives du Lac Tanganika : le co développement par la preuve

830339968.JPG

J’ai eu l’occasion de le dire à Bujumbura devant les journalistes burundais et français à l’occasion d’un point presse, la mission que nous y avons effectuée a été d’une qualité et d’une densité exceptionnelle. Il y a d’abord eu l’accueil par les autorités Burundaises et Françaises qui traduisait bien leur intérêt pour la démarche de coopération initiée fin 2006 qui a déjà porté de premiers fruits grâce, en premier lieu, à la capacité d’organisation du Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, M. Jean-Jacques Nyenimigabo. Il y a eu une excellente coordination des acteurs et des actions. Cette coopération est d’autant plus efficace qu’elle se développe en lien étroit et avec le soutien de l’Ambassade de France au Burundi et du Ministère Français des Affaires Etrangères.
Ce pays, que je ne connaissais pas, est dans une situation exemplaire, dans cette période intermédiaire après une longue et meurtrière guerre civile. Il connaît la stabilité politique depuis moins de trois ans et il a élu démocratiquement un président de la République. La démocratie, bien que toujours fragile, est une réalité. J’ai rencontré, notamment à l’ambassade de France, des opposants, des anciens présidents et anciens ministres qui côtoyaient des membres de l’actuel gouvernement.
La réussite de l’étape actuelle de réconciliation nationale et d’installation durable de la démocratie est capitale pour le développement de notre coopération et elle lui donne un sens extraordinaire. C’est par la lutte contre la pauvreté, le soutien au développement économique, l’amélioration des conditions de vie, d’éducation, de santé publique des populations africaines qui se débattent courageusement dans des contextes très difficiles que nous pouvons être utiles et fidèles à nos valeurs. N’oublions pas que les crises politiques naissent, pour la plupart, de la pauvreté. Le co-développement est assurément le meilleur moyen de venir en aide aux pays en voie de développement et le plus efficace pour réduire l’émigration de la misère.

1546949113.JPG

La Région des Pays de la Loire a choisi de participer à des actions à la mesure des moyens d’une région française et des compétences des acteurs de son territoire. Cette volonté de nous concentrer sur des domaines d’excellence permet aujourd’hui de constater que les choses vont vite et bien. Le co-développement nécessite, bien entendu, des moyens comme le financement de la machine à glace de Rumonge qui va permettre aux pêcheurs burundais de mieux valoriser leur travail ou le bus affecté au mouvement sportif, lequel sport joue un rôle majeur dans la réconciliation, mais surtout des actions de formation dans tous les domaines d’intervention.  Santé, environnement, économie, agro-alimentaire, sport…
La Région va détacher à Bujumbura des moyens pour coordonner et suivre localement les actions. Comme je le soulignais plus haut, cette coopération entre une région française et un Etat est une première et pour que les actions de coopération entre les différents acteurs français gagnent en efficacité, en accord avec le Ministère Français des Affaires Etrangères nous allons nous charger de la coordination des initiatives. On pourrait même envisager cette coordination au niveau européen, j’ai rencontré l’ambassadeur d’Allemagne à Bujumbura et nous avons évoqué ce sujet. Chacun, ne peut pas continuer à venir  seul, fort uniquement de ses certitudes et de sa vérité, tout le monde en convient.
Des médecins burundais qui exercent en France, près de 70, ont la volonté de « renvoyer l’ascenseur » au pays qui les a vus naître. D’ores et déjà, nous les avons assurés de notre soutien et accompagnement. Je souhaite que d’autres collectivités de la région nous rejoignent, d’autres institutions à l’image de la Chambre régionale d’agriculture, des Parcs naturels régionaux ou Comité régional olympique et sportif...  A voir l’engagement exemplaire et la qualité des femmes et des hommes de la délégation ligérienne, j’ai confiance. Elle était composée d’une trentaine de personnes qui se sont mobilisées, pour nombre d’entre eux en prenant sur leurs congés, dans cette action de solidarité au long cours  qui intervient à un moment crucial dans l’histoire de ce pays. Chacun était animé par le même souci de l’action concrète et d’apporter des réponses en adéquation avec les attentes de la population burundaise et de ses représentants.
Le Burundi a des besoins dans beaucoup de secteurs mais surtout du courage et de la volonté. Je suis rentré avec la certitude que le pays réussira dans la voie dans laquelle il s’est engagé et conforté dans le bien fondé de notre action. Tout cela donne du sens à la notion de co-développement.
Dans quelques jours, avec des représentants de chacun des groupes, sport, santé, environnement, économie, nous tiendrons une conférence de presse pour présenter le bilan de cette mission et les actions qui vont être entreprises dans les 3 ans à venir. J’aurai donc l’occasion de revenir sur les suites.

A propos de la 2° photo :  elle a été prise à l’occasion d’un déplacement du pdt burundais dans un village  à l'heure des travaux communautaires. En effet, chaque samedi, chaque burundais est invité à offrir 2h de son temps à la collectivité.

19.02.2008

En Mission institutionnelle régionale au Burundi - Bujumbura, du 17 au 24 février 2008

C’est avec le plus grand plaisir que je mène la Mission institutionnelle régionale qui va nous permettre cette semaine, de consolider les relations que nous avons commencé à nouer en novembre 2006, lorsque le Ministre de la jeunesse, des sports et de la culture est venu nous rendre visite à Nantes. Dès lors, nous n’avons cessé de nous rencontrer, et les liens entre les citoyens Burundais et les citoyens des Pays de la Loire se sont considérablement accrus, ce qui démontre les attentes de nos concitoyens respectifs pour se rencontrer, échanger et partager.

b466bfdf57f6c776dfc1546effec82be.jpg


L’enrichissement mutuel qui en résulte est exaltant, et les domaines que nous avons décidé de privilégier : le sport, l’environnement, l’agroalimentaire et la santé sont des thématiques propices à cela. Je dois dire aussi toute ma satisfaction de constater avec quelle rapidité et quelle richesse notre coopération s’est mise en place, traduisant de ce fait la forte volonté ainsi que le très grand professionnalisme avec lesquels nos différents interlocuteurs ont abordé les choses. Je note par ailleurs la place prépondérante que le Burundi a accordé aux politiques sportives comme ferment de réconciliation nationale et de dialogue pour réparer le tissu social éprouvé par la guerre civile que le pays a traversé.
Ainsi, dans le domaine sportif, le Conseil régional des Pays de la Loire et ses partenaires, le Comité Régional Olympique et Sportif (CROS), le Comité Régional Handisport, ainsi que l’UFR STAPS de l’Université de Nantes ont signé des accords de partenariat avec leurs homologues Burundais. Ces accords ont porté sur des aides à l’organisation sportive souhaitée par le Burundi, sur la fourniture d’équipements, et aussi sur des échanges étudiants et institutionnels. Nous allons les renforcer, et d’autres partenaires y participeront : je pense plus particulièrement au Comité régional du sport adapté Pays de la Loire, le Comité régional de Rugby Pays de la Loire et la Ligue de Basketball Pays de la Loire avec qui vous avez déjà échangé, ainsi que l’association « Sport sans Frontières »
Dans le domaine de l’agroalimentaire, nous avons engagé un projet de coopération concernant la conservation du poisson qui devrait permettre à la pêche burundaise d’étendre ses débouchés sur le marché est africain et de développer ainsi ses activités. Une machine à glace écaille vous a d’ores et déjà été livrée, et devrait nous permettre de mesurer assez vite les retombées concrètes pour le Burundi et ses habitants. Une autre coopération devrait voir le jour autour de la filière théicole, sachant que le thé est un produit au sujet duquel les Européens sont sensibles aux labels qui le qualifient, notamment en ce qui concerne sa dimension à la fois équitable et respectueuse de l’environnement. Je pense là encore que notre partenaire, la Chambre régionale d’Agriculture des Pays de la Loire, est un interlocuteur sérieux qui saura s’impliquer avec force et travailler avec vous sur la recherche de solutions concrètes.
Nous arrivons ici à notre 3ème domaine de coopération : l’environnement, au sujet duquel je disais hier soir qu’il ne concerne pas uniquement nos deux pays, mais l’ensemble de la planète. Le projet de réhabilitation de la réserve de Ruvubu pourrait être intégré dans le 10ème FED qui est en train d’être négocié avec l’Union européenne et qui démarrera à partir de cette année. Mais nous avons déjà mis en place des échanges de savoir-faire, notamment par le biais de nos partenaires, la LPO, le Parc Naturel régional Loire-Anjou-Touraine et la Mission Val de Loire.
Enfin, sur les questions de Santé, nous avons mis l’accent sur les formations ainsi que sur la fourniture de matériel médical ou paramédical. Là encore, je remercie nos partenaires que sont : l’Association Santé France Burundi, Gynécologie sans frontières, l’Institut de Formation en soins infirmiers (IFSI), et également le Fonds Solidarité SIDA Afrique, que notre Région contribue à financer, et dont je sais qu’il mène et finance des actions au Burundi, je les ai d’ailleurs rencontrés à Paris la semaine dernière.
Mêlant institutions, associations et ONG, notre coopération implique un grand nombre d’acteurs dont la richesse est une chance pour nous. Je reviendrai prochainement sur cette mission et j’y exposerai les suites qui en découleront. J'ai eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises ma conviction qu'un véritable développement durable à l'échelle mondiale ne se fera pas sans solidarité active internationale. J'essaie cette semaine de mettre mes actes en conformité avec mon discours.

11.02.2008

Le CRJ a porté ses fruits

En 2005, j’avais souhaité lors des Assises que soit organisée une construction participative d’un nouveau Conseil régional des Jeunes. S’il en existait un auparavant, celui-ci se limitait aux lycéens et apprentis, s’exprimait sur des champs très restreints et ne disposait pas de véritable budget. A la suite de cette consultation, plusieurs constats ont démontré que le précédent était vraiment inadapté. D’abord, il y a un constat d’ordre général : il n’y pas une jeunesse mais des jeunesses, au même titre que n’importe quelle classe d’âge ne constitue pas un fait social, ou une catégorie avec une cohérence économique ou culturelle. La jeunesse est plurielle. Ensuite, elle correspond à une part de la population qui, du fait de sa situation en formation, en intégration professionnelle et sociale, se situe parfois en marge de la vie institutionnelle. Enfin, la jeunesse en tant que moment de la vie qui permet d’acquérir sa propre autonomie est aujourd'hui plus longue qu'hier, d’où un élargissement au plus grand nombre de jeunesses possible et à une tranche d’âge allant de 15 à 30 ans. Le CRJ est dès lors apparu comme un outil complémentaire indispensable à la vie démocratique actuelle.

En effet, la Jeunesse est au cœur des enjeux des institutions et particulièrement de l’institution régionale. La Région investit plus de la moitié de son budget en direction de la Jeunesse (formation secondaire et supérieure, emploi, pratiques sociales, culturelles et sportives…), comment pourrait-elle agir consciemment sans donner à s’exprimer, à écouter les principaux destinataires ?
La Région, par ailleurs, est le niveau de collectivité qui par sa nature réfléchit aux grands enjeux d’avenir pour le développement économique et humain de notre territoire. Le Schéma Régional d'Aménagement et de Développement du Territoire que nous soumettons actuellement à la discussion propose de relever des défis sur une perspective de trente ans. Comment une collectivité comme la notre qui investit plus de la moitié de son budget en direction de la jeunesse pourrait-elle exercer ses compétences pour le développement de son territoire en pleine responsabilité, sans que vous qui en vivrez l’avenir n’aient voix au chapitre ?

Deux ans plus tard, samedi dernier, j’ai pu adresser aux jeunes conseillers un message pour leur dernière séance et leur dire le plaisir que j’ai eu à constater combien ils avaient pris toute la dimension de leur mission et combien leur participation (la plus forte des CRJ en France) a fait d’eux des pionniers dans cette expérience.

Des avis sur le logement, sur l’énergie ont éclairé les schémas que nous avons produits. Des propositions pour l’orientation des jeunes de la formation initiale vers la formation et la qualification professionnelle m’ont permis d’interpeller l’Etat pour qu’une coordination plus forte intervienne à ce niveau. Récemment, sur la politique culturelle régionale, la large consultation et l'avis du CRJ ont vraiment permis d’adapter certains éléments du texte d’orientation qui nous avons voté depuis.
Par ailleurs, ils ont porté eux-mêmes des projets comme la caravane civique qui visait à inscrire les jeunes sur les listes électorales en 2006, la création d’un DVD pour la promotion des sports peu médiatisés et présenté samedi dernier, un site internet (encore en cours de construction) qui serve de plateforme d’information pour l’autonomie des jeunes (réalisé par le CRIJ).
Enfin, ils ont présenté leur Manifeste. Ce texte qui s’articule sur la promotion de la citoyenneté, l’accompagnement des jeunes dans le développement de leur autonomie et la construction d’un avenir juste et durable offre un panorama de leurs travaux et démontrent toute la pertinence de leur regard sur les enjeux qui nous préoccupent et doivent nous engager dans nos politiques en direction de la jeunesse. Ce texte, qu’ils ont désormais adopté à l’unanimité, est, je pense, fondateur pour le CRJ ; il servira de point de référence pour le Conseil Régional et pour l’assemblée qui leur succèdera.

Tout espace de ce type est difficile à faire vivre. Je sais d’ailleurs combien la souplesse est nécessaire dans un tel exercice. C’est ainsi que nous avons évalué avec eux les marges de progression pour renforcer lors du prochain mandat le lien avec les élus et surtout la dimension participative avec les jeunesses du territoire afin d’engager un peu partout de plus nombreux débats. C’est ainsi que je vous invite à diffuser l’information de ce renouvellement le plus largement possible.
Pour postuler au CRJ, les candidatures doivent être adressées avant le 21 mars (la 1ère séance du CRJ se tiendra le samedi 5 avril) à :
Région des Pays de la Loire
1 rue de la Loire
44966 Nantes cedex 9 ou crj@paysdelaloire.fr  

25.01.2008

Le budget régional 2008 est voté

7fd605d6ff61a7afd376455dbe58e10d.jpg

Hier et aujourd'hui, nous votions le budget 2008 de la Région des Pays de la Loire. 1,347 milliard d’euros en tout, en progression notamment des investissements : + 100 millions d'Euros !  Yannick Vaugrenard, le premier vice président de la Région et président de la commision des finances, et moi-même nous présentions donc sereins devant notre assemblée : première région de France pour les investissements, première pour la maitrise du fonctionnement, l'espace politique pour l'opposition pour critiquer notre travail était étroit. Je me suis en outre permis, dans mon discours d'ouverture, de lire à l'assemblée régionale le plaidoyer pro-région qu'Adrien Zeller, président UMP de la Région Alsace, nous avait donné à entendre en ouverture du congrès de l'ARF, qui au passage rétablit les faits quant à la responsabilité des Régions sur le niveau des impôts : "Les régions dont les ressources et dépenses représentent 1% de la dépense publique française, un des niveaux les plus faibles de toute l’Europe, ne peuvent être sérieusement rendues responsables ni du surendettement public, ni de la surfiscalité française."
L’opposition a d'ailleurs eu beaucoup de mal à s'opposer. A propos du montant du budget, elle a fait part de ses craintes devant un tel niveau d'investissement. Par contre, politique par politique, elle trouve que nous n'en faisons pas assez. Voilà somme toute une posture assez classique. Mais sur le fond, nous touchons ici une différence entre gauche et droite régionale : nous sommes persuadés que les investissements d'aujourd'hui sont les emplois de demain, et même d'aujourd'hui lorsqu'il s'agit de construire, ici même, les infrastructures nécessaires à notre développement ou à notre qualité de vie. Nous voyons, modestement, un lien entre investissement régional et taux d'activité dans la Région, le plus élevé de France. Cela nous amène à maintenir ce cap des investissements, malgré le marasme, ou même pour contrebalancer le marasme économique actuel.
Autre angle d'attaque de l'opposition : nous ne faisons que continuer les projets qu'ils avaient initiés. Technocampus, ce serait eux ! La réouverture de la ligne Nantes Chateaubriant, aussi. Ils veulent bien nous laisser la gratuité des manuels scolaires, c'est toujours ça... Cette argumentation ne tient pas bien longtemps pour peu qu'on s'attache à y répondre, et je pourrais passer un à un les dossiers. Simplement et rapidement, entre évoquer la possibilité de lancer un projet et le réaliser, il y a une grande différence. Nous, nous mettons en oeuvre des politiques. Ainsi, le cylotron d'aujourd'hui n'a rien à voir avec ce qui était ébauché en 2004.
Cette fois-ci, par la voix du président du groupe UMP, Jean-Luc Harousseau, nous avons entendu un discours nouveau : "vous ne savez pas ce que nous aurions fait si nous avions été élus, donc vous ne pouvez pas vous prévaloir d'une différence entre ce que vous faites et ce que nous aurions fait". Effectivement, il n'a pas tort : pas plus nous que les électeurs de 2004 n'avaient compris son programme pour la Région. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que c'est le nôtre qui s'applique aujourd'hui.
A la réflexion, l'opposition était clairement dans une position de retrait ces deux derniers jours. Elle a voté pour le logement social (tout en disant que ce n'est pas le rôle de la Région, les mal-logés apprécieront), pour la gratuité des formations sanitaires, la mesure phare du budget, pour notre participation au tramway d’Angers (je me dois à ce propos de décerner un mention spéciale à Hervé de Charrette, qui a loué très longuement la bonne gestion de la ville d’Angers en séance, et là c'est Christophe Béchu, le candidat UMP qui cherche à remplacer Jean-Claude Antonini, qui appréciera).
Elle s'est cependant opposé sur deux points, lorsque dans un voeu nous avons demandé à l'Etat d'assumer ses responsabilités en matière culturelle, en cessant son désengagement et lors du rapport créant la dotation régionale de solidarité communale, qui a vocation à aider les petites communes. Les acteurs culturels comme les élus locaux doivent le savoir.
Ce budget a été adopté par la majorité, avec abstention du groupe "UDF-Modem" et vote contre des élus de l'UMP encore présents.

21.01.2008

Mon discours des voeux

Je présentais ce soir mes voeux aux acteurs du territoire des Pays de la Loire, à l'Hôtel de Région à Nantes. Figure imposée pour les responsables politiques, j'ai souhaité en faire un texte qui se projette dans l'avenir.
Ce discours parle donc d'aménagement du territoire, de démocratie participative, de développement durable. J'y reviens également sur le procès Erika et le discours de Latran de Nicolas Sarkozy.
Merci aux centaines de personnes présentes de leur attention !

17.01.2008

Erika : victoire totale !

J’ai assisté hier après-midi au rendu du verdict, par le Président Parlos, du procès Erika. Nous avons été un certain nombre de collectivités locales à avoir fait le choix courageux, – et payant aujourd’hui ! –, il y a un an, de demander la réparation de l’atteinte à notre environnement, patrimoine collectif que nous partageons tous, jugée pourtant très improbable par la plupart des spécialistes juridiques : Conseil Régional Poitou-Charentes, Conseil Régional de Bretagne, Conseil Général du Finistère, Communauté d’Agglomération Cap Lorient, communes de Saint-Nazaire et Pornichet (44), et Ploemeur (56).
J’ai donc eu le plaisir de voir, en direct, reconnu dans notre droit deux grandes avancées, et la création d’une véritable jurisprudence, au service du développement durable, demandée par nos collectivités locales :
-La reconnaissance de la responsabilité de tous les acteurs de la chaîne du transport maritime (affréteurs, contrôleurs, transporteurs, …), qu’il s’agisse d’imprudence ou de faute caractérisée.
-La reconnaissance de l’existence d’un préjudice écologique suite aux conséquences de cette catastrophe pour notre environnement.

341fab7494237c05b20f6f419b3cf209.jpg


Comme je l’évoque depuis le début de ce procès, c’est bien toute la chaîne du transport maritime qui va devoir revoir son mode de fonctionnement : elle ne pourra plus s’organiser sur la base de l’irresponsabilité « totale » des acteurs, qui, on l’a vu tout au long de ce procès, se renvoyaient la balle les uns aux autres.
Je tire 2 enseignements principaux de ce verdict :
-Les parties civiles ont obtenu l’indemnisation intégrale des financements mobilisés pour tenter de réparer les dommages causés (et au premier titre l’Etat français, à hauteur de près de 150 M €). Ce ne sont donc pas les contribuables qui auront à payer la facture environnementale de la catastrophe. On est bien là dans l’application du principe pollueur payeur que nous défendons.
-Le préjudice écologique né de l’atteinte à notre patrimoine naturel commun, pour la reconnaissance duquel nos collectivités locales se sont engagées dans ce procès, a été reconnu. Le tribunal a ainsi confirmé que cette atteinte a constitué un véritable handicap pour nos territoires et leurs habitants.
Ce sont ainsi près de 200 M € d’indemnisation qui ont été reconnus par le Tribunal Correctionnel, pour la réparation de l’ensemble des préjudices constatés, et au bénéfice de l’ensemble des parties civiles (Etat, collectivités locales, professionnels de la pêche et du tourisme, associations environnementales). La Région des Pays de la Loire quant à elle s’est vue reconnaître une indemnité de 4.7 M € (1.7 M € pour le préjudice matériel, et 3 M € pour l’atteinte à l’image de la région).
L’ensemble du procès de l’Erika, par la mobilisation, tout au long de son déroulement, tant des parties civiles, que des représentants de la presse, montre la sensibilité, profonde aujourd’hui, de l’ensemble de la population pour les problématiques environnementales. Je pense bien évidemment à nos populations côtières, plus particulièrement touchées et que nous avons tenté de représenter le mieux possible, et également à des populations pourtant plus éloignées de nos côtes, qui s’approprient également ces enjeux, au vu de la nombreuse presse étrangère également présente.
Là où le Grenelle de l’Environnement a consisté essentiellement à faire de la communication et de la sensibilisation - ce qui n'est déjà pas si mal pour la droite -  nous avons pour notre part contribué à l’évolution du droit dans le sens de la prise en compte de la responsabilité écologique là où l’Etat lui-même n’avait pas souhaité s’engager dans cette bataille juridique. Une civilisation d'avance ?

15.01.2008

Un nouveau souffle pour le ferroviaire en région !

3cb5e2138657a1a063320fe80e498d05.jpgLa semaine dernière a été ponctuée par de nombreuses cérémonies de voeux, et une reprise très soutenue des affaires régionales. J'aurai l'occasion de revenir sur tout cela par la suite.
En attendant, samedi dernier, j’ai participé d’élus au voyage inaugural des deux premiers trains à deux niveaux habillés aux couleurs régionales. Ce fut symboliquement une très belle fête entre Saint-Nazaire et Saumur avec un point d’orgue à Angers. Un beau moment de convivialité en gares et dans les trains où usagers occasionnels, abonnés, élus et acteurs du transport ferroviaire ont pu découvrir ces trains flambant neuf de la société ALSTOM.  Cette fête du train intervient dans un contexte d’explosion de la fréquentation (+ 92 % entre 1996 et 2006) et de « révolution TER » dans les Pays de la Loire avec la livraison de près de 60 nouveaux trains modernes et confortables sur le réseau régional d’ici 2010. Ainsi après le temps des adaptations, la Région, parce que nous avons pris cette décision politique dès 2004, apporte aujourd’hui « un grand bol d’oxygène »  pour les 40 000 usagers quotidien sur le réseau régional ; tout cela a bien évidemment un coût très important assumé par la seule fiscalité régionale, 260 M€ sur 5 ans, qui est liée à notre compétence en matière de service public régional de transport de voyageurs. Rappelons simplement  qu’un titre de transport  est pris en charge à hauteur de 70 % par la Région et l’on comprendra d’autant plus nos exigences à ce que la SNCF, exploitant du réseau, offre un service de qualité.
Au-delà, le dynamisme d’un réseau de transport régional se mesure par sa capacité de participer au développement économique des territoires et à permettre aux salariés, aux étudiants, aux demandeurs d’emplois  de se déplacer sans contraintes sur des distances plus courtes et avec des tarifications attractives. Ce besoin de mobilité pour les Ligériens, notamment dans une perspective d’un  coût du baril de pétrole qui ne devrait pas baissé, est plus que jamais au cœur de nos préoccupations. Il faudra à cet effet profiter de l’effort régional pour collectivement mieux organiser l’urbanisme et l’économie locale au plus près des infrastructures de transport collectifs. L’achat massif de trains et le nombre de places assises supplémentaires qu’ils offriront à terme doivent  permettre dans les prochains mois de répondre aux surcharges et d’inciter au « réflexe TER » parce que moins coûteux, plus pratique et sécurisant, et bien sûr respectueux de l’environnement. Pour le coup, et sans se gargariser de mots, nous sommes ici au cœur d’un enjeu de société auquel les élus de la Région apportent  des réponses concrètes.