10.12.2007
Les Régions de France réunies à Strasbourg
Il y avait un millier de participants au 3° congrès de l'ARF à Strasbourg jeudi et vendredi dernier. Nous y avons parlé transports collectifs et développement durable. Jean-Jacques Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes a présenté le livre blanc des régions sur le développement durable, où sont indiquées quelques unes de nos initiatives en la matière. De manière générale, chacun d'entre nous fait preuve en la matière d'imagination et de détermination. Les tables rondes ont tourné autour de la question ferroviaire. Partout sur le territoire, des initiatives pour le développement du transport collectif sont à mettre au crédit des Régions. On a jamais autant acheté de trains, rouvert de lignes, proposé de nouveaux services aux voyageurs que ces derniers temps, grâce à l'engagement des exécutifs régionaux depuis 2002.
J'ai profité du Congrès pour signer au nom de l'ARF une convention de partenariat avec les Associations Educatives Complémentaires de l'Ecole Publique (AECEP), qui sont des associations ou des fédérations d'éducation populaire. Je me suis souvent exprimé sur la question, notamment dans le manifeste des Régions pour un accompagnement des jeunesses que j'ai coordonné. L'éducation populaire promeut le faire ensemble, qui "permet de se rendre compte que la vraie autorité, dans le champ social, c'est la compétence, que ce soit au travail, sur un terrain de sport, ou dans la mise en œuvre d'un projet scolaire. Il est en cela extrêmement complémentaire de l'instruction et de la qualification.", comme l'indiquait le manifeste.
Les débats, notamment en séance plénière, ont beaucoup tourné autour des ressources fiscales des Régions. On ne peut pas éternellement en demander plus aux collectivités et ne pas leur donner les moyens qui vont avec, et en plus, les accuser de tous les maux. Je fais à ce sujet miens les propos d'Adrien Zeller, président de la Région Alsace et membre de l'UMP qui a déclaré à la tribune que les Régions "dont les dépenses représentent 1% de la dépense publique française", ne pouvaient "être sérieusement rendues responsables ni du surendettement public ni de la surfiscalité française".
Dans ce contexte - des Régions acteurs du développement mais étranglées financièrement - nous attendions beaucoup du Ministre des Collectivités Locales, Michèle Alliot-Marie, venue en clôture de nos travaux. Après quelques phrases pour nous expliquer que l'Etat était le seul garant de l'aménagement du territoire (depuis quelques mois ce serait plutôt du déménagement du territoire, du côté des gares de fret ou des tribunaux), elle a fait diversion en parlant de la taille des Régions. Voilà qui est bien décevant.
Je m'exprimerai dans les jours qui viennent sur la carte des lycées en Pays de la Loire, et notamment sur la fermeture de classes de lycée dans l'établissement de Vallet.
13:40 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ARF, Régions, éducation populaire
16.11.2007
Quelques enseignements pour un Président de Conseil Régional à tirer du conflit en cours dans les transports
Nous sommes aujourd'hui au troisième jour d'un conflit attendu, voire même voulu par le Président de la République. Le Parti Socialiste, par la voie de son porte-parole, s'est exprimé sur la question, et je n'ai pas grand chose à y ajouter.
Il m'inspire cependant quelques réflexions sur la loi "sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs", dite loi de service minimum adoptée cet été à l'Assemblée (à peu près en même temps que la nouvelle loi sur les Universités).
Celle-ci impose aux Régions de définir les "les dessertes prioritaires en cas de perturbation prévisible du trafic", dont les conflits sociaux. Il nous appartient donc, selon elle, de prioriser les lignes et les liaisons des Trains Express Régionaux, dont nous avons la responsabilité depuis 2002.
Qu’observons-nous depuis 3 jours ? La qualité du service rendu par la SNCF est fortement dégradée par le conflit social. C'est d'ailleurs le principe même de la grève, qui, je le rappelle, est encadrée par des textes et des modalités, dont le préavis, qui permet d'ouvrir des négociations entre employeur et salariés.
Y avons-nous le début d'une part de responsabilité ? En aucune façon. Ce conflit est lié à une remise en question du régime de retraite qui n'est pas du tout à notre initiative, mais bien celle du gouvernement. Il n'a aucune racine dans la situation locale, sur laquelle nous pourrions d'une façon ou d'une autre agir.
Nous pouvons juste constater, comme Autorité Organisatrice de Transport, que la prestation de notre exploitant est dégradée. Il faut noter d'ailleurs que la SNCF s'emploie, au maximum de ses moyens, à rendre le service - nombre des trains régionaux sont remplacés par des cars - et nous informe, ainsi que les voyageurs, dans la transparence. Mais c'est à elle de définir les priorités entre ses engagements internationaux (Thalys, etc...), ses liaisons pour le compte de l'Autorité Nationale, TGV et Corail, et de ses donneurs d'ordre locaux, en fonction des relations - contractuelles pour ce qui nous concerne - qui la lie à chaque niveau de responsabilité. C'est d'ailleurs ce qu'elle fait.
Même si la loi nous somme de définir des dessertes prioritaires, on voit donc, à l'épreuve des faits, qu'il s'agit de la responsabilité de l'exploitant de faire rouler ses trains. A nous, dans nos conventions régionales, de définir des modalités qui permettent d'assurer le service, y compris en favorisant à notre niveau le dialogue social dans l'entreprise (si l'employeur n'a pas intérêt à la grève, il peut chercher à l'éviter, à nous d'y travailler). Mais il n'y a pas de logique à ce que nous prenions des responsabilités comme celle de définir des dessertes prioritaires.
A l'épreuve des faits, la loi sur le service minimum est donc bien une opération politique, elle n'a aucune vocation à être utile à qui que ce soit. J'ai bien peur que nombre des décisions prises depuis 6 mois à l'initiative du gouvernement soient de cette nature.
11:20 Publié dans Le rôle des régions, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Conflits sociaux, SNCF, Régions, service public
11.10.2007
3 ans après la loi, le transfert des personnels TOS
Dans les semaines qui ont suivi les élections régionales, les présidents de Région ont décidé de relancer l'ARF, l'Association des Régions de France, qui avait été mise en sommeil par l'équipe précédente. Notre objectif était double : peser dans le débat institutionnel en défendant l'échelon régional, et organiser l'échange entre nous sur nos pratiques. J'ai à cette occasion pris la responsabilité de la commission éducation, sans savoir que l'Etat nous transférerait sans concertation 50.000 agents dans l'été qui suivait...
Le transfert des agents Techniciens et Ouvriers de Service nous a beaucoup occupé à l'ARF : chaque mois depuis 2004 se réunissent à mon initiative quasiment l'ensemble des régions françaises (dont l'Alsace et la Corse, dirigées par la droite) autour des questions éducatives et de la gestion du transfert des personnels TOS (les deux sujets se sont depuis mêlés, j'y reviendrai). Cela ne nous a pas empêché de faire chacun différemment, c'est l’essence même de la libre administration des collectivités locales. Mais nous avons échangé et débattu de nos expériences. Ainsi, quand j'ai réuni dès décembre 2004 300 représentants du personnel TOS, encore agents de l'Etat, pour instaurer le dialogue entre nous, les autres Régions ont été ravies d'en connaître le résultat.
Nous avons décidé de réaliser une enquête nationale, après 18 mois d'exercice de cette nouvelle responsabilité de l'accueil, l'hébergement, la restauration et l'entretien des lycées (et de gestion des personnels chargés de ces tâches), pour nous permettre de pouvoir disposer d'un état des lieux. Les résultats sont saisissants quantitavement comme qualitativement. Nous avons d'ailleurs décidé ensemble de tenir à jour cet observatoire de nos pratiques.
Partout dans les régions, les agents TOS, devenus Agents Techniques Territoriaux sont mieux traités que lorsqu'ils étaient agents de l'Etat : revalorisation des avantages sociaux, du régime indemnitaire, médecine du travail, formation continue, etc. Il faut dire que les Régions dépensent 760 M€ là où l'Etat leur transfère 643, sans pouvoir espérer que les dépenses complémentaires, le plus souvent obligatoires, ne leur soient compensées.
Plus encore, les Régions assument l'appartenance de leurs nouveaux agents à la communauté scolaire, en y donnant corps : l'idée de la charte des services, que nous avons mise en place en Pays de la Loire par exemple, est de faire en sorte d'entrainer les Agents Techniques Territoriaux dans une logique de qualité du service public, en inscrivant leurs missions dans la mission éducative générale des lycées. Elle donne des perspectives de carrières à des agents qui en étaient jusqu'alors dépourvus.
Les Régions s'étaient opposées au transfert sans concertation des TOS. Elles ont pourtant fait en sorte de les accueillir au mieux, par sens de la responsabilité et du service public. Aujourd'hui, elles sont allées plus loin, à la recherche d'une nouvelle qualité du service public de l'éducation. Dans cette période où le gouvernement pointe assez facilement du doigt les collectivités locales, c'est bien là une leçon que nous lui avons donnée.
22:20 Publié dans Education/Jeunesse, En Pays de la Loire, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Education, Régions, TOS, ARF
13.06.2007
L’ARF réagit aux projets du gouvernement sur la carte scolaire et l’autonomie des universités
Voici le communiqué que le conseil d'administration de l'Association des Régions de France a adopté ce matin à mon intitiative :
La suppression de la carte scolaire
Le gouvernement de François Fillon a décidé de supprimer la carte scolaire d’ici 3 ans, au nom d’une prétendue « égalité des chances », laissant croire aux familles qu’elles pourront faire en toute liberté le choix du collège ou du lycée pour leur enfant. C’est un leurre.
L’ARF considère que la suppression totale de la carte scolaire aura pour conséquences :
• De renforcer un système de « passe-droit » à l’opposé de sa conception de l’égalité des chances
• D’accroître les inégalités entre élèves et entre établissements, car les critères d’affectation reposeront sur la sélection des meilleurs dossiers
• De vider les établissements qui connaissent des difficultés, en particulier en milieu rural comme en périphérie des villes
• De laisser les inspecteurs d’Académie décider seuls de l’affectation des élèves alors même qu’elle concerne tous les acteurs de l’éducation, qu'ils soient personnels de l’Education nationale, parents d’élèves ou les collectivités territoriales…
Par le jeu de complaisances diverses, bien des dérogations ont été accordées dans le passé, au-delà du justifiable, vidant la carte scolaire d’une bonne partie de son sens. C’est pourquoi, il faut la refonder, mais pas la supprimer.
Une telle refondation doit se faire dans la concertation, dans un cadre qui garantisse la transparence totale de l’ensemble des procédures d’affectation. L’implantation volontariste et équitable des options les plus recherchées par les familles doit être demain un élément favorisant mixité sociale et égalité des chances.
Une fois encore, cette réforme occulte la vraie question de fond qui est posée à tous les acteurs du monde de l’éducation: le système éducatif sera égalitaire quand les ghettos auront disparu, quand l'habitat sera partout diversifié et équilibré ; alors il permettra à tous les jeunes d’accéder à la formation de leur choix en ayant les mêmes droits à la réussite !
L’autonomie des universités
L’ARF dénonce les conditions d’improvisation et de précipitation de la préparation du texte sur la gouvernance et l’autonomie des universités.
A peine trois semaines sont données aux acteurs et partenaires de l’enseignement supérieur pour proposer une refonte de la gouvernance universitaire.
Les Régions, quant à elles, ne semblent pas pour l’heure être associées à cette réforme.
L’ARF rappelle que les collectivités locales, dans le cadre des contrats de projet avec l’Etat, participent à près de 50 % aux investissements des universités.
Les Régions sont souvent les premiers partenaires en matière de construction, de fonctionnement des sites, de logement des étudiants, d’aides sociales et de mobilité internationale. Leur présence financière est encore plus conséquente sur la recherche.
Dans le respect de la vie démocratique, cet investissement massif impose de considérer les collectivités autrement que comme de simples guichets.
Partenaires financiers, les Conseils régionaux doivent être associés à la gouvernance universitaire.
Par ailleurs, de lourdes incertitudes planent sur la gestion et la propriété des bâtiments universitaires dont on ne sait si elle sera demain transférée aux établissements eux-mêmes, à tous ou à quelques volontaires...
L’Association des Régions de France rappelle le retard considérable accumulé par l’Etat ces dernières années sur l’investissement dans l’enseignement supérieur mettant en difficulté de nombreuses universités y compris pour la mise aux normes de leurs propres locaux.
Aucun projet de loi ne peut décemment résoudre cette situation sans que d’une part des engagements budgétaires précis de l'Etat soient mis en œuvre et que d’autre part, soit précisément connu l’état des bâtiments universitaires.
L’ARF demande qu’un livre blanc soit réalisé comme le gouvernement s’y engage dans son contrat de législature « pour tout projet important de réforme » et ce, sous la tutelle d’une commission parlementaire.
Seule une telle démarche permettra de définir le système de gestion le mieux adapté aux universités, un système qui devra s’appliquer à tous les établissements afin de ne pas entériner une logique de concurrence exacerbée des universités entre elles.
19:31 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Université, carte scolaire, régions, ARF
01.06.2007
Dans son programme, l'UMP veut sa revanche contre les Régions
Le candidat Sarkozy avait annoncé la couleur dans sa réponse à un questionnaire de l'Association des Régions de France sur sa vision de la Région : hors de question d'augmenter les compétences des Régions, même dans les domaines où elles obtiennent de vrais résultats : pas de responsabilité pleine et entière économique, pas de rôle précis pour les différents schémas directeurs que l'Etat demande aux Régions de réaliser (si ce n'est un rôle indicatif : l'Etat nous impose de travailler sur la cohérence de l'éducation, de la formation, du développement économique de l'aménagement du territoire avec l'ensemble des acteurs, sans que cela ne produise d'autres effets sur les autres acteurs publics !), pas de gestion des fonds européens, au contraire des 24 autres pays de l'Union Européenne, pas de service public régional de l’orientation et de l’emploi, pas de logement des jeunes.
Plus encore, la droite veut punir les Régions en leur ôtant une de leur principale compétence. Ainsi, la proposition 28 du chapitre "Education : le devoir de réussite" du programme de l'UMP dit très clairement : Transférer aux départements la compétence actuellement exercée par les régions en ce qui concerne les lycées. En échange, le président de la République nous promet vaguement un rôle dans le paysage de l'enseignement supérieur. Ainsi, dans son courrier à l'ARF nous indique-t-il : "Parce qu’elles ont acquis un vrai savoir-faire dans la gestion des équipements d’enseignement, parce qu’elles se sont largement investies, dans le cadre des CPER (NB : il s'agit des contrats de plans Etat-Région), dans le développement économique et dans la recherche, les régions auront naturellement toute leur place dans cette nouvelle gouvernance". Voilà qui est bien flou, et qui n'engage à rien !
Si l'on ajoute à cela la multitude de propositions qui créent des nouvelles obligations aux Régions, sans que ne soit, précisé qui doit supporter les coûts supplémentaires, sans oublier les bonnes idées clairement pompées sur ce que font le Régions - à croire que les rédacteurs du programme de l'UMP sont des lecteurs assidus du site de l'ARF ! - on voit bien que l'heure de la revanche contre les Régions gagnées par la gauche en 2004 a sonné pour les amis du président de la République et du premier ministre.
Il existe de multiples raisons de s'opposer au programme de l'UMP. : des mesures inefficaces et injustes (la suppressions des charges sociales sur les heures supplémentaires et les réductions d'impôts pour les plus aisés notamment), des mesures sécuritaires (comme les peines planchers, que Rachida Dati éprouve le plus grand mal à défendre aujourd'hui) des mesures parfois contradictoires les unes avec les autres, comme les impératifs de mixité sociale dans les établissements à l'heure de la suppression de la carte scolaire, et un catalogue de bonnes intentions, non chiffrées et non financées. Au final, beaucoup de marketing politique pour habiller un programme au mieux conservateur, au pire dangereux pour les équilibres de notre société. J'en soulève ici une autre : la droite est prête à déséquilibrer les institutions pour assouvir sa soif de revanche.
Plus que jamais, les électeurs de Ségolène Royal - présente à Nantes au Zénith lundi soir prochain - doivent se mobiliser pour empêcher que ce rouleau-compresseur au service de quelques uns ne puissent faire son travail en toute impunité. J'engage chacun de vous à voter et à faire voter pour la gauche, et notamment pour les candidats du Parti socialiste dans 9 jours.
19:35 Publié dans Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Programme de l'ump, régions, législatives
30.04.2007
L’appel des Présidents de Régions pour une République des pouvoirs partagés
Ségolène Royal, tout au long de la campagne, a été la seule à parler vraiment des Régions, de ce qu'elles peuvent représenter comme levier d'action pour moderniser la France. Elle a cité en exemple de nombreuses fois les politiques de Poitou-Charentes, pour donner, concrètement, des exemples d'actions qui donnent corps aux propositions du pacte présidentiel. D'une certaine façon, elle a ainsi prolongé son travail de porte-parole de l'Association des Régions de France (ARF) qu'elle a assumé avec brio depuis 2004. Avec ses collègues, nous publions aujourd'hui un appel pour une République des pouvoirs partagés, qui fait écho aux propositions de Ségolène Royal et démontre combien nos Régions sont prêtes à emboîter le pas aux propositions de Ségolène Royal, pour une application immédiate de nombre de ses mesures. Voici le texte :
Ces dernières années, les Régions ont remis le dynamisme et le changement au centre des politiques publiques. Elles ont ainsi démontré que l’on peut agir dans un esprit d’efficacité et de solidarité sur l’éducation, le logement des jeunes, la rénovation des universités, sur l’accompagnement professionnel, l’orientation et la formation tout au long de la vie, sur l’excellence écologique, l’agriculture, la modernisation industrielle, la recherche et le développement des PME…
Une nouvelle étape est nécessaire ! Nous avons besoin pour cela de rompre avec un Etat aussi omniprésent qu’omnipotent pour bâtir un Etat partenaire dans un pouvoir partagé : partagé dans les institutions, les entreprises et les territoires. Partagé entre un Etat qui apporte le cadre et le sens ; des territoires qui innovent et agissent ; des citoyens qui participent, créent et contrôlent.
Chaque jour, nous voyons monter, sur le terrain, le désir de changement des Français. L’autre manière de faire de la politique proposée par Ségolène Royal est une demande partagée par l’immense majorité de nos concitoyens. Elle est indispensable pour que l’action publique retrouve sa pleine efficacité et sa légitimité, comme pour retisser les liens de notre communauté nationale.
Nous devons reconstruire une société du mouvement qui donne à chacun le goût du risque et de l’innovation, mais aussi des chances de promotion sociale, dans le cadre d'une économie modernisée et d'équilibres sociaux restaurés.
Ségolène Royal a largement témoigné de sa capacité à lever les freins et les barrières qui paralysent notre société. Elle offre une double chance à notre pays : remettre la France dans la marche d’une Europe plus forte et solidaire car, seule, la France ne peut rien ; et porter la proximité, l’écoute, la moralisation de la vie politique et l’impartialité à la tête de l’Etat.
Seule une République des pouvoirs partagés permettra d'avancer, de réussir, de faire repartir notre pays vers plus de cohésion et de dynamisme, en créant des droits et des devoirs nouveaux, dans une démocratie profondément refondée.
Aujourd’hui, chacun ressent que deux projets, deux visions de la France sont face à face : d’un côté, un pouvoir centralisé et verrouillé, prolongement d’un système qui ne marche plus ; de l’autre, une République ouverte, créative et solidaire : c’est cette France-là qui permettra à chacun de construire et de réussir sa vie.
A cinq jours du second tour de l’élection présidentielle, convaincus que c’est le Pacte présidentiel qui responsabilise les territoires et garantit leur efficacité, nous lançons un appel à toutes celles et ceux qui veulent de cette France-là, pour construire un large rassemblement, autour de Ségolène Royal.
16:05 Publié dans La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, Régions, Ségoilène Royal
12.04.2007
Le contrat première chance vu de ma fenêtre
Proposition de Ségolène Royal, le Contrat Première Chance (CPC) s'adresse aux jeunes sortis tôt du système scolaire sans qualification : ce dispositif prévoit la prise en charge pendant un an, par les Régions, de la totalité des salaires et des charges d'un jeune embauché dans une entreprise artisanale et commerçante (moins de 10 salariés). Ce contrat aidé vise à embaucher 190 000 jeunes.
La convention sera signée pour une année et débutera par une période de trois mois, pendant laquelle le jeune se familiarisera avec son métier, un effort particulier étant mis sur la formation. Il ne s’agit pas d’une période d’essai. La convention laisse la possibilité à l’employeur de se séparer du jeune. En ce cas, il devra simplement rembourser les aides perçues pendant la période. Son référent, qui sera extérieur à l’entreprise, devra alors lui trouver une autre entreprise, pour ne pas le laisser sur le carreau. A l’issue des trois mois, le rapport précise que “l’entreprise passe avec le jeune ou bien un contrat d’apprentissage, ou bien un contrat de professionnalisation, ou bien un CDI“. Un contrat classique, donc, à la seule différence que la Région remboursera à l’employeur la totalité de la rémunération accordée au jeune, et ce pendant les neuf mois qui suivent la fin de la “phase transitoire“.
Curieusement, l'annonce de ce projet a provoqué un véritable tollé, avec entre autres la LCR qui dénonçait un "CPE new-look". Tout dans la nuance ! Pas le même public, ni de période probatoire, rien ne rapproche le CPE du CPC.
Les élus des Régions, qui s'occupent de formation et de développement économique savent deux choses : D'une part, trop de jeunes sortent sans qualification. La Région des Pays de la Loire en compte moins que d'autre, mais chaque jeune qui sort sans solution représente un échec pour les responsables politiques comme pour le monde de l'éducation et de la formation. D'autre part, les Très Petites entreprises (TPE) ont du mal à embaucher, alors que le besoin de former des jeunes se fait très fortement sentir, quelques années avant les départs à la retraite massifs de la génération du baby-boom.
L'emploi dans l'artisanat représente 1,7 millions de personnes en 2005 (source INSEE) dans les TPE. Il existe un gisement évident de travail à exploiter, d'autant plus qu'il faut sauvegarder les savoir-faire qui existent dans ces petites entreprises.
Une telle mesure demande certainement des garanties, et notamment qu'on prenne garde aux effets d'aubaine, mais les partenaires sociaux sont là pour y prêter attention. Il faut tout de même noter qu'une TPE n’a pas la même logique qu’une entreprise à dimension (inter)nationale : former un jeune dans une structure minuscule représente un investissement conséquent, donc il y a de fortes chances que le CPC débouche sur un contrat stable et durable.
La semaine passée, les finales nationales des Olympiades des métiers se sont tenues à Amiens, 47 jeunes des Pays de la Loire y ont participé, issu des lycées professionnels et des Centre de Formation d'Apprentis. 20 en ont ramené une médaille, dont 10 d'or. Ils représenteront la France en finale internationale à l'automne au Japon. La voie professionnelle peut donc aussi être une voie d'excellence. Les dispositifs de formation des jeunes et des salariés que financent les Régions sont à même de proposer à ces jeunes de parfaire leur formation et d'avoir un nouveau départ.
Pourquoi alors refuser d'aider des jeunes à revenir dans le monde du travail, et aider l'artisanat français à réussir la transmission des savoirs ? Par idéologie pure ? Certainement pas. Ségolène Royal a eu du courage en faisant sienne une telle proposition. Ce contrat sera non seulement utile aux jeunes comme aux entreprises, mais en plus efficace pour l'insertion comme pour l'économie. Je ne vois pas quel dogme devrait l'en empêcher.
19:35 Publié dans Education/Jeunesse, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : présidentielle, Ségolène Royal, emploi, jeunes, régions
02.03.2007
Airbus : solidaire avec les salariés
A la fin d'une semaine très chargée sur le plan industriel, et comme je l'annonçais en milieu de semaine, voici un point rapide sur le dossier Airbus, qui impacte fortement la Région des Pays de la Loire.
Un communiqué était déjà parti de la Région mercredi soir, annonçant que "le Conseil régional, pour sa part, s’opposera à toute diminution de la capacité industrielle de Saint-Nazaire et à tout licenciement".
J'avais eu également dès lundi des échanges avec mes collègues des différentes régions impactées par le Plan "Power 8". C'est ainsi que nous avons décidé de nous coordonner et de chercher à influer sur les choix stratégiques de l’entreprise en se mettant sur les rangs pour entrer au capital de l'entreprise.
Il faut dire que les collectivités locales, (Région, Département, agglomération nantaise, l'Etat finançant également) sont en train de s'engager dans une infrastructure de recherche-développement sur les matériaux composites, Technocampus, en lien avec le tissu de la recherche locale, Airbus et les autres grandes industries régionales, dont le coût se compte en dizaines de millions d'Euros. Dans ces conditions, il nous semble indispensable d'd'obtenir des assurances des responsables de l'entreprise de construction aéronautique.
Hier soir, le directeur d'Airbus France, Jean-Marc Thomas, était à Nantes pour rencontrer les élus locaux. Il nous a rassuré sur l'engagement de son entreprise sur ce grand projet, ainsi que sur les perspectives industrielles pour l'Estuaire de la Loire. Il a été moins convaincant sur l'avenir des salariés.
Justement, ce matin, avec Jean-Marc Ayrault, Patrick Mareschal, Joël Batteux, ainsi que Françoise Verchère et Michèle Lemaître, les maires de villes de Bouguenais et de Montoir qui acceuillent des sites, nous avons reçu les représentants syndicaux des salariés d’Airbus.
Le traumatisme des salariés est immense. Comment en effet pourraient-ils admettre qu’une entreprise dont les carnets de commandes sont pleins pour au moins cinq ans, et dont les sites locaux ont démontré leur performance industrielle, puisse ainsi supprimer de nombreux emplois en son sein comme chez ses sous-traitants.
Nous avons réaffirmé aux représentants syndicaux notre attachement au maintien de l'emploi et de la capacité industrielle dans l'estuaire de la Loire. Je crois que notre soutien a été apprécié.
Ils nous ont aussi confortés dans notre détermination à ce que les pouvoirs publics, l’Etat au premier chef mais aussi les Régions, puissent influer sur les choix stratégiques de l’entreprise au travers d’une politique industrielle volontariste et d’un droit de regard sur le capital de l’entreprise.
Mardi, je montrerai ma solidarité en allant manifester aux côtés des salariés mobilisés pour la défense de leurs emplois. (crédit photo : albspotter sur flickr)

19:30 Publié dans En Pays de la Loire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Airbus, Nantes, Saint-Nazaire, indutrie, régions
28.02.2007
L'UMP essaye de se refaire en tapant sur les Régions
Après quelques jours de repos, me voici de retour au moment où les Pays de la Loire sont rattrapés par l'actualité industrielle européenne. A travers le plan "power 8" d'Airbus, les sites ligériens (Saint-Nazaire, Montoir et Bouguenais) risquent d'être directement concernés. Le comité central d'entreprise se réunit cet après-midi. J'aborderais le sujet quand nous aurons plus d'éléments, d'ici la fin de la semaine.
A côté de cette actualité potentiellement dramatique, le livre noir des Régions de l'UMP prêterait presque à sourire : toujours les mêmes choses rabâchées, les impôts, le personnel, la communication. Ces trois sujets constituent le fonds de commerce constant des oppositions qui n'ont rien à dire. De plus, tout le monde sait que le gouvernement a financé ses baisses d'impôts en transférant des dépenses sur les collectivités, tout le monde sait que les collectivités ont dû augmenter leurs impôts pour faire face à l'afflux de travail et aux dépenses nouvelles.
Les critiques portées à la gestion des Pays de la Loire, nous les connaissions déjà : elles sont à l'identique de celles du précédent livre noir bâti à la hâte par l'UMP voici deux ans et dont personne ne se souvient. Une pourtant est inattendue : dans ce que la droite a appelé les perles, l'opposition a choisi de rendre un hommage inattendu aux assises régionales que nous avions organisé voici deux ans. Je vous livre ici le texte "critique", sans qu'il ne soit besoin d'y opérer une coupure : "2005 aura été l’année des Assises régionales dans les pays de la Loire. Vaste démarche participative qui consiste à réunir des membres de la société civile, des citoyens, des associations, des usagers… Au total, plus de 100 réunions se sont tenues sous la forme de 32 commissions thématiques. Des débats publics citoyens ont été organisés … Tout cela pour préparer le schéma de développement régional à l’horizon 2015." Pour la droite, consulter la population, c'est honteux. Bâtir avec les acteurs ce sont des dépenses inutiles. Après ça, on sait quoi penser de tout discours de l'UMP sur la démocratie participative.
Voilà une critique revigorante !
08:25 Publié dans En Pays de la Loire, La Présidentielle, Le rôle des régions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Présidentielle, Régions, assises régionales





